Procès du bombardement de Bouaké: la perpétuité requise contre les trois accusés

Plus de 16 ans après le bombardement de Bouaké, en Côte d'Ivoire, dans lequel neuf militaires français ont été tués, la réclusion à perpétuité a été requise, jeudi, contre les trois accusés, ivoiriens et biélorusse. Le procès de ces derniers s'est ouvert le 29 mars à Paris et le verdict est attendu dans l'après-midi.



La réclusion à perpétuité a été requise, jeudi 15 avril à Paris, à l'encontre des trois accusés, ivoiriens et biélorusse, jugés en leur absence pour avoir perpétré, en 2004, le bombardement qui avait tué neuf soldats français à Bouaké, en Côte d'Ivoire.

Introuvables depuis des années, Yury Sushkin, un mercenaire biélorusse, et Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, deux officiers de l'armée de l'air ivoirienne, sont poursuivis devant la cour d'assises de Paris pour assassinat. Le verdict est attendu dans l'après-midi.

"Cette peine" de perpétuité, "je l'aurais requise dans les mêmes conditions si ces personnes étaient ici, si elles s'étaient défendues, parce que ce qui justifie cette peine, c'est la violence inouïe des faits", a déclaré l'avocat général, Jean-Christophe Müller.

Le 6 novembre 2004, deux chasseurs déployés par l'aviation du président ivoirien Laurent Gbagbo pour attaquer les rebelles installés dans la moitié nord du pays avaient bombardé par surprise un camp de la force de paix française, chargée de faire tampon entre les deux camps.

Avec neuf soldats français et un civil américain tué, ainsi qu'une quarantaine de blessés, c'est à l'époque l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française en opération depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983.

"La frappe est volontaire et dirigée contre le camp français"

Le bombardement "est caractérisé par une volonté préalable d'aller bombarder le camp français", a dit Jean-Christophe Müller. "Des éléments montrent à l'évidence que la frappe est volontaire et dirigée contre le camp français", et "décoller avec deux avions de guerre armés de roquettes me semble l'expression chimiquement pure de la préméditation", a ajouté l'avocat général.

France24

Jeudi 15 Avril 2021 11:27


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