Au Mali, s'est tenue ce jeudi 16 juillet 2026 la troisième journée du procès pour « tentative de complot contre le gouvernement » à la Cour d'appel de Bamako. Les six co-accusés sont liés à l'ancien président de transition Bah N'Daw, qui avait été nommé à ce poste par les militaires auteurs du coup d'État d'août 2020, avant d'être renversé en mai 2021 par ces mêmes militaires, parce qu'il voulait écarter certains d'entre eux du gouvernement. Après les accusations fracassantes, la veille, du Colonel Kassoum Goita, ancien chef de la Sécurité d'Etat, contre la junte au pouvoir, c'est l'ancien secrétaire général de la présidence qui s'est défendu de tout projet de coup d'État. Kalilou Doumbia a exprimé son respect des institutions et sa peur pour sa sécurité et celle de sa famille.
Pourquoi Kalilou Doumbia a-t-il lu à la télévision, le 24 mai 2021, la composition du nouveau gouvernement, provoquant la colère des militaires au pouvoir à l'époque, et aujourd'hui encore ? Parce que c'était son rôle de secrétaire général de la présidence, et qu'il a obéi au président de transition alors en poste, Bah N'Daw, qui avait lui-même décidé de ce remaniement.
Selon des sources présentes dans le tribunal, l'audience étant publique, Kalilou Doumbia s'est défendu de toute idée de complot en invoquant son devoir de protéger la légalité et de respecter les institutions.
Documents cachés dans un coffre
Rappelant, comme les autres accusés, qu'il avait ensuite été enlevé et torturé par la Sécurité d'État, Kalilou Doumbia explique que les agents des services maliens ne lui reprochaient pas, à ce moment, d'avoir manigancé un complot. Ils lui demandaient, explique-t-il, de collaborer avec eux pour récupérer des documents enfermés dans un coffre fort au Palais présidentiel de Koulouba, et dont il était le seul à connaître les codes. Ce qui fut fait.
Ces documents sont-ils liés aux accusations portées la veille par le Colonel Kassoum Goita, qui affirme que les cinq colonels putschistes - autopromus généraux depuis - ont détourné et placé sur des comptes offshore de l'argent public ? L'ancien secrétaire général de la présidence n'a pas souhaité répondre, invoquant d'une part l'intérêt supérieur de l'État, et d'autre part ses craintes pour sa sécurité et celle de sa famille.
Suspension et équilibre du procès
Après ce témoignage, le procureur aurait dû faire son réquisitoire, puis céder la place aux avocats pour leurs plaidoiries. Il a préféré demandé la suspension du procès jusqu'à lundi prochain, pour permettre l'audition du seul témoin manquant : un militaire sur lequel repose toute l'accusation et qui est absent depuis le début du procès.
Indignation des avocats de la défense, qui expliquent n'avoir eu de cesse de réclamer cette confrontation entre les accusés et leur accusateur : auprès du juge d'instruction pendant son enquête, et auprès du procureur une semaine avant le procès.
Les avocats ont rappelé à la Cour avoir tout fait pour s'assurer que ce témoin clé serait bien convoqué voire amené au tribunal, si besoin. Mais les six co-accusés s'étant déjà exprimés à la barre, laisser désormais à leur seul et unique dénonciateur la possibilité de se préparer, pendant plusieurs jours et en toute liberté, fausserait, selon eux, l'équilibre du procès et constituerait une atteinte aux droits de la défense.
L'argument des avocats n'a pas été entendu. Mardi dernier, ils n'avaient pas davantage obtenu gain de cause lorsqu'ils avaient invoqué les enlèvements, tortures et autres préjudices graves subis par leurs clients pour plaider la nullité des poursuites. Le procès devrait donc reprendre lundi 20 juillet, en présence du fameux et mystérieux témoin : l'adjudant-chef Soumaila Bagayoko.
Pourquoi Kalilou Doumbia a-t-il lu à la télévision, le 24 mai 2021, la composition du nouveau gouvernement, provoquant la colère des militaires au pouvoir à l'époque, et aujourd'hui encore ? Parce que c'était son rôle de secrétaire général de la présidence, et qu'il a obéi au président de transition alors en poste, Bah N'Daw, qui avait lui-même décidé de ce remaniement.
Selon des sources présentes dans le tribunal, l'audience étant publique, Kalilou Doumbia s'est défendu de toute idée de complot en invoquant son devoir de protéger la légalité et de respecter les institutions.
Documents cachés dans un coffre
Rappelant, comme les autres accusés, qu'il avait ensuite été enlevé et torturé par la Sécurité d'État, Kalilou Doumbia explique que les agents des services maliens ne lui reprochaient pas, à ce moment, d'avoir manigancé un complot. Ils lui demandaient, explique-t-il, de collaborer avec eux pour récupérer des documents enfermés dans un coffre fort au Palais présidentiel de Koulouba, et dont il était le seul à connaître les codes. Ce qui fut fait.
Ces documents sont-ils liés aux accusations portées la veille par le Colonel Kassoum Goita, qui affirme que les cinq colonels putschistes - autopromus généraux depuis - ont détourné et placé sur des comptes offshore de l'argent public ? L'ancien secrétaire général de la présidence n'a pas souhaité répondre, invoquant d'une part l'intérêt supérieur de l'État, et d'autre part ses craintes pour sa sécurité et celle de sa famille.
Suspension et équilibre du procès
Après ce témoignage, le procureur aurait dû faire son réquisitoire, puis céder la place aux avocats pour leurs plaidoiries. Il a préféré demandé la suspension du procès jusqu'à lundi prochain, pour permettre l'audition du seul témoin manquant : un militaire sur lequel repose toute l'accusation et qui est absent depuis le début du procès.
Indignation des avocats de la défense, qui expliquent n'avoir eu de cesse de réclamer cette confrontation entre les accusés et leur accusateur : auprès du juge d'instruction pendant son enquête, et auprès du procureur une semaine avant le procès.
Les avocats ont rappelé à la Cour avoir tout fait pour s'assurer que ce témoin clé serait bien convoqué voire amené au tribunal, si besoin. Mais les six co-accusés s'étant déjà exprimés à la barre, laisser désormais à leur seul et unique dénonciateur la possibilité de se préparer, pendant plusieurs jours et en toute liberté, fausserait, selon eux, l'équilibre du procès et constituerait une atteinte aux droits de la défense.
L'argument des avocats n'a pas été entendu. Mardi dernier, ils n'avaient pas davantage obtenu gain de cause lorsqu'ils avaient invoqué les enlèvements, tortures et autres préjudices graves subis par leurs clients pour plaider la nullité des poursuites. Le procès devrait donc reprendre lundi 20 juillet, en présence du fameux et mystérieux témoin : l'adjudant-chef Soumaila Bagayoko.