Le 11 janvier 2013, les avions de l’armée française bombardent Konna, près de Mopti, dont les jihadistes viennent de s’emparer. Dans la foulée, la force Serval déploie se blindés et ses soldats au sol - jusqu’à 5000 hommes - et reconquiert en moins d’un mois les grandes villes du Nord, occupées depuis près d’un an par Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique), Ansar Dine et le Mujao.
Puis les jihadistes se muent en terroristes, Serval devient Barkhane. Les applaudissements maliens, fervents et unanimes, des débuts laissent progressivement place à la déception, voire à la méfiance.
L’armée française collabore avec les rebelles indépendantistes de Kidal, qu'elle distingue des jihadistes, considérant que c'est un différend politique qui les oppose au gouvernement de Bamako - lequel sera résolu par l’accord de paix de 2015, aujourd’hui menacé. L’armée malienne est entrée aux côtés de l’armée française à Gao puis à Tombouctou, mais il ne lui est pas permis de pénétrer dans Kidal. Un « péché originel » aux yeux de beaucoup de Maliens, qui ne le pardonneront jamais. Les années passent, beaucoup de Maliens ne peuvent admettre que la force française, en dépit de ses moyens et de succès ponctuels importants, ne parvienne pas à détruire totalement les groupes jihadistes.
L’année dernière, les autorités de transition issues du coup d’Etat militaire d’août 2020 poussent finalement Barkhane vers la sortie en remettant en cause les accords de défense signés entre les deux pays. Au nom de la souveraineté nationale, le Mali se tourne vers la Russie et rejette la France, ses dirigeants et ses soldats, qui achèvent leur retrait pendant l’été.
Depuis un peu plus d’un an, l’armée malienne combat aux côtés de plus d’un millier de supplétifs russes, mercenaires du groupe Wagner chèrement payés selon la plupart des pays européens, africains et américains, simples « instructeurs » envoyés par l’Etat russe selon les autorités maliennes de transition, en dépit des déclarations du Président russe Vladimir Poutine et de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui parlent eux-mêmes de compagnie privée.
L’armée française reste présente dans les pays sahéliens voisins, et va même étendre son dispositif antiterroriste aux pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Mais l’épilogue de ses années maliennes et la montée dans toute la sous-région d’un sentiment antifrançais - aussi réel qu’instrumentalisé- l’obligeront à tirer des leçons. La fin de Barkhane au Sahel a été officialisée il y a deux mois. Les contours du nouveau dispositif qui lui succédera doivent encore être précisés, en collaboration avec les pays africains demandeurs.
Puis les jihadistes se muent en terroristes, Serval devient Barkhane. Les applaudissements maliens, fervents et unanimes, des débuts laissent progressivement place à la déception, voire à la méfiance.
L’armée française collabore avec les rebelles indépendantistes de Kidal, qu'elle distingue des jihadistes, considérant que c'est un différend politique qui les oppose au gouvernement de Bamako - lequel sera résolu par l’accord de paix de 2015, aujourd’hui menacé. L’armée malienne est entrée aux côtés de l’armée française à Gao puis à Tombouctou, mais il ne lui est pas permis de pénétrer dans Kidal. Un « péché originel » aux yeux de beaucoup de Maliens, qui ne le pardonneront jamais. Les années passent, beaucoup de Maliens ne peuvent admettre que la force française, en dépit de ses moyens et de succès ponctuels importants, ne parvienne pas à détruire totalement les groupes jihadistes.
L’année dernière, les autorités de transition issues du coup d’Etat militaire d’août 2020 poussent finalement Barkhane vers la sortie en remettant en cause les accords de défense signés entre les deux pays. Au nom de la souveraineté nationale, le Mali se tourne vers la Russie et rejette la France, ses dirigeants et ses soldats, qui achèvent leur retrait pendant l’été.
Depuis un peu plus d’un an, l’armée malienne combat aux côtés de plus d’un millier de supplétifs russes, mercenaires du groupe Wagner chèrement payés selon la plupart des pays européens, africains et américains, simples « instructeurs » envoyés par l’Etat russe selon les autorités maliennes de transition, en dépit des déclarations du Président russe Vladimir Poutine et de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui parlent eux-mêmes de compagnie privée.
L’armée française reste présente dans les pays sahéliens voisins, et va même étendre son dispositif antiterroriste aux pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Mais l’épilogue de ses années maliennes et la montée dans toute la sous-région d’un sentiment antifrançais - aussi réel qu’instrumentalisé- l’obligeront à tirer des leçons. La fin de Barkhane au Sahel a été officialisée il y a deux mois. Les contours du nouveau dispositif qui lui succédera doivent encore être précisés, en collaboration avec les pays africains demandeurs.