Les résultats à Paris, la capitale, et à Marseille, la deuxième ville française, sont particulièrement scrutées. À Paris, le candidat de gauche Emmanuel Grégoire, ancien bras droit de la maire socialiste Anne Hidalgo, arrive en tête avec 36,5 %, largement devant l'ex-ministre de droite de la Culture Rachida Dati avec 24,9 %, selon de premières estimations de Ipsos BVA Cesi.
À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sortent au coude-à-coude. Une estimation les place à égalité à 35,4 % des voix, signe d'une progression de l'extrême droite, qui avait fait moins de 20 % aux municipales de 2020.
L'ex-Premier ministre Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, qui a fait de ce scrutin un enjeu, est arrivé largement en tête avec 43,76 % des suffrages dans sa ville du Havre.
Le RN revendique la réélection dès le premier tour de plusieurs maires sortants
Le RN a remporté plusieurs de ses bastions dès le premier tour. À Beaucaire (Gard), le maire sortant RN Nelson Chaudon a été réélu. À Perpignan, Louis Aliot, réélu dimanche maire de Perpignan. Cet ancien proche de Jean-Marie Le Pen qui a joué un rôle déterminant dans la « dédiabolisation » du RN aux côtés de Marine, la fille de cette figure historique de l'extrême droite.
Steeve Briois, maire sortant RN de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le fief électoral de Marine Le Pen, a été largement réélu, avec 78 % des voix, faisant encore mieux que son score de 2020, selon des résultats provisoires. David Rachline, ancien poids lourd du Rassemblement national handicapé par une série d'affaires judiciaires, a annoncé dimanche soir avoir été réélu à Fréjus (Var) pour un troisième mandat avec 51,33 % des voix.
Le jeune député RN Bryan Masson, 29 ans, a été élu dès le premier tour à Cagnes-sur-Mer, quatrième ville la plus peuplée des Alpes-Maritimes située entre Nice et Antibes, mettant fin au règne du maire LR Louis Nègre, qui briguait un septième mandat.
Dans le duel fratricide niçois, Éric Ciotti, allié au RN, est en ballottage favorable avec 41,5 % selon les estimations Elabe, face à son ancien mentor, le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), qui accuse selon les premières estimations une dizaine de points de retard avec 31,8 %, à l'issue d'une campagne âpre qui a viré au rocambolesque.
Malgré ses appels à un barrage face à l'extrême droite dans la cinquième ville de France, le maire sortant, en lice pour un quatrième mandat et réélu avec près de 60% des voix en 2020, ne devrait pas pouvoir compter sur un éventuel retrait de la gauche.
Le RN veut amplifier sa dynamique en vue de la présidentielle de 2027
La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, déjà trois fois candidate à la présidentielle, s'est félicitée « de réelles chances de victoire » de son parti au second tour le 22 mars dans plusieurs villes.
Le parti d'extrême droite voit ces élections locales comme un premier jalon vers sa possible accession au pouvoir en 2027 après deux mandats consécutifs d'Emmanuel Macron dans un paysage politique fragmenté entre trois grands blocs, gauche, centre droit et extrême droite, avec des divisions fortes au sein de la gauche et de la droite.
L'extrême droite entend supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance, là aussi en vue de 2027. Encore peu implanté localement, le RN veut profiter de sa dynamique nationale pour gagner des villes.
Il présente un nombre record de listes, au moins 650 sur un total de quelque 35 000 communes. Jordan Bardella a précisé la stratégie de leur parti : « Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons », a-t-il indiqué, tout en ouvrant la porte à des alliances à droite. La France insoumise a fait sensation dans plusieurs villes
À l'autre bout de l'échiquier politique, LFI (gauche radicale) a fait sensation dans plusieurs villes : À Lille (Nord), où le maire socialiste Arnaud Deslandes, héritier de l'ex-ministre Martine Aubry, est au coude-à-coude autour de 25 %, selon les estimations, avec la candidate LFI Lahouaria Addouche, bien au-dessus des pronostics.
Autre exemple, Roubaix : le député Insoumis David Guiraud a récolté 45 % des voix. S'il l'emportait au second tour, Roubaix (environ 98 000 habitants) serait la plus grande ville gérée par LFI.
« Je voudrais un maire qui agit parce qu'il y a beaucoup de pauvreté, de misère, de délinquance, des problèmes de logements, dans l'éducation », témoigne Rébiah, 62 ans, qui a voté à Roubaix (Nord) où s'affrontent six listes.
La liste LFI-PCF a remporté 50,77% des voix à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, gagnant dès le premier tour la seconde ville d'Ile-de-France derrière Paris, face au maire socialiste sortant qui a obtenu près de 33% des suffrages. Bastion historique du communisme municipal tombé dans les mains du PS en 2020, Saint-Denis, depuis sa fusion avec Pierrefitte-sur-Seine, totalise environ 150 000 habitants.
Autre bastion de Seine-Saint-Denis, celui de La Courneuve, où la liste LFI conduite par le député Aly Diouara, 39 ans, est arrivée en tête du premier tour avec 38% des suffrages exprimés.
L'heure des alliances
Cette progression des deux mouvements qui s'étaient attachés à faire de cette campagne municipale un test géant pour la présidentielle de 2027 préjuge de tractations ardues d'ici au dépôt des listes pour le second tour de dimanche.
Dans de nombreuses villes, la question des alliances va être scrutée : les têtes de liste qualifiées ont jusqu'à mardi pour décider s'ils se maintiennent, fusionnent ou se désistent.
