Ouganda: Yoweri Museveni déclaré vainqueur de l'élection présidentielle

Selon les résultats finaux annoncés, ce samedi 17 janvier, par la Commission électorale, Yoweri Museveni est réélu à la présidence avec 71,65 % des voix contre 24,72 % pour son principal opposant Bobi Wine, à l'issue du scrutin du 15 janvier dernier.



En Ouganda, le président Yoweri Museveni, 81 ans dont 40 déjà passés au pouvoir, briguait un septième mandat consécutif et est donc réélu pour cinq ans supplémentaires à la tête de l'Ouganda. Lui qui, en 1986, brocardait les dirigeants africains qui restaient au pouvoir trop longtemps.

Dans le camp présidentiel, on se félicite d'une campagne savamment orchestrée par le parti au pouvoir. Interrogé sur la chaîne ougandaise UBC, le secrétaire général du NRM, Richard Todwong : « Nous connaissions la feuille de route, nous connaissions le calendrier, nous avons effectué de nombreuses préparations internes et procédé à la mise à jour de nos électeurs. Le NRM comptait déjà près de 14,6 millions d’électeurs enregistrés dans le système de la Commission électorale. L’étape suivante consistait donc à élaborer une stratégie de campagne destinée à mobiliser ces membres pour qu’ils aillent voter. C’est pourquoi notre campagne était profondément structurelle. »

Carol Valade
Une mobilisation nationale relativement faible selon la commission électorale avec un taux de participation à 53%, plus bas qu’en 2021. Pour l’opposition, les résultats annoncés sont frauduleux. L’avocat Benjamin Katana, cadre du NUP, le parti du candidat Bobi Wine : « Nous rejetons les résultats parce que nous sommes convaincus qu’ils ne reflètent pas la volonté du peuple. Nous avons tenté de comparer ce qui a été présenté avec ce que nous avons à partir des formulaires de dépouillement des divers bureaux de vote du pays. Il est très clair que les résultats ne correspondent pas, et cela s’ajoute à l’ensemble des irrégularités qui ont entaché le processus. Nous rejetons ces résultats, que nous jugeons illégitimes et frauduleux. »

Incertitude autour du sort du candidat de l’opposition Bobi Wine
Dans un message sur les réseaux sociaux, Bobi Wine, lui, affirme avoir échappé à un raid des forces de sécurité contre son domicile. En cette mi-journée de ce samedi 17 janvier, l'opposant affirme être en fuite : « La nuit dernière a été très difficile, chez nous, à Maguéré [un quartier de Kampala]. L'armée et la police ont fait une descente. Je tiens à confirmer que j'ai réussi à leur échapper. » Dans son communiqué, Bobi Wine déclare également ne plus être chez lui, mais que sa femme et d'autres membres de sa famille sont toujours assignés à résidence.

Plus tôt, le porte-parole de la police avait démenti, devant des journalistes, toute tentative d'arrestation. Il a rejeté aussi les allégations de blocage du domicile de Bobi Wine et évoqué « des points de contrôle dans des zones sensibles en matière de sécurité. » Des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP) disent avoir été empêchés d'accéder à la résidence de l'opposant, tôt ce samedi matin.

Au moment où Bobi Wine enregistre sa vidéo, ce samedi matin, la réélection de Yoweri Museveni n'est pas encore proclamée, mais Bobi Wine déclare que, quels que soient les résultats annoncés par la commission électorale, ils seront faux. Il dénonce des élections truquées, des chiffres fabriqués, demande la publication des procès-verbaux originaux en ligne et appelle les Ougandais à des manifestations non violentes.

Par ailleurs, plusieurs acteurs de la société civile régionale dénoncent le climat de répression violente autour de ce scrutin et des fraudes électorales. D'autres chiffres sont attendus, car jeudi ont eu lieu aussi les élections législatives.

RFI

Dimanche 18 Janvier 2026 09:30


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