En visite à Diamniadio ce mardi 14 avril 2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a identifié la réduction des pertes post-récolte comme le nouveau défi majeur de l'agriculture sénégalaise. Pour stabiliser les revenus des producteurs et garantir la sécurité alimentaire, le ministre exhorte le secteur privé national à prendre le relais de l'État dans la construction d'infrastructures de conservation.
Le ministre a cité en exemple la société Lagifroid Agro SARL, qui a mobilisé des fonds privés pour ériger des hangars frigorifiques d'une capacité de 10 000 tonnes. Ce modèle technologique permet de sauvegarder les productions massives d'oignons (450 000 tonnes) et de pommes de terre (250 000 tonnes) qui, faute de stockage adapté, subissent chaque année des pertes considérables. Un projet d'extension à Sindia, prévoyant une unité de fabrication de chambres froides pour 300 millions de FCFA, vient renforcer cette dynamique de structuration.
L'ambition du gouvernement est de susciter la vocation d'au moins 100 investisseurs sénégalais capables de développer des unités de 1 000 tonnes chacune. Le modèle financier préconisé repose sur un apport de 30 % de fonds propres et 70 % de crédits bancaires. Pour faciliter ce déploiement, l'État, sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, a déjà mobilisé entre 120 et 130 milliards de FCFA ces deux dernières années pour soutenir la chaîne de valeur.
Cette offensive sur le stockage marque un tournant dans la politique agricole : après avoir maîtrisé les volumes de production, le Sénégal se concentre désormais sur la conservation et la valorisation. Le ministère de l'Agriculture, en collaboration avec les secteurs de l'Industrie et de la Banque, s'engage à accompagner les acteurs privés pour transformer ces pertes agricoles en opportunités économiques durables.