À gauche, l'inimitié entre le Parti socialiste et La France insoumise fait peser un risque de bascule sur certaines villes. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a « tendu la main » aux autres listes de gauche « partout où la droite et l'extrême droite menacent ».
À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sortent au coude-à-coude. Une estimation les place à égalité à 35,4 % des voix, signe d'une progression de l'extrême droite, qui avait fait moins de 20 % aux municipales de 2020.
L'ex-Premier ministre Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, qui a fait de ce scrutin un enjeu, est arrivé largement en tête avec 43,76 % des suffrages dans sa ville du Havre.
Le RN revendique la réélection dès le premier tour de plusieurs maires sortants
Le RN a remporté plusieurs de ses bastions dès le premier tour. À Beaucaire (Gard), le maire sortant RN Nelson Chaudon a été réélu. À Perpignan, Louis Aliot, réélu dimanche maire de Perpignan. Cet ancien proche de Jean-Marie Le Pen qui a joué un rôle déterminant dans la « dédiabolisation » du RN aux côtés de Marine, la fille de cette figure historique de l'extrême droite.
Steeve Briois, maire sortant RN de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le fief électoral de Marine Le Pen, a été largement réélu, avec 78 % des voix, faisant encore mieux que son score de 2020, selon des résultats provisoires. David Rachline, ancien poids lourd du Rassemblement national handicapé par une série d'affaires judiciaires, a annoncé dimanche soir avoir été réélu à Fréjus (Var) pour un troisième mandat avec 51,33 % des voix.
Le jeune député RN Bryan Masson, 29 ans, a été élu dès le premier tour à Cagnes-sur-Mer, quatrième ville la plus peuplée des Alpes-Maritimes située entre Nice et Antibes, mettant fin au règne du maire LR Louis Nègre, qui briguait un septième mandat.
Dans le duel fratricide niçois, Éric Ciotti, allié au RN, est en ballottage favorable avec 41,5 % selon les estimations Elabe, face à son ancien mentor, le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), qui accuse selon les premières estimations une dizaine de points de retard avec 31,8 %, à l'issue d'une campagne âpre qui a viré au rocambolesque.
Malgré ses appels à un barrage face à l'extrême droite dans la cinquième ville de France, le maire sortant, en lice pour un quatrième mandat et réélu avec près de 60% des voix en 2020, ne devrait pas pouvoir compter sur un éventuel retrait de la gauche.
Le RN veut amplifier sa dynamique en vue de la présidentielle de 2027
La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, déjà trois fois candidate à la présidentielle, s'est félicitée « de réelles chances de victoire » de son parti au second tour le 22 mars dans plusieurs villes.
Le parti d'extrême droite voit ces élections locales comme un premier jalon vers sa possible accession au pouvoir en 2027 après deux mandats consécutifs d'Emmanuel Macron dans un paysage politique fragmenté entre trois grands blocs, gauche, centre droit et extrême droite, avec des divisions fortes au sein de la gauche et de la droite.
L'extrême droite entend supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance, là aussi en vue de 2027. Encore peu implanté localement, le RN veut profiter de sa dynamique nationale pour gagner des villes.
Il présente un nombre record de listes, au moins 650 sur un total de quelque 35 000 communes. Jordan Bardella a précisé la stratégie de leur parti : « Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons », a-t-il indiqué, tout en ouvrant la porte à des alliances à droite. La France insoumise a fait sensation dans plusieurs villes
À l'autre bout de l'échiquier politique, LFI (gauche radicale) a fait sensation dans plusieurs villes : À Lille (Nord), où le maire socialiste Arnaud Deslandes, héritier de l'ex-ministre Martine Aubry, est au coude-à-coude autour de 25 %, selon les estimations, avec la candidate LFI Lahouaria Addouche, bien au-dessus des pronostics.
Autre exemple, Roubaix : le député Insoumis David Guiraud a récolté 45 % des voix. S'il l'emportait au second tour, Roubaix (environ 98 000 habitants) serait la plus grande ville gérée par LFI.
« Je voudrais un maire qui agit parce qu'il y a beaucoup de pauvreté, de misère, de délinquance, des problèmes de logements, dans l'éducation », témoigne Rébiah, 62 ans, qui a voté à Roubaix (Nord) où s'affrontent six listes.
La liste LFI-PCF a remporté 50,77% des voix à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, gagnant dès le premier tour la seconde ville d'Ile-de-France derrière Paris, face au maire socialiste sortant qui a obtenu près de 33% des suffrages. Bastion historique du communisme municipal tombé dans les mains du PS en 2020, Saint-Denis, depuis sa fusion avec Pierrefitte-sur-Seine, totalise environ 150 000 habitants.
Autre bastion de Seine-Saint-Denis, celui de La Courneuve, où la liste LFI conduite par le député Aly Diouara, 39 ans, est arrivée en tête du premier tour avec 38% des suffrages exprimés.
L'heure des alliances
Cette progression des deux mouvements qui s'étaient attachés à faire de cette campagne municipale un test géant pour la présidentielle de 2027 préjuge de tractations ardues d'ici au dépôt des listes pour le second tour de dimanche.
Dans de nombreuses villes, la question des alliances va être scrutée : les têtes de liste qualifiées ont jusqu'à mardi pour décider s'ils se maintiennent, fusionnent ou se désistent.
À gauche, l'inimitié entre le Parti socialiste et La France insoumise fait peser un risque de bascule sur certaines villes. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a « tendu la main » aux autres listes de gauche « partout où la droite et l'extrême droite menacent ».