Ousmane Sonko-Diomaye Faye : chronique d’une libération saugrenue

Il y a un an, Pierre Goudiaby Atépa évoquait les retrouvailles entre Sonko et Macky Sall. « Mon souhait est de réconcilier Sonko et Macky Sall », avait-il dit. À l'époque, il était critiqué de toutes parts. Mais il a réussi à résister à la tempête, tel un roseau en plein vent. Pendant ce temps, il y a eu beaucoup d'eau qui a coulé sous le pont. L'idée était restée dans un état de léthargie. Aucun crédit n’était accordé aux pensées de Pierre Goudiaby. Au point que certains le toisaient et faisaient dans l’ironie.



Des mois après surviennent des évènements qui anéantiront le souhait du bâtisseur, Atépa. Ousmane Sonko sera, d’abord, condamné dans l’affaire Adji Sarr par contumace ensuite dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang, à six mois de prison avec sursis pour diffamation et injures publiques. Le maire de Ziguinchor avait accusé M. Niang, alors ministre de la Jeunesse, d’avoir été mis en cause par un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) dans la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC).

Rappelons qu’Ousmane Sonk a été interpellé à son domicile à Dakar, vendredi 28 juillet, avant d'être transféré à la Brigade des affaires générales du tribunal de Dakar. Il était poursuivi pour « vol de téléphone portable» et « appel à l'insurrection ».

Après quelques mois de prison, Atépa Goudiaby et Alioune Tine reprennent leur bâton de pèlerin pour des pourparlers entre Macky Sall et Ousmane Sonko. C’était à une période où les relations entre les deux hommes (Sonko et Macky Sall) sentaient réellement le soufre.

A la prison du Cap Manuel Sonko va retrouver son frère de parti Bassirou Diomaye Faye arrêté quelques mois plutôt. Lui, le candidat de la coalition Diomaye Président est mis aux arrêts pour le motif d’appel à l’insurrection, outrage à magistrats discrédit sur les institutions.

Le report de la  présidentielle du 25 février 2024 va de plus éprouver le climat politique du pays. Car c'est un fait qui a contribué  à cristalliser les tensions politiques. Pour rappel, Macky Sall avait signé le report de l’élection présidentielle à la veille de la campagne électorale. Ce report a suscité de vives manifestations de l’opposition à Dakar et dans les régions. Ce qui a coûté la vie à 10 personnes.

Mais la tension va davantage enfler avec l’entrée en matière de  la société civile regroupée sous la plateforme Aar sunu élection (défendre notre élection). Ces leaders régulièrement descendaient dans la rue pour maintenir la pression.

Alors dans ce méli-mélo, le Président Sall convoque un dialogue national de deux jours les 26 et 27 février 2024. A l’issue duquel trois décisions majeures sont prises. Vote d’une loi d’amnistie, proposition d’une date pour tenir l’élection présidentielle et la reprise du processus électoral.

A la sortie de  ce dialogue, le Président Sall signe une loi d’amnistie, se rapportant sur les faits de 2021-2024. Dès lors, s’ouvrait une brèche pour la  sortie de prison  d’Ousmane Sonko et Diomaye Faye.

Babou Diallo

Vendredi 15 Mars 2024 14:00


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