À l’occasion de la Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix, célébrée ce 24 avril 2026, les ambassadeurs du Sénégal en Égypte et en France ont livré une analyse critique de l’état du multilatéralisme en Afrique, marqué par une instabilité politique persistante et une fragilisation des mécanismes régionaux.
D’après l’APS, la 10 édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, tenu au Centre international de conférences Abdou Diouf, Kemoko Diakité et Baye Moctar Diop ont dressé un constat lucide des défis liés à la souveraineté et à l’efficacité des organisations africaines.
Le continent reste confronté à une recrudescence des changements anticonstitutionnels de gouvernement, ainsi qu’à une perte d’efficacité des institutions régionales telles que la CEDEAO ou l’Union africaine. Selon Kemoko Diakité, ces dynamiques affaiblissent les processus d’intégration et réduisent les marges de manœuvre des États.
Par ailleurs, L’ambassadeur en Égypte a notamment pointé les conséquences du retrait du Mali et du Burkina Faso de la CEDEAO, soulignant une perte significative de territoire, de population et de poids économique pour l’organisation. Il a également dénoncé l’inefficacité des instruments juridiques censés prévenir les coups d’État, en raison notamment de leur non-application et d’une certaine complaisance institutionnelle.
Pour sortir de cette impasse, M. Diakité préconise une refondation de l’État de droit et des réformes structurelles, incluant la limitation des mandats présidentiels, l’interdiction pour les auteurs de coups d’État de se présenter aux élections, ainsi que le renforcement des organes régionaux. Il a aussi plaidé pour des sanctions plus ciblées, afin d’éviter d’impacter les populations.
De son côté, l’ambassadeur en France, Baye Moctar Diop, a mis en lumière les limites des missions classiques de maintien de la paix, jugées inadaptées face à la complexité des conflits contemporains. Il a interrogé la prolifération des coalitions multinationales et des forces ad hoc, qui posent selon lui des problèmes de souveraineté, de coordination et de cohérence.
Citant plusieurs expériences africaines, il a reconnu les avancées de l’Union africaine en matière d’opérations de soutien à la paix, tout en soulignant les blocages internes et les rivalités entre organisations régionales. Il a également évoqué les limites des dispositifs comme le G5 Sahel ou certaines missions hybrides, appelant à repenser en profondeur l’architecture africaine de paix et de sécurité.
Malgré leur flexibilité et leur rapidité de déploiement, les coalitions ad hoc présentent de nombreuses insuffisances, notamment l’absence de commandement unifié et la coexistence d’acteurs aux intérêts divergents.
Face à ces défis, les deux diplomates appellent à une réforme ambitieuse du multilatéralisme africain, fondée sur une meilleure coordination, un respect effectif des principes démocratiques et un renforcement des capacités institutionnelles, condition indispensable à une paix durable sur le continent.
D’après l’APS, la 10 édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, tenu au Centre international de conférences Abdou Diouf, Kemoko Diakité et Baye Moctar Diop ont dressé un constat lucide des défis liés à la souveraineté et à l’efficacité des organisations africaines.
Le continent reste confronté à une recrudescence des changements anticonstitutionnels de gouvernement, ainsi qu’à une perte d’efficacité des institutions régionales telles que la CEDEAO ou l’Union africaine. Selon Kemoko Diakité, ces dynamiques affaiblissent les processus d’intégration et réduisent les marges de manœuvre des États.
Par ailleurs, L’ambassadeur en Égypte a notamment pointé les conséquences du retrait du Mali et du Burkina Faso de la CEDEAO, soulignant une perte significative de territoire, de population et de poids économique pour l’organisation. Il a également dénoncé l’inefficacité des instruments juridiques censés prévenir les coups d’État, en raison notamment de leur non-application et d’une certaine complaisance institutionnelle.
Pour sortir de cette impasse, M. Diakité préconise une refondation de l’État de droit et des réformes structurelles, incluant la limitation des mandats présidentiels, l’interdiction pour les auteurs de coups d’État de se présenter aux élections, ainsi que le renforcement des organes régionaux. Il a aussi plaidé pour des sanctions plus ciblées, afin d’éviter d’impacter les populations.
De son côté, l’ambassadeur en France, Baye Moctar Diop, a mis en lumière les limites des missions classiques de maintien de la paix, jugées inadaptées face à la complexité des conflits contemporains. Il a interrogé la prolifération des coalitions multinationales et des forces ad hoc, qui posent selon lui des problèmes de souveraineté, de coordination et de cohérence.
Citant plusieurs expériences africaines, il a reconnu les avancées de l’Union africaine en matière d’opérations de soutien à la paix, tout en soulignant les blocages internes et les rivalités entre organisations régionales. Il a également évoqué les limites des dispositifs comme le G5 Sahel ou certaines missions hybrides, appelant à repenser en profondeur l’architecture africaine de paix et de sécurité.
Malgré leur flexibilité et leur rapidité de déploiement, les coalitions ad hoc présentent de nombreuses insuffisances, notamment l’absence de commandement unifié et la coexistence d’acteurs aux intérêts divergents.
Face à ces défis, les deux diplomates appellent à une réforme ambitieuse du multilatéralisme africain, fondée sur une meilleure coordination, un respect effectif des principes démocratiques et un renforcement des capacités institutionnelles, condition indispensable à une paix durable sur le continent.