Modification du code électoral : le FDR dénonce un « coup de force institutionnel » et appelle à la mobilisation



Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire PASTEF visant à modifier l’article L29 et à abroger l’article L30 du Code électoral.
 
Dans un communiqué, l’opposition évoque « une crise profonde et irréversible au sommet de l’État », estimant que cette initiative doit être perçue comme « un coup de force institutionnel en gestation ».
 
Le FDR rappelle que depuis 1992, le Sénégal a bâti sa stabilité sur le consensus entourant les règles du jeu électoral. « En rompant brutalement avec cette tradition pour imposer des règles taillées sur mesure au profit de son seul dirigeant, PASTEF sape les fondements de la démocratie sénégalaise », dénonce la Conférence des leaders.
 
Poursuivant, le front précise que le code électoral est un contrat servant de base à la dévolution démocratique du pouvoir. Pour l’opposition, vouloir le traiter comme un « simple règlement intérieur de parti, c'est abîmer la République en s’attaquant à son socle ».
 
Le FDR s’interroge également sur « la précipitation » entourant cette initiative et « le refus du dialogue », y voyant « une volonté de tordre le cou à la loi pour satisfaire l’ambition de pouvoir d’un seul homme ».
 
Dans la même veine, le front accuse le « ministère de l’Intérieur d’avoir inscrit frauduleusement sur la liste des électeurs le Président de PASTEF pour lui permettre de diriger une liste de candidats aux dernières élections législatives ».
 
D’après l’opposition, c’est cette « fraude, combinée à la rétention illégale d'une décision du Conseil constitutionnel », qui dit-elle, a donné une « majorité illégitime à PASTEF à l’Assemblée nationale ».
 
Elle dénonce également « une instrumentalisation du ministère de la Justice » dans une procédure de révision de jugement concernant le leader de PASTEF, parlant d’« un conflit d’intérêt manifeste ».
 
Qualifiant la proposition de loi de « troisième acte de forfaiture », le FDR affirme qu’il s’agit d’« une loi personnalisée, taillée à la mesure d’un seul homme », ajoutant que « la rétroactivité sans motif d’ordre général vise uniquement à servir des intérêts particuliers ».
 
« La loi doit être générale et impersonnelle. Lorsqu’elle devient l’instrument d’une faction, elle perd sa légitimité et n’appelle qu’une seule réponse : la résistance », avertit l’opposition.
 
Face à cette situation, le FDR exige « le retrait immédiat et sans condition de cette proposition de loi », « l’ouverture d’une concertation inclusive sur le Code électoral sous l’égide de personnalités neutres » et « le respect du calendrier électoral ainsi que des droits de tous les acteurs politiques ».
 
Enfin, le front annonce son intention de mobiliser. Elle dit vouloir « entreprendre des contacts avec toutes les forces vives, les organisations de la société civile et les citoyens épris de justice et de paix », en vue d’organiser « des manifestations massives à Dakar et dans les régions jusqu’au retrait pur et simple de cette imposture législative ».

Moussa Ndongo

Jeudi 16 Avril 2026 20:46


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