Prédiction de Selbé Ndom : la terreur s’installe au campus

Les prédications de la voyante Selbé Ndom ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Au campus social de l’université Cheikh Anta Diop, le crash prédit par la voyante est au centre de toutes les discussions. Et nombre d’étudiants ont déjà décidé de ne pas faire cours le 18 juillet.



Dans une chambre au deuxième étage du pavillon N au campus, des étudiants regroupés autour d’une théière discutent de la dernière sortie de Selbé Ndom, la voyante qui avait prédit la chute du lutteur Yékini.   Pour Moussa Sy, la prédicatrice s’est trompée juste sur un détail : «  ce n’est pas un avion qui va se crasher et nous tuer tous. Avant cela,  ce pavillon(N) qui date de mathusalem  s’effondrera sur nos têtes » lance t-il avec une grimace qui en dit long. Moussa ne prend pas très au sérieux  ce genre de discours comme il l’explique ensuite. Ce qui n’est pas le cas de ses camarades de chambre. Ousmane, jusque là plongé dans un livre lève la tête pour intervenir. « Je n’y croit pas mais tout ce que cette dame a dit s’est avéré jusqu’ici. Moi je vais rentrer chez moi le 16 juillet. Mieux vaut prévenir que guérir » affirme t-il. Le point de vue d’Ousmane est largement répandu au sein de la communauté estudiantine. Satou, étudiante à l’IFACE conseille même à ses camarades de ne pas venir  le 18 juillet et même le 17. « Rappelez vous un marabout avait prédit un drame et la mort de beaucoup de jeunes ce jour là aussi » dit-elle.
Ainsi la  prédiction de Selbé Ndom  ne laisse aucun des locataires du campus de L’Ucad indifférents. Chez certains le débat est tout autre. Diouma, étudiante à la Faculté de Droit pense que la voyante n’aurait pas dû faire une telle déclaration dans la presse car celle-ci est de nature à faire peur aux étudiants et surtout à leurs familles. Son opinion est partagée par sa copine Khady qui soutient que Selbé Ndom aurait du se limiter à prescrire des prières et des sacrifices aux sénégalais au lieu de faire peur à tout le monde. Cependant les deux jeunes filles précisent qu’elles ne viendront pas le jour du « crash » car il ne faut pas tenter le diable.
S’agissant des professeurs, ils ne prêtent pas une grande attention à la prédiction de la voyante. Selon Eugénie R. Aw Ndiaye enseignante au Cesti, c’est dans les pays où il existe une pauvreté matériel et intellectuelle que ce genre de prédiction peut être prise en compte. Jusque là la voyante a prédit avec succès la chute ou la victoire d’un certain nombre de lutteurs allant jusqu’à donner des détails sur la façon dont ceux-ci aller se produire.  

Awa Cheikh Faye

Mercredi 4 Juillet 2012 00:36


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