Procès de l'assassinat de Sankara: le colonel major Jean-Pierre Palm nie toute complicité

Journée marathon jeudi 4 novembre au procès des assassins présumés du président Thomas Sankara et ses collaborateurs. Trois accusés sont passés devant le tribunal pour donner leur version des faits. Parmi eux, deux médecins militaires, qui avaient délivré des certificats de décès avec les mentions inexactes selon l’accusation. Troisième accusé : Jean-Pierre Palm, membre du Conseil national de la révolution, accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’État. Des accusations qu’il rejette.



Jean-Pierre Palm s'est exprimé face à la justice burkinabè. Le colonel major faisait partie de l’organe dirigeant de la Révolution et s’était lié d’amitié avec les capitaines Thomas Sankara et Blaise Compaoré. Le 15 octobre 1987, il explique que c’est en se rendant à une consultation médicale qu’il a entendu les tirs au niveau du Conseil de l’entente. S’étant refugié chez des amis, il aurait regagné son domicile le lendemain.
 
Jean-Pierre Palm raconte que c’est au lendemain du coup d'État que Boukari Lingani, le commandant des forces armées, l’a informé qu’il y a eu « du grabuge et que le président Sankara est mort ». « Blaise Compaoré m’a dit de rester à la disposition du commandant en chef », a-t-il poursuivi. Après cette première rencontre, le nouveau pouvoir lui confie certaines « des missions ponctuelles ».
 
 
 
Des questions autour d'une mission avec un Européen
« Le 17 octobre, vous vous êtes rendu à la gendarmerie et avez menacé le service des renseignements d’être responsable de la situation que vit le pays », dit le procureur. « Non, j’y suis allé pour me mettre à la disposition de mon corps », répond l’accusé.
 
Un mois après le coup d’État, Jean-Pierre Palm est nommé à la tête de la gendarmerie nationale et conduit une mission dirigée par un officier français au sein du service du renseignement. « On m’a accusé d’avoir envoyé un Européen pour désactiver la table d’écoute et emporter des données. Je n’ai jamais rien commis de ce genre », se défend le colonel major.
 
Jean-Pierre Palm ajoute que la mission conduite par les Européens était officielle et avait pour but de voir l’état du matériel du service de renseignement. « Je n’ai jamais rencontré le capitaine Barril. Il ne pouvait pas effectuer de mission officielle ici à l’époque », assure l’accusé.

RFI

Vendredi 5 Novembre 2021 08:36


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