Procès de l'affaire Martinez Zogo au Cameroun: la défense dénonce les contradictions du colonel Ottoulou

Le 34e témoin du procès de l'affaire Martinez Zogo au Cameroun, le colonel Jean-Pierre Ottoulou, accable les trois principaux accusés. Ancien chef de la compagnie de gendarmerie de la région du Centre au moment des faits, c’est lui qui avait ouvert une enquête, après avoir effectué, avec ses équipes, la première descente sur le terrain vague situé dans la localité d’Ebogo près de Yaoundé, où avait été découvert le corps de Martinez.



Désormais en fonction dans la région du Littoral, le colonel Ottoulou a tenu à rappeler qu’au moment où il menait son enquête, il avait d’abord découvert une complicité entre le lieutenant-colonel Danwe et Jean-Pierre Amougou Belinga. Ce dernier, lors d'une conversation, lui aurait demandé de « faire taire » Martinez Zogo.
 
Il est également revenu sur les itinéraires empruntés par la fameuse « Prado noire », la voiture avec laquelle Martinez Zogo a été enlevé, ainsi que sur les aveux de Danwe. Pour Maître Charles Tchoungang, le témoin a livré un récit contradictoire : « Il contredit son propre expert qu'il a commis, c'est-à-dire le procureur, qui a conclu que Monsieur Jean-Pierre Amougou Belinga n'a de lien avec l'enlèvement, la torture et l'assassinat de Martinez Zogo. »
 
Le colonel Ottoulou a également mentionné que, dès les premières étapes de l’enquête mixte, la position de Maxime Eko Eko, alors directeur général des Renseignements généraux, avait intrigué les enquêteurs. Selon le colonel Ottoulou, c’est ce dernier qui a immédiatement orienté les enquêteurs vers la piste de Jean-Pierre Amougou Belinga et de Justin Danwé.
 
Pour Maître Seri Zokou, ce témoin est surprenant et laisse planer un doute sur la manière dont l’enquête a été menée. « Nous avons le sentiment d'une enquête qui semblait orientée dès le début. Il a encore une chance, lors des contre-interrogatoires, de dire la vérité qui figure dans le dossier qu'il a lui-même suivi de bout en bout. »
 
L’affaire a été renvoyée au 2 et 3 août 2026 pour le contre-interrogatoire du témoin.
 

RFI

Mercredi 15 Juillet 2026 10:57


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