Moises Sanchez était journaliste indépendant. Il avait fondé sa propre revue, La Union, qu’il imprimait grâce à son salaire de chauffeur de taxi et dont il claironnait les titres dans un haut-parleur dans les environs de son village Medellín, dans l’État de Veracruz.
Moises est mort assassiné en janvier 2015. Le premier de huit journalistes rien que cette année-là au Mexique. C’est en discutant avec son fils José que Félix Marquez, photojournaliste du Veracruz, a eu l’idée de prendre ce haut-parleur emblématique en photo. « Il m’a montré le haut-parleur que son père utilisait pour son journal. Je me suis rendu compte que plusieurs de mes collègues assassinés avaient eux aussi des objets qui les définissent et que ce travail pouvait être une façon de leur rendre hommage », explique-t-il.
Trente journalistes ont été tués dans le Veracruz depuis l’an 2000.
Les journalistes assassinés dont Félix a documenté les effets personnels étaient avant tout des collègues et des amis. Le Veracruz est l’un des États le plus dangereux pour les journalistes au Mexique.
« L’État de Veracruz est un territoire clé pour le crime organisé et la politique. La frontière est devenue moins claire entre les deux et le crime organisé a infiltré les autorités locales. Au début, on a pensé que si on ne couvrait pas des sujets liés au trafic de drogue, qu’on s’autocensurait, on aurait la vie sauve. Mais l’exemple de Moises Sanchez montre que traiter de sujets généralistes, comme lui qui dénonçait que le maire ne goudronne pas les rues de son village, suffit à se faire assassiner », déplore-t-il. Puis d’ajouter : « Trente journalistes ont été tués dans le Veracruz depuis l’an 2000. Les conséquences de l’assassinat d’un journaliste sont insignifiantes, c’est donc à la portée de n’importe qui désormais. Ma carrière ici a été consacrée à couvrir la violence et la guerre contre la drogue. À un moment, j’ai dû fuir le Veracruz et le Mexique pendant plusieurs mois pour me protéger. »
Un témoignage de leur détermination face à des conditions précaires
Les objets que ces journalistes laissent derrière eux sont aussi un témoignage de leur détermination à exercer leur métier malgré des conditions de travail plus que précaires.
« Ce projet vise aussi à dénoncer leurs conditions de travail », dit-il. « Mon collègue Guillermo Luna, assassiné en 2012, travaillait avec son propre appareil auquel il manquait le bouton sur lequel appuyer pour prendre la photo. Sa rédaction ne lui a jamais fourni de matériel. On voit la précarité de la profession... Il était payé 60 euros par mois. Je n’arrive pas à croire qu’on puisse payer quelqu’un comme ça pour prendre de tels risques… et ça continue. »
Félix Marquez a pour projet de continuer à documenter des crimes qui ne cessent pas pour les empêcher de tomber dans l’oubli : au Mexique actuellement 85 % des assassinats de journalistes ne sont pas résolus, selon l’Unesco.
Moises est mort assassiné en janvier 2015. Le premier de huit journalistes rien que cette année-là au Mexique. C’est en discutant avec son fils José que Félix Marquez, photojournaliste du Veracruz, a eu l’idée de prendre ce haut-parleur emblématique en photo. « Il m’a montré le haut-parleur que son père utilisait pour son journal. Je me suis rendu compte que plusieurs de mes collègues assassinés avaient eux aussi des objets qui les définissent et que ce travail pouvait être une façon de leur rendre hommage », explique-t-il.
Trente journalistes ont été tués dans le Veracruz depuis l’an 2000.
Les journalistes assassinés dont Félix a documenté les effets personnels étaient avant tout des collègues et des amis. Le Veracruz est l’un des États le plus dangereux pour les journalistes au Mexique.
« L’État de Veracruz est un territoire clé pour le crime organisé et la politique. La frontière est devenue moins claire entre les deux et le crime organisé a infiltré les autorités locales. Au début, on a pensé que si on ne couvrait pas des sujets liés au trafic de drogue, qu’on s’autocensurait, on aurait la vie sauve. Mais l’exemple de Moises Sanchez montre que traiter de sujets généralistes, comme lui qui dénonçait que le maire ne goudronne pas les rues de son village, suffit à se faire assassiner », déplore-t-il. Puis d’ajouter : « Trente journalistes ont été tués dans le Veracruz depuis l’an 2000. Les conséquences de l’assassinat d’un journaliste sont insignifiantes, c’est donc à la portée de n’importe qui désormais. Ma carrière ici a été consacrée à couvrir la violence et la guerre contre la drogue. À un moment, j’ai dû fuir le Veracruz et le Mexique pendant plusieurs mois pour me protéger. »
Un témoignage de leur détermination face à des conditions précaires
Les objets que ces journalistes laissent derrière eux sont aussi un témoignage de leur détermination à exercer leur métier malgré des conditions de travail plus que précaires.
« Ce projet vise aussi à dénoncer leurs conditions de travail », dit-il. « Mon collègue Guillermo Luna, assassiné en 2012, travaillait avec son propre appareil auquel il manquait le bouton sur lequel appuyer pour prendre la photo. Sa rédaction ne lui a jamais fourni de matériel. On voit la précarité de la profession... Il était payé 60 euros par mois. Je n’arrive pas à croire qu’on puisse payer quelqu’un comme ça pour prendre de tels risques… et ça continue. »
Félix Marquez a pour projet de continuer à documenter des crimes qui ne cessent pas pour les empêcher de tomber dans l’oubli : au Mexique actuellement 85 % des assassinats de journalistes ne sont pas résolus, selon l’Unesco.