Mozambique: élu la tête de son parti, l’opposant numéro un affiche ses ambitions malgré la répression

Ce 22 juin s’est achevé dans le nord du pays le premier congrès de l’Alliance nationale pour un Mozambique libre et autonome (Anamola). Ce parti d’opposition a été créé en août 2025 par l’opposant Venancio Mondlane. Le candidat à la présidentielle 2024, qui revendique toujours sa victoire à ce scrutin, a été élu à la tête d’Anamola sans opposition.



C’est sans surprise que Venancio Mondlane, fondateur, inspirateur et leader de l’Alliance nationale pour un Mozambique libre et autonome (Anamola), a été élu à l’unanimité des voix, président du parti. « Anamola, c’est Venancio Mondlane », confie Tonino, coordinateur du parti à Matola, dans la banlieue de Maputo.
 
Pendant trois jours, près de 400 délégués ont débattu des orientations politiques du parti. Un programme qui pourrait se résumer en quelques mots : Venancio Mondlane, président. « Gagner des élections, c’est trop petit pour ce qui nous attend », a néanmoins déclaré l’opposant, à sa base politique, tout en se targuant de pouvoir recruter plus de six millions de membres d’ici 2029, date des prochaines élections générales.
 
Assassinats
Ce congrès s’est tenu dans un contexte de violences qui ont frappé les militants d’Anamola. Deux cadres du parti ont été retrouvés assassinés chez eux, dans le centre du pays, le mois passé.
 
Selon l’organisation de la société civile Decide, quatre personnes ont été blessées par la police, le 18 juin, à Nampula (nord du pays), lors du rassemblement qui a accueilli Venancio Mondlane à l’aéroport.
 
L’opposant, quant à lui, fait toujours l’objet de poursuites judiciaires, accusé par les autorités d’avoir incité à la violence, durant la crise post-électorale, fin-2024.
 
Le 15 janvier 2026, Daniel Chapo avait été investi cinquième président de la République au terme d’une élection très contestée, prolongeant ainsi le règne sans partage du Frelimo, parti au pouvoir au Mozambique depuis près de 50 ans.
 
Des dizaines de journalistes et de membres de l'opposition ont été enlevés ou tués au Mozambique depuis les élections générales contestées d'octobre 2024, avec parfois l'implication des forces de sécurité, selon une enquête publiée par le consortium de médias Forbidden Stories à laquelle RFI a contribué.

RFI

Mardi 23 Juin 2026 10:19


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