Mondial 2026 : qui gagne vraiment quand l'Afrique envoie dix sélections ?



Dix sélections africaines au Mondial, cela n'était jamais arrivé. Pour le coup, les dix fédérations peuvent se féliciter de leurs primes FIFA revues à la hausse, à raison de 12,5 millions garantis par équipe. Autant dire que le montant est historique pour le Maroc, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et la RD Congo. Pour autant, ces primes versées aux fédérations restent modestes lorsqu'on les rapporte aux 11 milliards de dollars que la FIFA prévoit d'encaisser sur le cycle 2023-2026 (la période financière de quatre ans entre deux Coupes du monde). D'autres acteurs, positionnés le long de la chaîne de valeur, en ressortent également gagnants.
 
Les clubs européens, de bien discrets gagnants  

Chaque fois qu'une fédération convoque un joueur pour le Mondial, son club employeur reçoit une indemnité d'environ 9 200 euros par jour, via le FIFA Club Benefits Programme. Il s'agit du fonds qui indemnise les clubs libérant leurs joueurs pour les sélections nationales.

Pour le Mondial 2026, son enveloppe totale atteint 355 millions de dollars, en hausse de 70 % par rapport au Qatar. Ainsi, un international africain qui atteint la finale génère à lui seul près de 495 000 euros pour son club. Or une bonne part des internationaux africains évoluent en Premier League, en Ligue 1 ou en Liga.
 

Les compensations remontent donc mécaniquement vers l'Europe. Le mécanisme de solidarité FIFA, qui reverse 5 % des indemnités de transfert aux clubs formateurs, ne couvre pas ces primes de compétition. En théorie, les académies d'Abidjan, de Dakar ou de Casablanca n'en perçoivent donc qu'une très faible part.
 
Opérateurs et diffuseurs concentrent les flux les plus importants  

Avant d'être le maillon qui relie ces dix participations au public, les diffuseurs doivent verser des droits télévisuels à la FIFA, qui représentent le premier poste de revenus de l'instance : 4,26 milliards de dollars sur le cycle actuel.
 

En Afrique subsaharienne, c'est le togolais New World TV qui détient l'exclusivité et revend une partie de ses droits à Canal+ Afrique, dont le parc dépasse désormais huit millions d'abonnés depuis le rachat du sud-africain MultiChoice (premier opérateur de télévision payante du continent) l'an passé. Au Sénégal, la RTS diffuse en clair une partie des rencontres.
 

À côté des diffuseurs, il y a les opérateurs de paris sportifs. À l'approche de chaque journée de matchs, les plateformes ouest-africaines activent des offres personnalisées, dont la plus répandue est le freebet . Pour en bénéficier, le parieur doit placer un coupon combinant au moins trois pronostics, chacun à une cote minimale de 1.4 par exemple (autrement dit, aucun résultat considéré comme trop prévisible).
 

Le montant du freebet varie ensuite par paliers selon la mise initiale (par exemple de 2 000 à 250 000 francs guinéens) ; il est valable quelques jours et seuls les gains nets sont reversés. C'est un outil de bienvenue classique en période de grand tournoi, qui prend de l'ampleur à mesure que l'audience grandit.
 
PUMA et les autres équipementiers  

Les plus visibles, mais pas moins gagnants, sont les équipementiers. PUMA habille cinq des dix sélections africaines qualifiées (Maroc, Sénégal, Ghana, Côte d'Ivoire, Égypte), ce qui signifie que la moitié de son portefeuille mondial provient du continent.

Les maillots dévoilés en mars ont d'ailleurs confirmé que l'Afrique est au centre de la communication de la marque de Herzogenaurach, le football africain étant son principal relais de croissance actuel.


Adidas n'a dans son portefeuille que l'Algérie et l'Afrique du Sud. Nike, quant à elle, n'équipe aucune sélection du continent, poussant davantage son effort sur les sélections nord- et sud-américaines bien sûr, mais aussi européennes.

 



Mercredi 20 Mai 2026 19:08


Dans la même rubrique :