Primes non-payées : galère d’anciens sportifs sénégalais oubliés par la nation



La mort de l’ancienne athlète sénégalaise Kéne Ndoye, qui réclamait sans cesse des primes que lui devaient les dirigeants sportifs, a soulevé le débat sur la prise en charge des anciens sportifs qui ont porté haut le flambeau du Sénégal. Beaucoup d’anciens athlètes souffrent et se disent oubliés par la Nation. Ils ont livré leurs difficultés, à L’Observateur.

« Le Sénégal que j’avais choisi au détriment de la France m’a oublié. Actuellement, je suis très souffrante. Je suis cardiaque, j’ai un AVC, mal aux reins. Ensuite je suis borgne. J’ai pourtant refusé la nationalité française avant d’aller aux jeux olympiques de Tokyo et j’ai choisi de représenter mon pays. Je m’étais engagé à la Marine française. Mais mon pays (Sénégal), celui que j’avais choisi au détriment de la France, m’a oublié », a taclé Malang Mané, ancien athlète sénégalais et ancien entraîneur de football.

Qui poursuit « Avec tout ce que j’ai fait pour le sport sénégalais, je n’ai pas eu de soutien des autorités. C’est moi qui ai créé, entraîné et amené en Première division L’As Douanes. C’est moi qui ai formé Sadio Mané. Diafra Sakho, je l’ai recruté en tant que numéro 5 pour le transformer en attaquant. J’ai représenté le Sénégal aux Jeux Olympiques de Tokyo et de Munich. J’ai eu celui de mon ancien joueur Alioune Badara Bèye. Par contre, le comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss) nous à décorés, nous l’ancien athlète olympique de Tokyo en nous donnant 250000 FCFA. C’est mieux que zéro. J’ai appelé Jean Gomis hier après le décès de Kéne Ndoye, pour voir avec le Ministre des sports qu’est-ce qu’il peut faire pour moi ».

La situation semble plus avérée avec le cas de l’ancien international sénégalais de football qui déclare : «  Je suis devenu aveugle. J’ai commencé ma carrière au stade de Mbour avant de la terminer au SEIB de Diourbel. J’ai eu la chance de jouer avec beaucoup de joueurs sénégalais comme Karim Sèye, Tapha Sarr, Lamine Ndiaye… J’ai joué avec l’équipe nationale du Sénégal comme milieu de terrain, les grands journalistes me connaissent très bien. Je suis resté pendant très  longtemps avant de perdre la vision. Maintenant je suis aveugle, je saisis cette occasion pour remercier Cheikh Seck,  président de l’association des anciens footballeurs. Il est le seul à être à mon chevet  depuis que j’ai perdu la vision. Je n’ai eu la visite d’aucune autorité sénégalaise. Par contre j’ai eu la chance de jouer avec des Libanais qui sont actuellement en Guinée- Equatoriale. Ce sont eux qui ont pris en charge toutes mes interventions chirurgicales à l’hôpital ».

Quant à Ousmane Barro, ancien Champion D’Afrique de Karaté, il dit avoir mal quand il a entendu le cas de Kéne Ndoye. « J’ai fait deux fois le podium africain entre 1985 et 1987 et 15 fois le podium sénégalais. J’avais une maladie qui s’appelle syndrome de la queue-cheval, je suis toujours alité. Je me déplace avec des béquilles. Je n’ai jamais été primé malgré mon statut de champion d’Afrique. C’est pareil pour ma fille Mame Sokhna Barro qui n’est également championne d’Afrique en Algérie, mais n’a jamais été reçue par les autorités. J’ai honte de raconter la situation que vit actuellement. J’ai même eu mal quand la polémique a enflé sur le cas Kène Ndoye  concernant sa prime ».  

Aissatou DIENE (stagiaire)

Vendredi 17 Février 2023 15:13


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