Médina : les déchets dans les caniveaux compliquent la vie des habitants en période de pluie (Reportage)



À la Médina, notamment aux alentours des rues 37 et 22, la pluie ne rime pas seulement avec fraîcheur. Elle ravive aussi une réalité bien connue des habitants : celle des déchets jetés sans discernement dans les caniveaux et les tuyaux d'évacuation, transformant chaque averse en épreuve quotidienne.

Dès que la pluie tombe, l'ambiance change dans le quartier. Des flaques d'eau stagnante s'accumulent çà et là, les caniveaux débordent et les passants hésitent avant de s'aventurer dans les rues inondées. Pour faciliter la circulation, des briques sont disposées au sol, permettant aux piétons de franchir tant bien que mal les zones inondées.


« On le vit mal, vraiment » 

A la rue 37, angle 22,  Aly Thiaw, tailleur, regard fatigué, vêtu d’un habit léger,  vit cette situation au quotidien. Pour lui, le problème est particulièrement préoccupant pendant la saison des pluies. 

« On le vit mal, vraiment, surtout ici. Dès qu’il pleut, certaines personnes ouvrent les tuyaux et y mettent toutes sortes de déchets. On y trouve des déchets qui provoquent des odeurs nauséabondes. C’est vraiment déplorable et cela empêche la bonne circulation des eaux », témoigne-t-il.

Il ajoute : « Cette situation s'ajoute à l'état de certaines rues. Des trous se forment et l'eau peut y rester pendant un certain temps, favorisant la présence des moustiques. ». 

Pour Aly Thiaw, les conséquences du déversement des déchets dans les caniveaux dépassent la simple gêne matérielle. Elles touchent directement à l'hygiène et à la santé publique . « Ça joue énormément sur l’hygiène. Ce n’est pas hygiénique. Et les aliments vendus près des eaux qui débordent peuvent être dangereux pour la santé », souligne-t-il.

Face à cette situation, il appelle les autorités à prendre davantage de responsabilités. Souhaitant notamment que les tuyaux soient mieux protégés et que les caniveaux soient davantage couverts afin de limiter la possibilité d’y jeter des déchets.

À quelques rues de là, Omar Beye, habitant de Vénisia, rue 22, décrit lui aussi un quotidien difficile. Pour les riverains vivant à proximité des tuyaux, les mauvaises odeurs et les eaux stagnantes deviennent particulièrement insupportables. 


« Les gens font ce qu'ils veulent » 

« C’est déplorable. C’est difficile, surtout pour nous qui vivons près de ces tuyaux. On y met  tout et parfois on peine même à respirer, les moustiques nous envahissent. L’eau devient tellement noire qu’elle paraît huileuse à cause des déchets », explique-t-il.

Lorsque les eaux envahissent les passages, les habitants sont contraints de composer avec des briques jetées au sol pour permettre tant bien que mal la circulation. Mais selon Omar Beye, ces situations peuvent durer longtemps avant de disparaître complètement. 

 Des déchets jetés sans précaution

Les agents chargés de la gestion des déchets sont également en première ligne face à ces mauvaises pratiques. Fatou Diatta, agent de la Société Nationale de Gestion Intégrée des Déchets (SONAGED) chargée notamment du nettoyage du dépôt d'ordures situé rue 37, constate régulièrement des comportements difficiles à gérer. 

« Ici, les gens font ce qu’ils veulent. Ils mettent parfois des déchets, même des poissons pourris, directement dans les poubelles sans sachet. Et quand on leur fait la remarque, certains se fâchent », raconte-t-elle. 

Pourtant, le nettoyage est régulièrement assuré. Selon elle, une équipe intervient chaque jeudi pour nettoyer le site, les poubelles et les alentours.

Mais malgré ces opérations, le problème reste récurrent. Les déchets sont rapidement de nouveau présents, rendant le travail des agents plus difficile.

Dans ces rues de Médina, la pluie met donc en lumière un problème qui dépasse la seule question des inondations : celui de la gestion des déchets et du comportement des usagers. 

Entre eaux stagnantes, mauvaises odeurs, moustiques et difficultés de circulation, les habitants appellent à davantage de responsabilité, aussi bien de la part des populations que des autorités. 

Car lorsque les caniveaux deviennent des dépotoirs, ce sont les eaux de pluie qui finissent par rappeler les conséquences de ces mauvaises pratiques.

Oumy Diallo (stagiaire)

Jeudi 6 Aout 2026 21:48


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