Nouveaux pourparlers entre l'Iran et les États-Unis à Genève sur fond de menace militaire

L'Iran et les États-Unis se retrouvent jeudi 26 février pour une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel « ni guerre ni paix », selon les mots du président iranien. Mais quelques heures avant l'ouverture de ces discussions à Genève, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a fait part d'« un gros problème », accusant Téhéran de refuser de parler de son programme de missiles balistiques.



► L'Iran et les États-Unis entament un troisième round de négociations informelles à Genève ce jeudi 26 février. La République islamique souhaite limiter les négociations au volet nucléaire et exige la levée des sanctions qui étranglent son économie.
 
► Depuis janvier, l’Iran et les États-Unis se disent ouverts au dialogue mais aussi prêts à l'action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios. Le président américain Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu'il préfère une résolution du différend par la diplomatie, mais a accusé, mardi 24 février, Téhéran d'avoir de « sinistres ambitions nucléaires ».
L'Iran ne cherche « pas du tout » à avoir des armes nucléaires, affirme son président
Jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré que son pays ne cherchait pas à se procurer des armes nucléaires, au moment où doivent reprendre les pourparlers avec les États-Unis. « Notre guide suprême [l'ayatollah Ali Khamenei, NDLR] a déjà déclaré que nous n'aurons pas du tout d'armes nucléaires », a affirmé le président lors d'un discours. « Même si je voulais aller dans cette direction, je ne le pourrais pas, d'un point de vue doctrinal, je n'y serais pas autorisé. »
 
 « Donald Trump ne sait pas lui-même ce qu'il va faire », selon Robert Malley
Des délégations iranienne et américaine se retrouvent à Genève jeudi 26 février pour de nouvelles négociations sur le nucléaire iranien. Une rencontre « décisive », observe Robert Malley, ancien conseiller pour le Moyen-Orient des présidents Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden, enseignant en relations internationales à l’université de Yale. « Si l'objectif est réellement de se concentrer sur le programme nucléaire iranien, il pourrait y avoir un accord à portée de main qui serait supérieur à celui de 2015 », selon lui. Reste à savoir « si c'est ce que recherche le président Donald Trump », alors que les Américains déploient actuellement d’importants moyens militaires à proximité de l'Iran. « Il est difficile d'envisager une telle mobilisation sans qu'il y ait une frappe », observe Robert Malley en faisant part d’un certain « pessimisme » face à l'hypothèse d'une guerre qui n’aurait pas de « fondement légal ».
La Maison Blanche continue d'agiter le spectre d'une intervention militaire. Si le régime iranien ne cède pas à propos de la poursuite de son programme nucléaire, beaucoup de questions restent en suspens au sujet de la stratégie américaine. Qu'il décide de frapper ou de jouer la carte diplomatique, le président américain reste très flou sur ces thèmes cruciaux.
 
Donald Trump a levé une partie du mystère lors de son discours sur l’état de l’Union : il amasse des troupes dans la région afin d’empêcher l’Iran de fabriquer une bombe nucléaire, explique notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. Mais la Maison Blanche ne va toujours pas dans le détail. À ce stade, on sait que Washington veut du concret sur trois axes : le nucléaire, le programme balistique de l’Iran et le soutien de Téhéran aux groupes armés, comme le Hezbollah libanais ou les Houthis au Yémen.

 
Mais quelles sont les lignes rouges pour éviter des frappes américaines ? Quel est par exemple le niveau d’enrichissement d’uranium acceptable pour Washington ? Certains parlent de 5%, mais il n’y a rien d’officiel. Et si l’Iran rechigne, les États-Unis visent-ils à terme un changement de régime ? C’est impossible à dire.
 
Et si à l’inverse, Téhéran donne des gages sérieux, faut-il s’attendre à une levée progressive des sanctions économiques ? Le flou persiste. La semaine dernière, Donald Trump s’était donné 10 à 15 jours pour prendre une décision. Il a encore répété cette semaine qu’il préférait la solution diplomatique.
 
Malgré les divergences, l'Iran assure qu'un accord est « à portée de main », selon le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une « opportunité historique ». Le président Massoud Pezeshkian a pour sa part évoqué une « perspective favorable », disant espérer sortir de « cette situation "ni guerre ni paix" ».
 
Les États-Unis sont représentés par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner.

RFI

Jeudi 26 Février 2026 09:02


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