Fin-septembre 2025 au Maroc éclatait une contestation inédite. Parti d’Internet, la GenZ 212 appelait à des manifestations dans tout le pays pour réclamer davantage d’investissements dans les secteurs de l’éducation et de la santé notamment. Douze mois plus tard, ce mouvement de jeunes, apolitique, spontané et sans leader, a presque disparu des radars. Que reste-t-il aujourd’hui de ses revendications, alors que le Royaume s’apprête à voter le 23 septembre pour des législatives ?
Au Maroc, les slogans appelant à la démission du Premier ministre ou réclamant des hôpitaux se sont tus. Les manifestations de septembre et octobre 2025 semblent déjà appartenir à un passé lointain. C’est dans un café, où la télé retransmet un match de foot avec le son à fond, que Youssef, un militant de la GenZ 212, affirme : « Les jeunes qui étaient actifs travaillent toujours, mais discrètement. »
Même sur son Discord, la plateforme de communication virtuelle, la GenZ 212 s’est peu à peu assoupie. « Aujourd'hui, on se focalise et on essaie de donner le maximum, toute l'énergie qu'on a, sur les personnes qui ont été arrêtées et les personnes qui sont emprisonnées », assure encore Youssef.
Plus de 600 personnes toujours incarcérées
Selon les chiffres officiels les plus récents, plus de 600 personnes sont toujours incarcérées dans le cadre des manifestations de la GenZ 212.
Un autre militant présent, qui a préféré rester anonyme et appelé « Mohammed » pour l’occasion, est très pessimiste. « Les jeunes au Maroc sont juste des petits éléments qui ne seront jamais capables de faire la différence, lâche-t-il. Ce n'est pas parce qu'ils n’ont pas d'énergie ou pas de vision. C’est parce qu'ils sont systématiquement contrôlés ».
Aucun de ces deux partisans de la GenZ 212 ne votera aux législatives du 23 septembre. Ils ne croient plus au jeu politique marocain.
Un an après le déclenchement de la contestation, le mouvement de la GenZ 212 ne s’est en tout cas pas converti en offre politique. Ses partisans sont restés à l’écart des structures classiques du militantisme et leurs idées n’ont pas véritablement inspiré les partis qui sont désormais en campagne. « Les revendications n'ont pas changé puisque rien ou pratiquement rien n'a changé depuis, souligne Mehdi Alioua, professeur de sociologie à l’Université Internationale de Rabat. La colère est toujours là et il suffit de pas grand-chose pour que ça reparte. Les hommes et femmes politiques de ce pays n'ont pas vraiment entendu ce qu’il s'est passé, puisqu’il n'y a pas eu de suite venant des partis politiques ou des syndicats conventionnels ».
Il poursuit : « Une fois que le buzz médiatique est passé, on oublie d'autant plus que beaucoup de jeunes qui ont lancé ce mouvement ont connu la répression, ont été arrêtés, sont passés en justice, voire une partie importante d'entre eux ont été condamnés à de la prison. Et donc, évidemment, ça dissuade. »
Mehdi Alioua conclut : « Mais la colère qui se mue aussi en désespoir, comme on a pu le voir avec les tragiques événements frontaliers de Ceuta [plus de 70 000 migrants étaient entrés dans la petite enclave espagnole d'Afrique du Nord fin juillet, avec des dizaines de morts et de disparus, NDLR], elle, n'a pas disparu. »
Au Maroc, les slogans appelant à la démission du Premier ministre ou réclamant des hôpitaux se sont tus. Les manifestations de septembre et octobre 2025 semblent déjà appartenir à un passé lointain. C’est dans un café, où la télé retransmet un match de foot avec le son à fond, que Youssef, un militant de la GenZ 212, affirme : « Les jeunes qui étaient actifs travaillent toujours, mais discrètement. »
Même sur son Discord, la plateforme de communication virtuelle, la GenZ 212 s’est peu à peu assoupie. « Aujourd'hui, on se focalise et on essaie de donner le maximum, toute l'énergie qu'on a, sur les personnes qui ont été arrêtées et les personnes qui sont emprisonnées », assure encore Youssef.
Plus de 600 personnes toujours incarcérées
Selon les chiffres officiels les plus récents, plus de 600 personnes sont toujours incarcérées dans le cadre des manifestations de la GenZ 212.
Un autre militant présent, qui a préféré rester anonyme et appelé « Mohammed » pour l’occasion, est très pessimiste. « Les jeunes au Maroc sont juste des petits éléments qui ne seront jamais capables de faire la différence, lâche-t-il. Ce n'est pas parce qu'ils n’ont pas d'énergie ou pas de vision. C’est parce qu'ils sont systématiquement contrôlés ».
Aucun de ces deux partisans de la GenZ 212 ne votera aux législatives du 23 septembre. Ils ne croient plus au jeu politique marocain.
Un an après le déclenchement de la contestation, le mouvement de la GenZ 212 ne s’est en tout cas pas converti en offre politique. Ses partisans sont restés à l’écart des structures classiques du militantisme et leurs idées n’ont pas véritablement inspiré les partis qui sont désormais en campagne. « Les revendications n'ont pas changé puisque rien ou pratiquement rien n'a changé depuis, souligne Mehdi Alioua, professeur de sociologie à l’Université Internationale de Rabat. La colère est toujours là et il suffit de pas grand-chose pour que ça reparte. Les hommes et femmes politiques de ce pays n'ont pas vraiment entendu ce qu’il s'est passé, puisqu’il n'y a pas eu de suite venant des partis politiques ou des syndicats conventionnels ».
Il poursuit : « Une fois que le buzz médiatique est passé, on oublie d'autant plus que beaucoup de jeunes qui ont lancé ce mouvement ont connu la répression, ont été arrêtés, sont passés en justice, voire une partie importante d'entre eux ont été condamnés à de la prison. Et donc, évidemment, ça dissuade. »
Mehdi Alioua conclut : « Mais la colère qui se mue aussi en désespoir, comme on a pu le voir avec les tragiques événements frontaliers de Ceuta [plus de 70 000 migrants étaient entrés dans la petite enclave espagnole d'Afrique du Nord fin juillet, avec des dizaines de morts et de disparus, NDLR], elle, n'a pas disparu. »