Maurice S. Dione sur le code électoral : «La promulgation de la loi dissipe les divergences au sommet de l’État»



Au Sénégal, la promulgation de la loi portant modification du code électoral par le président Diomaye Faye démontre que les divergences supposées entre l’exécutif et la majorité parlementaire n’étaient «pas si profondes ». C’est l’analyse du professeur Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur en sciences politiques à Université Gaston Berger, qui s’exprimait ce dimanche sur iRadio.

Selon l’universitaire, la demande de seconde lecture formulée par le chef de l’État relevait davantage d’un problème juridique que d’un différend politique entre le président et la majorité parlementaire.
« La loi telle qu’elle a été votée en plénière n’est pas celle que le président a reçue. Cela nécessitait une seconde lecture », a expliqué le professeur Dione. Il rappelle qu’en pareille circonstance, l’adoption du texte requiert une majorité des trois cinquièmes des députés, soit 96 parlementaires.

Toutefois, il estime que cette procédure ne visait nullement à tester la solidité de la majorité parlementaire de PASTEF, forte de 130 députés à l’Assemblée nationale. « Ce n’était pas dans le but de jauger la force représentative derrière cette loi, mais plutôt une question de droit liée à l’existence de deux textes différents soumis au président de la République », a-t-il soutenu.

Le politologue a également défendu la décision du chef de l’État de renvoyer le texte pour une nouvelle lecture, estimant que cette démarche était juridiquement fondée.
Par ailleurs, Maurice Soudieck Dione a critiqué l’attitude de l’opposition, qu’il accuse d’avoir privilégié une stratégie politique au détriment des voies de recours institutionnelles. « L’opposition aurait dû saisir le Conseil constitutionnel pour un recours en inconstitutionnalité afin que cette loi soit expurgée de l’ordonnancement juridique », a-t-il affirmé, considérant qu’il s’agissait d’« une œuvre de salubrité publique ».

Selon lui, certains acteurs politiques ont préféré alimenter l’idée d’une prétendue fracture entre le président de la République et son Premier ministre, plutôt que de contester le texte sur le terrain juridique.


Dimanche 17 Mai 2026 13:03


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