Ousmane Sonko demande l’installation d’un commissariat au campus social de l’Université

Confronté aux récents affrontements universitaires, le Premier ministre a annoncé ce mardi sa volonté de mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social en y préconisant l’installation d’un commissariat. Une décision qui fait suite à la reconnaissance de « manquements manifestes » et d’un « usage excessif de la force » de la part des unités d’intervention.



Changement de doctrine sécuritaire en vue pour le campus social de l’université. Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué les esprits en demandant au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », une directive qui ouvre la voie à l’installation d’un poste de police permanent pour y garantir la sécurité des biens et des personnes.

 

Le point central de l’intervention du chef du gouvernement fut une clarification juridique et stratégique majeure : le campus social, qui héberge les étudiants, ne bénéficie pas du même régime de franchises que les enceintes académiques (amphithéâtres, salles de cours). Fort de cette distinction, Ousmane Sonko a affirmé la nécessité pour l’État d’y exercer pleinement ses prérogatives régaliennes.

 

Cette décision vise à mettre un terme à une situation où, selon le gouvernement, des groupes restreints peuvent planifier des troubles en toute impunité. La présence policière permanente est ainsi présentée comme la solution pour sécuriser durablement les infrastructures et les résidents.

 

Le Premier ministre dénonce les «dérives» des forces de l’ordre

 

Cette volonté de reprise en main s’accompagne d’un rare exercice d’autocritique. Tout en justifiant la nécessité d’intervenir, le Premier ministre n’a pas épargné les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), dont il a sévèrement critiqué la conduite des opérations. Ousmane Sonko a publiquement fait état de « manquements manifestes », citant notamment une «latence opérationnelle» parce que, selon lui, «Les forces de l’ordre sont intervenues tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire ait déjà été mis à sac». Il a pointé du doigt un usage excessif de la force. En effet, le Premier ministre a condamné une dérive que son gouvernement « ne saurait cautionner », insistant sur le fait que le maintien de l’ordre doit se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens.

 

Pour expliquer la décision initiale d’intervenir, le chef du gouvernement a révélé que des « rapports de renseignement alarmants » faisaient état d’un projet de « sabotage d’envergure » par un groupe d’individus, incluant l’incendie de la bibliothèque et le pillage de restaurants. C’est ce « péril imminent » qui aurait, selon lui, rendu l’intervention inévitable.

 

Cependant, face aux dérives constatées, Ousmane Sonko s’est montré ferme. Annonçant qu’une enquête est en cours et que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport, il s’est engagé à ce que des sanctions exemplaires soient appliquées. Tout en appelant à ne pas "jeter le bébé avec l’eau du bain", il a promis que les responsables des manquements répondraient de leurs actes dès la conclusion de l’enquête.



Mardi 24 Février 2026 10:32


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