Moyen-Orient: hostilités «terminées», Donald Trump contourne le Congrès sur l'Iran

Dans une lettre adressée au Congrès américain, le président Donald Trump a écrit que les hostilités contre l'Iran sont « terminées », se mettant en conformité avec la loi américaine limitant un conflit sans aval du Congrès à 60 jours. Plus tôt dans la journée, il s'était dit « pas satisfait » de la nouvelle proposition faite par l’Iran ce 1er mai pour tenter de débloquer les négociations. En parallèle, le sud du Liban est toujours visé par des attaques israéliennes en dépit de la trêve.



Ce qu'il faut retenir
► Donald Trump a estimé vendredi 1er mai que les hostilités contre l'Iran étaient « terminées » dans une lettre envoyée au Congrès américain, affirmant ainsi se conformer à la loi qui exige que le président américain obtienne l'autorisation du Congrès pour prolonger un conflit au-delà de 60 jours.
 
► Si la trêve entre les États-Unis et l'Iran a été prolongée sine die, les deux camps n'arrivent toujours pas à s'entendre pour reprendre leurs négociations, après une première session infructueuse le 11 avril au Pakistan. Le président américain Donald Trump s'est dit vendredi « pas satisfait » de la dernière proposition iranienne destinée à relancer les négociations deux mois après le début de la guerre.
 
►L'armée israélienne continue de bombarder le sud du Liban. Plus de 2 600 personnes ont été tuées dans le pays depuis qu'Israël a lancé le 2 mars une nouvelle campagne militaire aérienne et terrestre, disant vouloir neutraliser le Hezbollah pro-iranien, et au moins 12 personnes sont mortes ce 1er mai, selon l'Agence nationale d'information libanaise.
 
 
En annonçant la fin des hostilités, Donald Trump s’affranchit du Congrès dans le dossier iranien
Donald Trump a annoncé qu'il se passait du feu vert du Congrès pour la guerre en Iran, alors qu'expirait la limite de 60 jours fixée par la loi pour obtenir une autorisation parlementaire au déclenchement des hostilités.
 
 
Washington approuve la vente de missiles Patriot au Qatar pour 4 milliards de dollars
Washington a approuvé une vente de système de missiles anti-missiles Patriot au Qatar, visé par des frappes de l'Iran lors du conflit déclenché fin février, pour un montant de plus de 4 milliards de dollars, a annoncé vendredi le département d'État.
 
Les États-Unis ont également approuvé des ventes d'armes destinées à Israël et à leurs alliés au Moyen-Orient, le Koweït et les Émirats arabes unis.
 
Les États-Unis vont retirer quelque 5 000 militaires d'Allemagne d'ici un an
Le ministre de la Défense américain Pete Hegseth a ordonné le retrait de quelque 5 000 militaires d'Allemagne d'ici un an, a indiqué le Pentagone vendredi 1er mai, ce qui représente environ 15 % de ses effectifs présents dans le pays européen.
 
« Nous prévoyons que le retrait se termine dans les six à douze prochains mois », a estimé le porte-parole du Pentagone Sean Parnell dans un communiqué. Quelque 35 000 soldats américains sont positionnés en Allemagne.
 
Donald Trump avait théoriquement jusqu'à ce vendredi 1er mai pour demander l'autorisation du Congrès américain pour poursuivre la guerre. Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorerait cette obligation, l'opposition démocrate se retrouvant impuissante à la faire respecter.
 
Le président américain a tout de même envoyé une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l'Iran étaient « terminées », même si plusieurs élus démocrates ont souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire.
 
La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale. Une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s'est révélée infructueuse et jusqu'ici sans lendemain.
 
Le conflit perdure sous d'autres formes : Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
 
Le gouvernement américain a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre les intérêts iraniens, et prévenu que ceux qui acquitteraient un péage aux autorités de Téhéran pour passer le détroit s'exposeraient à des pénalités américaines en retour.
 
L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés dans la région.
 
🔎 Comment Donald Trump se prépare à une reprise des hostilités avec l'Iran
Aux États-Unis, l'administration Trump avait 60 jours pour obtenir l'autorisation du Congrès pour la poursuite de ses opérations militaires au Moyen-Orient, soit jusqu'à ce vendredi 1er mai. Cette échéance est contestée par le ministre de la Défense, Pete Hegseth, qui fait valoir qu'en raison du cessez-le-feu toujours en vigueur, l'horloge des 60 jours est suspendue.
 
Donald Trump déclare dans une lettre au Congrès que les hostilités contre l'Iran sont «terminées»
Donald Trump a estimé vendredi que les hostilités contre l’Iran étaient « terminées » dans une lettre envoyée à des responsables parlementaires, affirmant ainsi se conformer à la loi qui exige que le président américain obtienne l’autorisation du Congrès pour prolonger un conflit au-delà de 60 jours.
 
« Le 7 avril 2026, j’ai ordonné un cessez-le-feu de deux semaines. Le cessez-le-feu a depuis été prolongé. Il n’y a pas eu d’échange de tirs entre les forces des États-Unis et l’Iran depuis le 7 avril 2026. Les hostilités qui ont commencé le 28 février 2026 sont terminées », a écrit Donald Trump, le jour de la date limite pour obtenir l’autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre contre l’Iran.

RFI

Samedi 2 Mai 2026 10:34


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