Opération Sangaris: peu à peu, Bangui reprend vie

Il y a tout juste un an, la France lançait l'opération Sangaris en Centrafrique, une intervention destinée à mettre fin aux violences. Un an après, la situation a radicalement changé. A Bangui, la capitale de la RCA, la vie a repris. Les humanitaires s’inquiètent néanmoins de la sécurité sur les routes de l'intérieur du pays. Elles restent encore peu sûres, ce qui entrave leur action.



Un an après le lancement de l'opération Sangaris, la vie reprend à Bangui. AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Un an après le lancement de l'opération Sangaris, la situation à Bangui a radicalement changé. La vie a repris, même si la capitale n'est pas encore a l'abri de rechutes. Pour Claire Bourgeois, la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA, la réduction du nombre de personnes déplacées est un bon indicateur de l'amélioration de la situation.

« Il y a encore énormément à faire mais le nombre de personnes déplacées, qui était autour de 400 000 en janvier-février 2013, est actuellement à moins de 60 000 autour de Bangui », explique Claire Bourgeois à RFI. « La vie a repris : les écoles ont rouvert pour la majorité, les services de santé reprennent également, les marchés ouvrent… La situation à Bangui est absolument différente de ce qui prévalait il y a un an », poursuit-elle. « Il faut savoir que 70% des gens actuellement encore déplacés viennent du 3e arrondissement de la capitale. Ces personnes sont prêtes à rentrer chez elle si la sécurité est rétablie dans leur quartier. J’ai bon espoir que le nombre de gens qui vont rentrer va encore fortement augmenter. »

L'insécurité des routes entrave l'action des humanitaires

Mais si la vie a pu reprendre à Bangui, les routes de l'intérieur du pays restent encore peu sûres. Cette insécurité entrave l'action des humanitaires. « Ce qui nous préoccupe beaucoup, sur le plan humanitaire, c’est l’accès. Sur certains axes, les humanitaires sont malheureusement arrêtés par des groupes, des gangs, des coupeurs de route. Des paiements sont demandés, des téléphones portables sont pris ou bien ce sont des vols sur les convois alimentaires ou d’autres convois d’assistance humanitaire », rapporte la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA.

« Sur certains axes, cela prend une ampleur telle que l’accès est vraiment limités pour les humanitaires. Nous travaillons avec les autorités et les préfets pour qu’ils puissent intervenir autour de ces bandes. Nous travaillons également avec les forces pour avoir plus de patrouilles mais en tant qu’humanitaires nous refusons toutes escortes. Il faut que notre assistance soit vraiment comprise par tous. C’est une assistance pour tous, impartiale et neutre, pour laquelle le libre passage doit être assuré », explique Claire Bourgeois.


Rfi.fr

Samedi 6 Décembre 2014 09:50


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