Opinion-La Franc-maçonnerie, parlons-en !



L’histoire de la franc-maçonnerie, pour ce qu’on en sait, remonte au XIVe siècle. Les confréries de bâtisseurs anglais qui bénéficiaient de franchises fiscales décidées par le roi, organisaient la transmission de leur secret dans des loges sous le contrôle d’un maître maçon. Ce qui est extraordinaire avec ses adeptes, c’est la place qu’il accorde à la protection de leur secret. Ils s’inspirent, dans leur résistance à livrer leur secret, à un personnage biblique appelé Hiram de Tyr, architecte qui, engagé par Salomon sur le chantier du Temple, n’a pas cédé sous la torture et garda intact son secret. Depuis le XVIIIe Siècle, elle était devenue, sous la houlette de la noblesse, un moyen d’ascension sociale par la classe marchande britannique. En France, deux loges verront le jour : la Grande Loge de France, qui se dote en 1738 d’un Grand Maître, le duc d’Antin et le Grand Orient de France (GODF) sous la direction du duc de Chartres, futur Philippe Égalité. Cette dernière loge, plus catégorique, écarte de sa constitution toute pratique liée à la religion à partir de 1877. De l’autre côté, la Grande loge de France (GLDF) se refaire à partir de 1894 à un « Grand Architecte de l’Univers » ; une conception symbolique qui n’a aucun rapport avec le monothéisme chrétien ou musulman. A partir de 1948, apparaîtra la Grande Loge nationale française (GLNF).

Toutes ces obédiences ténébreuses ont en commun beaucoup de choses du point de vu du but poursuivi, des symboles maçonniques utilisés, des modes de recrutement, du devoir du maçon, de leur vision sceptique ou ambiguë pour ce qui concerne les religions révélées, de leur mode d’organisation et de leur approche de la politique. Pour quelqu’un qui se réclame de l’islam par exemple, il devient bizarre qu’il puisse accepter d’être parrainé par un mécréant, accepter de subir des rites initiatiques en portant des tabliers graduels à la place de nos beaux boubous, avec à la main des maillets… signe d’autorité, à l’ouverture et à la fin des travaux maçonniques. Ces rites sataniques qui se font avec l’usage d’outils comme les compas, niveaux, truelles, équerres etc. et qui accordent une attention particulière aux formes triangulaires et rectangulaires et à des chiffres comme le trois, le cinq, et le sept masquent leur mépris vis-à-vis des peuples de spiritualité monothéiste par des actions dites de charité ; ils cherchent à s’accaparer des leviers de nos Etats par tous les moyens conventionnels et non conventionnels et donnent aux pauvres juste ce qu’il faut pour les maintenir dans leur trou de déche gravissime.

Une hypocrisie jamais modérée arme leur dénomination d’Enfants de la lumière qui oeuvrent pour l’éveil des consciences en enseignant une philosophie morale dans un principe guidé par la fraternité et l’égalité. Ils réfutent l’existence d’hiérarchie en leur sein mais ont tout de même un « vénérable » à leur tête, et un collège d’officiers : orateur, surveillant, secrétaire, trésorier, etc. Un grand maître préside l’obédience, une fédération de loges communément appelée maçonnerie bleue, des loges composées de frères de trois premiers rangs que sont les apprentis, les compagnons et les maîtres. La révélation de notre cher président expliquerait-t-elle son attachement à cette couleur bleue très symbolique chez les adeptes de cette maçonnerie bleue portée généralement vers un certain type de libéralisme? Il est souvent arrivé que le drapeau bleu de son parti rivalise d’ardeur avec celui légal de la république lors de certaines manifestations à priori républicaines.

Le pape Clément XII excommunie en 1738 tous ceux qui se réclamaient de la franc-maçonnerie pour hérésie par la bulle In eminenti suivi par la condamnation de Benoît XIV dans la bulle Providas en 1751 et par l’encyclique Humanum genus de Léon XIII (1884). Ce dernier parle de pratique satanique.

Les « fracassantes révélations » sur la franc-maçonnerie publiées par Léo Taxil à la fin du XIXe siècle va porter un sacré coût à l’ordre. Même le dictateur Hitler les jettera à la poubelle plus tard. Il les déclarera persona non grata en Allemagne. D’autres pays lui emboîteront le pas. Que l’on nous parle de Jules Ferry, Mozart, Emile Littré, Léon Tolstoï, Roosevelt, Franklin etc. n’y change rien : si cette pratique était bonne pour l’humanité, ses adeptes ne la cacherait pas comme un bien mal acquis à moins qu’ils soient des égoïstes de première catégorie; elle n’aurait pas concerné que moins de six millions cinq cent membres dans ce monde qui compte plusieurs milliards d’habitants. C’est une minorité d’athées et de rapaces qui cherchent à gouverner le temporel et le spirituel de la majorité. Et surtout qu’on arrête de nous opposer : « C’est sa vie privée ». Ce n’est pas fortuit lorsqu’on effectue des enquêtes de moralité avant la nomination à de hautes responsabilités au sommet d’un Etat normal.

Avec cette alternance que nous considérons toujours comme une arête dans la gorge de l’histoire de notre pays, attendons-nous à d’autres révélations tirées de leur livre des éminentes insolites. Un lettré lisait son livre saint et traduisait pour NGor Diégane. Après chaque verset traduit, le lettré disait à son interlocuteur : « n’est ce pas NGor ? » Las d’entendre le même refrain, NGor lui cria: « Tu n’as qu’à me raconter ce que tu veux puisque tu sais bien que je n’y comprends rien, je n’ai aucune preuve concernant la véracité de tes dires. » Aux Etats-Unis, après sa sortie de l’ordre, le frère William Morgan fut enlevé par ses pairs en 1821 de peur qu’il ne dévoile leur secret. Suite à cela, ils seront traqués dans ce pays. D’où notre question ; peut-on entrer et sortir de la franc-maçonnerie comme s’il s’agissait de sa chambre à coucher ? Au nom du Tout puissant, qu’on arrête de nous balancer des propos du genre : « j’étais franc-maçon mais je ne le suis plus ». Notre problème se trouve ailleurs.

Puisqu’on est dans l’incapacité à régler les difficultés du peuple, qu’on se dote au moins d’une sortie démocratique et laisse à d’autres leaders patriotes la latitude de corriger les nombreuses failles enregistrées dans les différents secteurs de la vie de la nation. Qu’il essaie de faire la bonne lecture du refus des populations de Touba de sortir l’accueillir en masse récemment. « Dakar refuse Karim », et Touba affiche son indifférence à WADE. Quelle poisse soudaine ! Est-il vrai que « la politique est la case des fauves » comme le soutient l’écrivain Biton Isaïe KOULIBALY ? Pas toujours, elle peut aussi être la case de l’éthique si la volonté de l’assainir sous nos cieux nous habite. Toutefois, restons vigilants car l’éternel duel entre le bien et le mal rend lugubre notre destin depuis que la puissance s’est mise au service du pire au détriment du meilleur.

Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar), Silence ! On s’aime (poésie)
Editions Le Manuscrit Paris mars 2008
E-mail : ndickedieye@yahoo.fr

Tafsir Ndické DIEYE

Mercredi 11 Février 2009 17:33


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