Le dimanche 22 janvier 2023, le Cameroun découvrait avec effroi les images du corps nu et supplicié d'Arsène Salomon Mbani Zogo, dit Martinez Zogo , retrouvé dans un terrain vague en périphérie de Yaoundé. Âgé de 51 ans et père de famille, l’animateur de l’émission quotidienne Embouteillages avait disparu cinq jours plus tôt, le 17 janvier.
Dans une église du quartier d’Etoudi, assise au premier rang et la tête baissée, Diane Zogo, veuve de l'animateur, se recueille. En ce troisième anniversaire, elle est venue implorer la justice divine pour son mari.
« Que les véritables assassins de Martinez soient punis pour ce qu’ils ont fait. Mais je ne crois pas à la justice des hommes. Je crois à la justice divine. Nous ne pouvons pas faire le deuil tant que le corps est encore scellé », dénonce-t-elle au micro de notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena.
Quelques kilomètres plus loin, une banderole en hommage à Martinez Zogo flotte à l’entrée de la radio Amplitude FM. La chapelle ardente installée dans le hall de la radio au lendemain de sa mort est toujours en place.
Les anciens collègues de Martinez Zogo, se disent inquiets de la lenteur du procès. « Trois ans après, rien ne bouge. Franchement, on ne sait vraiment pas s’il y aura un aboutissement logique à ce procès », confie Charly Tchouemo, rédacteur en chef d’Amplitude FM.
Pour Christophe Bobbio, co-directeur de publication de l’hebdomadaire juridique Kalara, certains éléments commencent néanmoins à émerger dans cet assassinat qui a changé le travail des journalistes camerounais, notamment ceux traitant des dossiers sensibles.
« Les choses semblent être de plus en plus claires, même s'il y avait peut-être demain une responsabilité de la DGRE. Des individus ont pu agir en contournant les règles de fonctionnement de ce service d'intelligence ».
Un procès ultrasensible toujours en cours
Le procès se déroule devant le tribunal militaire de Yaoundé, où il a débuté sur le fond le 25 mars 2024, après une longue phase de bataille procédurale. La prochaine audience est prévue le 26 janvier.
Le commissaire du gouvernement prévoit l’audition de plus de quarante témoins afin de reconstituer les circonstances de l’enlèvement, de la torture et de la mort de Martinez Zogo. À ce stade, 18 témoins ont déjà été entendus et interrogés par les différentes parties.
Selon leurs récits, Martinez Zogo était sur écoute et faisait l'objet d'une surveillance ciblée par des membres de la DGRE, la Direction générale de la recherche extérieure, dont certains agents ont reconnu leur participation à son enlèvement, hors cadre formel, évoquant des ordres visant à intimider l'animateur.
Il est avéré que Martinez Zogo a subi des actes de torture d'une violence extrême dans un autre lieu que celui où il a été retrouvé sans vie.
Dans une église du quartier d’Etoudi, assise au premier rang et la tête baissée, Diane Zogo, veuve de l'animateur, se recueille. En ce troisième anniversaire, elle est venue implorer la justice divine pour son mari.
« Que les véritables assassins de Martinez soient punis pour ce qu’ils ont fait. Mais je ne crois pas à la justice des hommes. Je crois à la justice divine. Nous ne pouvons pas faire le deuil tant que le corps est encore scellé », dénonce-t-elle au micro de notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena.
Quelques kilomètres plus loin, une banderole en hommage à Martinez Zogo flotte à l’entrée de la radio Amplitude FM. La chapelle ardente installée dans le hall de la radio au lendemain de sa mort est toujours en place.
Les anciens collègues de Martinez Zogo, se disent inquiets de la lenteur du procès. « Trois ans après, rien ne bouge. Franchement, on ne sait vraiment pas s’il y aura un aboutissement logique à ce procès », confie Charly Tchouemo, rédacteur en chef d’Amplitude FM.
Pour Christophe Bobbio, co-directeur de publication de l’hebdomadaire juridique Kalara, certains éléments commencent néanmoins à émerger dans cet assassinat qui a changé le travail des journalistes camerounais, notamment ceux traitant des dossiers sensibles.
« Les choses semblent être de plus en plus claires, même s'il y avait peut-être demain une responsabilité de la DGRE. Des individus ont pu agir en contournant les règles de fonctionnement de ce service d'intelligence ».
Un procès ultrasensible toujours en cours
Le procès se déroule devant le tribunal militaire de Yaoundé, où il a débuté sur le fond le 25 mars 2024, après une longue phase de bataille procédurale. La prochaine audience est prévue le 26 janvier.
Le commissaire du gouvernement prévoit l’audition de plus de quarante témoins afin de reconstituer les circonstances de l’enlèvement, de la torture et de la mort de Martinez Zogo. À ce stade, 18 témoins ont déjà été entendus et interrogés par les différentes parties.
Selon leurs récits, Martinez Zogo était sur écoute et faisait l'objet d'une surveillance ciblée par des membres de la DGRE, la Direction générale de la recherche extérieure, dont certains agents ont reconnu leur participation à son enlèvement, hors cadre formel, évoquant des ordres visant à intimider l'animateur.
Il est avéré que Martinez Zogo a subi des actes de torture d'une violence extrême dans un autre lieu que celui où il a été retrouvé sans vie.