Les « demandes d'action urgente » ont été transmises par le Comité des disparitions forcées de l'ONU à la mission permanente du Mali, auprès de l’Office des Nations unies à Genève, le 10 juillet, à la suite d'une requête déposée le 7 juillet par les avocats de la famille de Mountaga Tall. RFI a pu consulter la lettre – « Note d'enregistrement » – adressée aux autorités maliennes de transition.
« Charge spécifique justifiée »
Le comité onusien demande d'abord à l'État malien, si Mountaga Tall et son fils sont bien détenus dans un lieu placé sous l'autorité de l'État, d'en communiquer la localisation et de préciser les charges retenues contre eux ainsi que les « fondements juridiques » de leur emprisonnement. Seconde exigence : qu'ils puissent enfin recevoir la visite de leur famille et de leurs avocats, et que Mountaga Tall ait accès aux médicaments et aux soins que nécessite son état de santé.
Le comité onusien demande également à l'État malien de garantir à Mountaga Tall et à son fils un procès équitable ou, si aucune « charge spécifique justifiée » n'était retenue contre eux, de les « libérer immédiatement ».
Enquête sur les opérations de la Sécurité d'État
Dans le cas où l'État malien répondrait ne rien pouvoir confirmer, le comité lui demande d'« établir sans délai une stratégie globale de recherche et d’enquête », et notamment de « fournir des informations sur toutes les opérations » menées par les forces maliennes – Agence nationale de la sécurité d'État comprise – au moment des enlèvements, « en précisant l’identité des agents impliqués, des personnes détenues » et les lieux de détention « vers lesquels elles auraient été transférées ».
Le comité onusien formule également des recommandations très concrètes, comme l'analyse des enregistrements de vidéosurveillance à proximité du domicile de Mountaga Tall ou encore celle des relevés téléphoniques de Mountaga Tall, de son épouse et de son fils. Objectif : « identifier » et « sanctionner » les auteurs des enlèvements. Le Comité des disparitions forcées de l'ONU demande à Bamako de lui transmettre des réponses sur les mesures adoptées « au plus tard le 24 juillet ».