C’est l’intitulé d’une série de quatre reportages à lire dans Le Monde Afrique. Avec ce constat de départ : « Le premier trimestre de cette année a été l’un des plus meurtriers depuis 2014 pour les migrants partis de Tunisie et de Libye en direction de l’Europe, avec 765 morts recensées par l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations. (…) Le phénomène persiste (et s’amplifie donc) dans la plus grande indifférence. (…) Depuis ces 12 dernières années, l’OIM a recensé 26 734 morts en Méditerranée. Le bilan d’une guerre, sachant que l’agence onusienne insiste sur le caractère très restrictif de cette estimation. Le véritable nombre de vies effacées ne sera jamais connu. »
Des accords « opaques »
Indifférence donc… et complicité… Pour l’Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d’Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l’arrivée au pouvoir de la première ministre d’extrême droite, la coopération de l’Italie avec les acteurs libyens s’est intensifiée, de même qu’avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides.
« Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu’ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu’interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. »
« Grand remplacement »
Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu’ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu’à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l’Algérie. »
Et Le Monde Afrique de rappeler « qu’en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l’Europe. »
« C’est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l’est du pays, pour lequel il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s’en rende compte ? », s’interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C’est le premier cas documenté à ce stade. L’une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n’alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l’Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l’hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l’Allemagne.
Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu’une épidémie d’Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n’est plus seulement un problème congolais : c’est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. »
Propagation rapide…
Mais pour l’instant, « ce qui inquiète l’OMS, relève Afrik.com, c’est surtout la vitesse et l’ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu’à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d’Ebola. »
Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l’Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l’épidémie d’Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. »
Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l’Ituri compte plus d’un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »
Des accords « opaques »
Indifférence donc… et complicité… Pour l’Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d’Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l’arrivée au pouvoir de la première ministre d’extrême droite, la coopération de l’Italie avec les acteurs libyens s’est intensifiée, de même qu’avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides.
« Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu’ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu’interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. »
« Grand remplacement »
Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu’ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu’à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l’Algérie. »
Et Le Monde Afrique de rappeler « qu’en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l’Europe. »
« C’est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l’est du pays, pour lequel il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s’en rende compte ? », s’interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C’est le premier cas documenté à ce stade. L’une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n’alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l’Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l’hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l’Allemagne.
Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu’une épidémie d’Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n’est plus seulement un problème congolais : c’est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. »
Propagation rapide…
Mais pour l’instant, « ce qui inquiète l’OMS, relève Afrik.com, c’est surtout la vitesse et l’ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu’à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d’Ebola. »
Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l’Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l’épidémie d’Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. »
Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l’Ituri compte plus d’un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »