Les images étaient insoutenables. Des corps de jeunes sénégalais repêchés un à un par les Sapeurs-pompiers. Selon des sources, la Marine nationale avait reçu un signalement qu’une pirogue avait quitté Mboro pour se rendre en Espagne. Très rapidement, un dispositif de surveillance a été mis en place. Mais le problème était que la pirogue semblait ne pas prendre le chemin de l’Espagne.
En fait, après Mboro, l'embarcation a fait plusieurs tours. En effet, la pirogue est descendue à Kayar, ensuite s’est retrouvée de l’autre côté de Dakar, à Thiaroye précisément à Yarakh, puis à hauteur du village artisanal de Soumbédioune. C’est à partir de là qu’un navire de patrouille de la Marine s’est lancé à leur poursuite.
Selon les témoins, les occupants ont refusé de coopérer voulant prendre la fuite. Sachant qu’il ne peut pas échapper, des sources révèlent, le capitaine de la pirogue a voulu accoster à Ouakam à hauteur de la Mosquée de la divinité. Selon toujours les témoins, les candidats se sont jetés en mer. Ceux qui savent nager se sont sauvés et les autres se sont noyés ».
«On a vu les autres candidats fuir»
Gora Sène, pêcheur domicilié à Ouakam dit avoir parlé avec l’un des rescapés qui est revenu sur les faits. «J'ai parlé avec l'un des rescapés. Il m'a affirmé qu'ils étaient plus de 50 personnes dans la pirogue pour se rendre en Espagne. Brièvement, il m'a expliqué qu'ils ont été éconduits par les éléments de la marine.
Après une course-poursuite, le capitaine de la pirogue voulait accoster à Ouakam, mais il a heurté des rochers et l'embarcation s'est retrouvée coincée. J'ai vu 15 personnes repêchées par les sapeurs-pompiers. D'ailleurs, en venant au quai, on a croisé des gens qui couraient vers la sortie. Je croyais qu'ils étaient des lutteurs qui s'entraînaient. C'est après que je me suis rendu compte qu'ils étaient dans la pirogue. Ils ont réussi à prendre la fuite. C'est vraiment triste. »
« La pirogue a été percutée... »
Les faits se sont déroulés dans la nuit de dimanche à lundi vers 3h du matin. Contrairement à ce qui se dit, la pirogue n’a pas chaviré, selon Douada Ndiaye, vice-président du quai de pêche de Ouakam. «C'est vers 3h30 que le gardien du quai m'a informé du drame. Rapidement, je me suis rendu sur les lieux. J'ai trouvé les sapeurs-pompiers et d'autres autorités. Au début, 3 corps sans vie avec des sac à dos étaient sur la plage ainsi que 2 rescapés. Lesquels ont été conduits à l'hôpital par les gendarmes. Quand, ils les ont ramenés à la plage, j'en ai profité pour discuter avec ces 2 jeunes. L'un vient de Touba et l'autre habite à Mboro. Ils m'ont affirmé qu'il devait se rendre en Espagne. Je leur ai demandé où ils ont pris le départ. Ils m'ont dit qu'ils ne connaissaient pas le lieu exact ».
Pour ce voyage dans des conditions dangereuses, les candidats ont payé entre 400.000 et 500.000 FCFA aux passeurs. Celui qui vient de Touba a dit avoir remis 500 000 FCfa. L'autre dit avoir versé 400 000 FCfa. Ils ont dit qu'ils étaient environ 50 personnes à bord. Ils ont révélé que 3 navires de la Marine nationale les ont pris en chasse. Sur le feu de l'action, l'un des bateaux a percuté leur pirogue. Le capitaine a manœuvré pour accoster à la plage, mais la pirogue s'est coincée entre les rochers. Avec la marée haute, la pirogue a atteint la plage. Mais elle n'a pas chaviré. D'ailleurs, les bouteilles remplies d'essence et d'autres affaires étaient encore à bord. « Je fais partie de ceux qui ont aidé les gendarmes à faire descendre les bagages. En réalité, la pirogue n'a pas chaviré », a confié vice-président du quai de pêche de Ouakam.
La version et la menace du ministre de l’Intérieur
Interpellé par les journalistes sur les premiers éléments de l’enquête sur ce drame maritime, Félix Antoine Diome explique : «quand un phénomène est survenu, il y a toujours des premiers renseignements et au moment où nous parlons, les premiers renseignements font état de la provenance de la pirogue à partir de Thiaroye, en ayant fait escale à Yarakh».
Avant d'ajouter : «Tout cela est encore provisoire. Il faudra évidemment attendre les auditions, les recoupements ainsi que l’exploitation de toutes les données à notre possession plus tard pour avoir une certitude sur la provenance de la pirogue mais également les circonstances dans lesquelles celle-ci a chaviré».
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique met en garde les convoyeurs, qui selon lui, seront traqués et punis. «Nous vous promettons que les organisateurs seront vigoureusement traqués et punis selon la loi. J’invite les jeunes à rester au Sénégal qui a besoin de sa jeunesse pour se développer. Je les exhorte à prendre les bonnes voies connues de tous pour migrer», a déclaré Antoine Félix Diome.
Il est revenu également sur le plan décennal de lutte contre l’émigration clandestine. «L’instauration du comité interministériel de lutte contre l’émigration clandestine au sein du ministère de l’Intérieur en 2021 va bientôt porter ses fruits. Les travaux seront validés le 27 juillet prochain. C’est une politique de lutte contre ce fléau après consultation de plusieurs acteurs qui est mise en place. Elle va durer 10 ans. C’est un plan qui va de 2023 à 2033. Le plan opérationnel sera mis en place juste après sa validation», fait-il savoir.
« l'Etat banalise ces morts »
En réaction à ce drame, le président de Horizon Sans Frontières, Boubacar Seye, estime que « l'Etat banalise ces morts ». Il assimile le phénomène migratoire à une « situation de guerre ». M. Seye fustige la posture de l'Etat qui selon lui aggrave les choses. Il demande l'ouverture d'une information judiciaire afin de diligenter une enquête sur les circonstances de ce drame et de convoquer des états généraux sur l’émigration irrégulière.
En fait, après Mboro, l'embarcation a fait plusieurs tours. En effet, la pirogue est descendue à Kayar, ensuite s’est retrouvée de l’autre côté de Dakar, à Thiaroye précisément à Yarakh, puis à hauteur du village artisanal de Soumbédioune. C’est à partir de là qu’un navire de patrouille de la Marine s’est lancé à leur poursuite.
Selon les témoins, les occupants ont refusé de coopérer voulant prendre la fuite. Sachant qu’il ne peut pas échapper, des sources révèlent, le capitaine de la pirogue a voulu accoster à Ouakam à hauteur de la Mosquée de la divinité. Selon toujours les témoins, les candidats se sont jetés en mer. Ceux qui savent nager se sont sauvés et les autres se sont noyés ».
«On a vu les autres candidats fuir»
Gora Sène, pêcheur domicilié à Ouakam dit avoir parlé avec l’un des rescapés qui est revenu sur les faits. «J'ai parlé avec l'un des rescapés. Il m'a affirmé qu'ils étaient plus de 50 personnes dans la pirogue pour se rendre en Espagne. Brièvement, il m'a expliqué qu'ils ont été éconduits par les éléments de la marine.
