Toutefois, malgré ces efforts, la situation nutritionnelle des enfants demeure préoccupante. Si le retard de croissance a amorcé une baisse, passant de 20,5 % en 2015 à 17,5 % en 2023, cette amélioration reste insuffisante. Les projections indiquent que le pays restera au-dessus de l'objectif de l'Assemblée mondiale de la Santé, avec un taux de 15,4 % prévu en 2025 face à une cible visée de 11,5 %.
Plus alarmant encore, la malnutrition aiguë, caractérisée par l'émaciation, a connu une progression notable, touchant 10 % des enfants en 2023 contre 8 % en 2015. Ces indicateurs mettent en lumière une vulnérabilité persistante des populations, qui peinent à résister efficacement aux chocs exogènes successifs.
En parallèle des stratégies de sécurité alimentaire, le Sénégal s'appuie sur des programmes verticaux solidement établis, qui constituent aujourd'hui l'épine dorsale de la lutte contre les principales causes de mortalité dans le pays. Ces initiatives représentent des investissements durables visant à réduire la mortalité infantile et à assurer le contrôle des maladies endémiques.
Le Programme Élargi de Vaccination (PEV), actif depuis 1974, ainsi que le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), opérationnel depuis 1995, sont les piliers centraux de ce dispositif. Ils sont complétés par le Programme National de Lutte contre la Tuberculose, en place depuis 1985, renforçant ainsi la riposte nationale contre les maladies transmissibles. Cet arsenal sanitaire historique témoigne d'un engagement constant de l'État pour la préservation de la santé publique.