Pluies à Dakar : le calvaire quotidien des riverains, usagers et commerçants



Ce jeudi 6 août, il est 11 heures. Dans les rues de Dakar, sous un ciel gris et menaçant, les flaques d'eau occupent une grande partie de la chaussée. Les véhicules avancent au ralenti, les motos slaloment entre les nids-de-poule gorgés d'eau, tandis que les piétons tentent de trouver un passage sec. 

Pour les usagers de la route, chaque pluie complique davantage la circulation. Serigne Saliou Ndiaye, agent de régulation de la circulation routière explique les difficultés de déplacement auxquelles automobilistes et motocyclistes sont confrontés après chaque épisode pluvieux. « C’est très difficile quand il pleut. Presque toutes les routes aux alentours sont en travaux, les voitures et motos sont donc obligés de dévier car il y a beaucoup de sens interdit », dit-il.

Il pointe également du doigt le problème d’assainissement. « Les canaux pour évacuer l’eau sont peu nombreux et certains sont vieux. Les routes sont remplies d’eau et ce n’est pas favorable à la circulation » déplore-t-il.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas à la chaussée. Dans les marchés, commerçants et riverains subissent de plein fouet les conséquences des intempéries. L'odeur de l'eau stagnante se mêle désormais à celle des étals de fruits et légumes.

Oulimata Thiaw, vendeuse et habitante de la rue 21x18, en plein cœur du marché, vit les inondations au quotidien. « Je vis avec ma famille et je travaille ici aussi. Voici ma maison, elle est au milieu du marché. La plupart des gens ici ne sont là que pour travailler. Le soir, ils rentrent chez eux. Mais nous, on vit ici et c'est nous qui connaissons les vraies difficultés, surtout pendant la saison des pluies », explique-t-elle.

Elle raconte comment la pluie paralyse son activité et les conditions de vie auxquelles les habitants sont confrontés. « Quand il pleut, je ne travaille pas et je ne suis pas la seule. Le marché est en surcharge. Aujourd'hui, après la pluie d'hier, il y a beaucoup d'eau. Les gens n'ont même pas de route pour passer et il n'y a pas d'hygiène. Il y a tellement de moustiques qu'on n'arrive pas à dormir la nuit ». 

Face à cette situation qu’elle juge insupportable, Oulimata appelle les autorités à agir afin que des solutions durables soient trouvées. « Je lance un appel à l'État. Il doit réorganiser les marchés et régler le problème d'assainissement. On vit très mal. On souffre », témoigne-t-elle.
 


À Colobane, un quartier souvent touché par les inondations, les habitants partagent le même sentiment. Souleymane Diop, père de famille, montre une maison encore entourée d'eau après la dernière pluie. « Nous avons passé la nuit à évacuer l'eau avec des seaux. Les enfants ne peuvent même pas jouer dehors. À chaque hivernage, c'est la même souffrance. Nous demandons des solutions durables », confie-t-il. 

Entre routes devenues impraticables, activités à l'arrêt et habitations envahies par les eaux, les fortes pluies continuent de mettre à rude épreuve le quotidien de nombreux Dakarois. 

Hapsatou Kane (stagiaire)

Jeudi 6 Aout 2026 19:30


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