Objectif 2030 : L'ANA veut produire 20 000 tonnes de poisson et créer 26 000 emplois



L’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) a dévoilé ce mardi à Dakar son Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, une feuille de route ambitieuse visant à transformer radicalement le secteur. Doté d'un portefeuille de 36,5 milliards de francs CFA, ce plan se donne pour objectifs de produire 20 000 tonnes de poisson par an à l’horizon 2030 (contre 3 049 tonnes en 2025) et de générer 26 000 emplois. Pour atteindre ces chiffres, le directeur général de l'ANA, Samba Ka, mise sur un recours massif aux partenariats public-privé (PPP), l'État se concentrant désormais sur l'encadrement technique et la planification plutôt que sur la production.

 

L'urgence de cette stratégie est dictée par la pression croissante sur les ressources halieutiques. Le Sénégal, dont les captures annuelles stagnent autour de 400 000 tonnes, doit impérativement développer des solutions alternatives à la pêche de capture pour assurer sa souveraineté alimentaire. Selon Mamadou Abibou Diagne, secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Économie maritime, il s'agit de « reconstruire l’économie aquacole » en sécurisant les investissements privés pour faire de la filière un secteur rentable et durable.

 

Le succès de ce plan reposera sur la résolution de maillons critiques, au premier rang desquels figure l'alimentation des espèces aquacoles. Le ministère des Pêches a insisté sur la nécessité d'investissements massifs dans la recherche, l'amélioration des souches, les infrastructures et la santé animale. En facilitant l'accès aux capitaux et en garantissant la cohérence de l'activité, l'ANA espère ainsi faire basculer l'aquaculture sénégalaise dans une ère industrielle capable de répondre aux défis alimentaires et climatiques du pays.



Mercredi 13 Mai 2026 00:13


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