Après une course-poursuite, le capitaine de la pirogue voulait accoster à Ouakam, mais il a heurté des rochers et l'embarcation s'est retrouvée coincée. J'ai vu 15 personnes repêchées par les sapeurs-pompiers. D'ailleurs, en venant au quai, on a croisé des gens qui couraient vers la sortie. Je croyais qu'ils étaient des lutteurs qui s'entraînaient. C'est après que je me suis rendu compte qu'ils étaient dans la pirogue. Ils ont réussi à prendre la fuite. C'est vraiment triste. »
« La pirogue a été percutée... »
Les faits se sont déroulés dans la nuit de dimanche à lundi vers 3h du matin. Contrairement à ce qui se dit, la pirogue n’a pas chaviré, selon Douada Ndiaye, vice-président du quai de pêche de Ouakam. «C'est vers 3h30 que le gardien du quai m'a informé du drame. Rapidement, je me suis rendu sur les lieux. J'ai trouvé les sapeurs-pompiers et d'autres autorités. Au début, 3 corps sans vie avec des sac à dos étaient sur la plage ainsi que 2 rescapés. Lesquels ont été conduits à l'hôpital par les gendarmes. Quand, ils les ont ramenés à la plage, j'en ai profité pour discuter avec ces 2 jeunes. L'un vient de Touba et l'autre habite à Mboro. Ils m'ont affirmé qu'il devait se rendre en Espagne. Je leur ai demandé où ils ont pris le départ. Ils m'ont dit qu'ils ne connaissaient pas le lieu exact ».
Pour ce voyage dans des conditions dangereuses, les candidats ont payé entre 400.000 et 500.000 FCFA aux passeurs. Celui qui vient de Touba a dit avoir remis 500 000 FCfa. L'autre dit avoir versé 400 000 FCfa. Ils ont dit qu'ils étaient environ 50 personnes à bord. Ils ont révélé que 3 navires de la Marine nationale les ont pris en chasse. Sur le feu de l'action, l'un des bateaux a percuté leur pirogue. Le capitaine a manœuvré pour accoster à la plage, mais la pirogue s'est coincée entre les rochers. Avec la marée haute, la pirogue a atteint la plage. Mais elle n'a pas chaviré. D'ailleurs, les bouteilles remplies d'essence et d'autres affaires étaient encore à bord. « Je fais partie de ceux qui ont aidé les gendarmes à faire descendre les bagages. En réalité, la pirogue n'a pas chaviré », a confié vice-président du quai de pêche de Ouakam.
La version et la menace du ministre de l’Intérieur
Interpellé par les journalistes sur les premiers éléments de l’enquête sur ce drame maritime, Félix Antoine Diome explique : «quand un phénomène est survenu, il y a toujours des premiers renseignements et au moment où nous parlons, les premiers renseignements font état de la provenance de la pirogue à partir de Thiaroye, en ayant fait escale à Yarakh».
Avant d'ajouter : «Tout cela est encore provisoire. Il faudra évidemment attendre les auditions, les recoupements ainsi que l’exploitation de toutes les données à notre possession plus tard pour avoir une certitude sur la provenance de la pirogue mais également les circonstances dans lesquelles celle-ci a chaviré».
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique met en garde les convoyeurs, qui selon lui, seront traqués et punis. «Nous vous promettons que les organisateurs seront vigoureusement traqués et punis selon la loi. J’invite les jeunes à rester au Sénégal qui a besoin de sa jeunesse pour se développer. Je les exhorte à prendre les bonnes voies connues de tous pour migrer», a déclaré Antoine Félix Diome.
Il est revenu également sur le plan décennal de lutte contre l’émigration clandestine. «L’instauration du comité interministériel de lutte contre l’émigration clandestine au sein du ministère de l’Intérieur en 2021 va bientôt porter ses fruits. Les travaux seront validés le 27 juillet prochain. C’est une politique de lutte contre ce fléau après consultation de plusieurs acteurs qui est mise en place. Elle va durer 10 ans. C’est un plan qui va de 2023 à 2033. Le plan opérationnel sera mis en place juste après sa validation», fait-il savoir.
« l'Etat banalise ces morts »
En réaction à ce drame, le président de Horizon Sans Frontières, Boubacar Seye, estime que « l'Etat banalise ces morts ». Il assimile le phénomène migratoire à une « situation de guerre ». M. Seye fustige la posture de l'Etat qui selon lui aggrave les choses. Il demande l'ouverture d'une information judiciaire afin de diligenter une enquête sur les circonstances de ce drame et de convoquer des états généraux sur l’émigration irrégulière.