Nouvelles variétés agricoles au Sénégal: un parc d’innovations installé à Thiès

​De nouvelles variétés agricoles seront introduites dans le système production nationale. Pour ce faire, le Centre régional d’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), un démembrement de l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA), a installé à Thiès un parc d’innovations agricoles dénommé «Technology Park». Il a fait l’objet d’une visite de terrain lors d’une tournée d’échanges et de partage sur des activités de recherche et de formation en cours, intitulée « École d’hivernage ».



L’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA), qui organise chaque année des journées de pré-programmation, à travers, pour 2020, une tournée d’échanges et de partage sur des activités de recherche et de formation en cours, intitulée « école d’hivernage », ne se fait aucun doute sur le fait que « malgré la multitude de recherches déjà développées, l’adoption et la mise en œuvre par les producteurs restent à un niveau encore ‘’très faible’’, évalué à moins de 30% ».

À travers ces journées, indique Ndjito Ardo Kane, Chercheur à l’ISRA et Directeur du Centre Régional d’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), « il s’agit de partager les activités de recherches et les résultats, avec les partenaires techniques et financiers. Avec l’objectif de discuter avec eux pour voir s’il n’y a pas de nouveaux besoins de recherches, pour répondre aux préoccupations des populations ». Ces journées étalées cette année sur une semaine, qui mèneront les ingénieurs agronomes à Thiès, à Kolda, en passant par Bambey, Nioro, Séfa, Kaffrine Kaolack, Tambacounda, devront permettre aux acteurs, d’« aller vers les producteurs pour voir les raisons de l’utilisation ou de la non-utilisation des produits de nos innovations ».

L’organisation de visites guidées facilitera le regroupement de tous les paysans de la zone, pour leur faire observer la différence entre la pratique paysanne traditionnelle et les innovations mises au point par la recherche. Une tournée lancée à Thiès, avec en particulier la visite du parc d’innovations agricoles dénommé « Technology Park », installé par le CERAAS, un démembrement de l’ISRA, sur une ferme de 20 hectares et financé par le CERAAS et l’Université du Kansas aux EtatsUnis, pour une durée de 5 ans.

De nouvelles variétés agricoles y sont développées par les techniciens et leur itinéraire technique est scrupuleusement suivi, comparativement à celui des variétés traditionnelles, qui cohabitent avec les nouvelles. Aliou Faye, responsable du parc technologique, distingue « trois variétés de mil (‘’taaw’’, ‘’yaakar’’, ‘’rafet kaar’’), cinq variétés de sorgho, neuf d’arachide, sept de niébé, 13 variétés de sésame, dont cinq homologuées au Sénégal ». Il s’agit là, de « semences qui présentent des avantages comparatifs en termes de rendement, de qualité nutritionnelle pour l’alimentation humaine et de production de biomasse pour le fourrage », renseigne l’ingénieur. Qui annonce par ailleurs que « dans l’avenir 23 autres innovations ont été identifiées et qui tiennent compte de toute la chaîne de valeur des cultures, de la production à la consommation en passant par la transformation ».

Les techniciens qui se sont rendus compte d’un «plus grand développement de la faune, au niveau des nouvelles variétés d’arachide », comptent démontrer aux paysans une telle révolution, d’autant plus que, souligne Aliou Faye, « la production arachidière ne concerne plus seulement les gousses, mais il y a aussi la fane qui constitue un véritable trésor. Et cela constitue en tout cas un critère de choix pour les paysans. D’où la nécessité du changement de paradigmes, qui est en train de s’opérer dans la recherche ».

Sur la pertinence de l’investissement de la recherche sur les variétés (mil) à « double usage », le Directeur du CERAAS, Ndjito Ardo Kane, d’indiquer : « nous sommes dans un contexte de pays semi-aride, où la nourriture des animaux pose problème à un certain moment. C’est une des raisons pour lesquelles la recherche se focalise maintenant sur ces variétés à ‘’double usage’’. Il s’agit de faire en sorte qu’il y ait une bonne production de graines pour la nourriture humaine, mais aussi une bonne production de biomasse pour la nourriture des animaux. Ce changement de production est devenu une réalité ». Et de rassurer : « on a commencé par ces variétés, mais au fil du temps on va introduire d’autres innovations ».

Le Témoin

AYOBA FAYE

Mercredi 2 Septembre 2020 10:03


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