Le débat sur les crédits spéciaux relance les tensions entre l’Exécutif et la majorité parlementaire. Au centre des discussions, une proposition de loi visant à encadrer ces crédits et les amendements du gouvernement, rejetés par les députés de Pastef (majorité). Le Premier ministre Al Aminou Lô aurait saisi le Conseil constitutionnel sur le fondement de l’article 83. Pour Aminata Touré, ancienne Première ministre et actuel Haut représentant du Président Diomaye, la démarche du locataire de la primature est justifiée.
«Le Premier ministre a tout à fait raison»
Invitée à se prononcer sur le dossier par la RTS (chaîne nationale), Aminata Touré estime que le désaccord dépasse la simple question de la transparence et touche à la répartition des pouvoirs. « Le Premier ministre a tout à fait raison lorsqu’une proposition de loi dit que désormais l’Assemblée nationale va exécuter un budget », déclare-t-elle. Selon elle, confier l’exécution du budget au Parlement reviendrait à remettre en cause «la répartition constitutionnelle des compétences».
L’ancienne cheffe du gouvernement rappelle par ailleurs la fonction des crédits spéciaux. Loin d’être réservés à des usages politiques, ils servent aussi, selon elle, à la «sécurité», à «la solidarité nationale» et à des interventions sensibles de l’État. Elle cite l’exemple de l’aide apportée à des compatriotes nécessitant des soins à l’étranger et «le soutien aux grands événements religieux, toutes confessions confondues.
« Les fonds spéciaux servent à cela, c’est des fonds de régulation même sociale, des fonds qui existent pour amoindrir les chocs sociaux et assurer la stabilité du pays », affirme-t-elle.
Contrôler, mais sans empiéter sur l’Exécutif
Si Aminata Touré juge que «leur encadrement peut être discuté», elle s’oppose à toute remise en cause des prérogatives du chef de l’État. Elle conteste surtout l’idée d’une intervention directe de l’Assemblée nationale dans l’exécution. Pour elle, le contrôle parlementaire doit passer par les mécanismes prévus par les règles budgétaires, et non par «une prise en charge de l’exécution des crédits».
Elle revient également sur le cas de la somme de 1,7 milliard dont aurait bénéficié l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Elle qualifie ce montant d’inédit et souligne que les anciens Premiers ministres qu’elle a connus n’auraient pas reçu de crédits de cette nature. «Ce serait bien qu’il nous explique, en disant : voilà ce que j’en ai fait », lance-t-elle, tout en distinguant le débat sur l’usage des fonds de celui sur leur existence.
"Il ne faut pas que l’Assemblée nationale... pense qu’ils peuvent gouverner le pays"
Au-delà du volet budgétaire, Aminata Touré alerte sur les risques institutionnels. Elle dénonce une tentative de transformer le Parlement en lieu de confrontation permanente avec l’Exécutif. « Il ne faut pas que l’Assemblée nationale et son président pensent qu’ils peuvent gouverner le pays à partir de l’Assemblée nationale. Ça ne fonctionne pas comme ça », avertit-elle.
L’ancienne Première ministre appelle les députés à agir «dans le respect de la Constitution et des compétences propres à chaque institution ». Elle estime qu’une crise institutionnelle pourrait être «artificiellement» créée si chaque pouvoir sortait de son périmètre.
Sur la transparence, Aminata Touré rappelle que le président Bassirou Diomaye Faye a «déclaré et publié son patrimoine» et proposé d’étendre cette obligation. Mais elle met en garde : la transparence ne doit pas justifier «un bouleversement des règles institutionnelles». « La loi, c’est ce qui nous protège tous », conclut-elle, en soutenant la saisine du Conseil constitutionnel.
«Le Premier ministre a tout à fait raison»
Invitée à se prononcer sur le dossier par la RTS (chaîne nationale), Aminata Touré estime que le désaccord dépasse la simple question de la transparence et touche à la répartition des pouvoirs. « Le Premier ministre a tout à fait raison lorsqu’une proposition de loi dit que désormais l’Assemblée nationale va exécuter un budget », déclare-t-elle. Selon elle, confier l’exécution du budget au Parlement reviendrait à remettre en cause «la répartition constitutionnelle des compétences».
L’ancienne cheffe du gouvernement rappelle par ailleurs la fonction des crédits spéciaux. Loin d’être réservés à des usages politiques, ils servent aussi, selon elle, à la «sécurité», à «la solidarité nationale» et à des interventions sensibles de l’État. Elle cite l’exemple de l’aide apportée à des compatriotes nécessitant des soins à l’étranger et «le soutien aux grands événements religieux, toutes confessions confondues.
« Les fonds spéciaux servent à cela, c’est des fonds de régulation même sociale, des fonds qui existent pour amoindrir les chocs sociaux et assurer la stabilité du pays », affirme-t-elle.
Contrôler, mais sans empiéter sur l’Exécutif
Si Aminata Touré juge que «leur encadrement peut être discuté», elle s’oppose à toute remise en cause des prérogatives du chef de l’État. Elle conteste surtout l’idée d’une intervention directe de l’Assemblée nationale dans l’exécution. Pour elle, le contrôle parlementaire doit passer par les mécanismes prévus par les règles budgétaires, et non par «une prise en charge de l’exécution des crédits».
Elle revient également sur le cas de la somme de 1,7 milliard dont aurait bénéficié l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Elle qualifie ce montant d’inédit et souligne que les anciens Premiers ministres qu’elle a connus n’auraient pas reçu de crédits de cette nature. «Ce serait bien qu’il nous explique, en disant : voilà ce que j’en ai fait », lance-t-elle, tout en distinguant le débat sur l’usage des fonds de celui sur leur existence.
"Il ne faut pas que l’Assemblée nationale... pense qu’ils peuvent gouverner le pays"
Au-delà du volet budgétaire, Aminata Touré alerte sur les risques institutionnels. Elle dénonce une tentative de transformer le Parlement en lieu de confrontation permanente avec l’Exécutif. « Il ne faut pas que l’Assemblée nationale et son président pensent qu’ils peuvent gouverner le pays à partir de l’Assemblée nationale. Ça ne fonctionne pas comme ça », avertit-elle.
L’ancienne Première ministre appelle les députés à agir «dans le respect de la Constitution et des compétences propres à chaque institution ». Elle estime qu’une crise institutionnelle pourrait être «artificiellement» créée si chaque pouvoir sortait de son périmètre.
Sur la transparence, Aminata Touré rappelle que le président Bassirou Diomaye Faye a «déclaré et publié son patrimoine» et proposé d’étendre cette obligation. Mais elle met en garde : la transparence ne doit pas justifier «un bouleversement des règles institutionnelles». « La loi, c’est ce qui nous protège tous », conclut-elle, en soutenant la saisine du Conseil constitutionnel.