Manque d'infrastructures à Tankon Fara : la population appelle l'Etat à faire preuve d'une «discrimination positive»



​Situé dans l’arrondissement de Ndorna (département de Médina Yoro Foulah), le village de Tankon Fara, fort de ses 3 000 habitants, souffre d'un manque d'infrastructures scolaires, d'une pénurie d’eau et d'infrastructures de santé. La population souhaite une «discrimination positive» pour sortir de l'ornière.​

C’est ce constat alarmant que dresse Souleymane Diallo, porte-parole des populations, au micro d’iRadio, ce dimanche. À Tankon Fara, le parcours scolaire s'arrête souvent brusquement à la fin du cycle primaire. Faute de Collège d'Enseignement Moyen (CEM) de proximité, plus de 1 000 jeunes ont déjà jeté l'éponge. «Tous ces jeunes ont abandonné à partir du CM2. Aller étudier ailleurs est un défi insurmontable pour beaucoup. Sans ce premier diplôme, c'est tout leur avenir qui est hypothéqué», déplore Souleymane Diallo.
 
​Le paradoxe est frappant. Malgré un cheptel important et une volonté des agriculteurs, la pauvreté s'installe. La cause ? Une absence totale d'infrastructures hydrauliques. Sans forage ni système d'irrigation, le travail de la terre se limite aux trois mois de la saison des pluies.
 
​Pour les habitants, l'équation est simple, pas d'eau, pas de richesse. Le village appelle le ministre de l'Éducation, mais aussi celui de l'Hydraulique, à intervenir pour permettre le développement du maraîchage et l'abreuvement du bétail durant la longue saison sèche.
 
​Le dossier le plus brûlant reste celui de la santé. Le chantier d'un centre de santé, entamé en 2021, serait aujourd'hui à l'arrêt total, laissant les populations dans un désarroi profond. Les conséquences sont dramatiques pour les femmes enceintes. En l'absence d'ambulance ou de structure fonctionnelle, les évacuations vers Ndorna se font encore à bord de charrettes, sur des pistes chaotiques. Un mode de transport d'un autre âge qui met en péril la vie des mères et des nouveau-nés. « Ce sont des situations de vie ou de mort que nous gérons au quotidien », alerte le porte-parole.
 
​Face à ce cumul de préjudices, Tankon Fara ne demande plus seulement de l'aide, mais une véritable reconnaissance de son statut de « plus grand village de la commune ». Les populations espèrent que ce cri de détresse trouvera un écho auprès des autorités pour que la «discrimination positive» ne soit plus un concept, mais une réalité palpable sur le terrain.


Dimanche 22 Février 2026 13:26


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