Invoquant les principes d'équité et de solidarité, le Premier ministre Al Ahminou Lo a souligné que la restructuration budgétaire a été conçue pour préserver prioritairement les filets sociaux.
En conférence de presse, ce dimanche, M. Lo a répondu à ceux qui dénoncent des choix politiques derrière l'extension des aides, le chef du gouvernement a défendu avec force le renforcement des bourses de sécurité familiale : « Nous avons un million de ménages sénégalais qui sont pauvres. Nous avons décidé cette année de porter le nombre de bénéficiaires à 400 000 et l'année prochaine à un million. Les priorités sociales, nous les avons mises en extrême grande priorité. »
Le Premier ministre s'est inscrit en faux contre les accusations de coupes aveugles dans les services de base, M. Lo a assuré que les hôpitaux, les écoles et les infrastructures d'assainissement demeurent au cœur des engagements de l'État. Il a notamment précisé que « les travaux des hôpitaux continuent », que « l'assainissement de Touba a été définitivement sécurisé pour 2027 » et que les projets différés seront réinscrits en priorité.
Pour financer ces urgences et amortir l'inflation énergétique, le gouvernement a recouru à un guichet de la Banque mondiale, allouant 75 milliards de francs CFA à l'énergie et 50 milliards aux bourses sociales. « Pourquoi reprocher d'utiliser un mécanisme qui est destiné à cela ? », s'est-il interrogé face aux critiques sur l'endettement concessionnel.
En contrepartie du maintien de cet effort social, l'État a imposé une cure d'austérité sans précédent à l'administration centrale. Al Ahminou Lo a révélé une baisse de 180 milliards de francs CFA sur les dépenses de fonctionnement général, marquée par des abattements de 50 % à 80 % sur les fournitures, les conférences et cérémonies hors secteurs sociaux, affirmant ainsi que le gouvernement entend montrer l'exemple en matière de sobriété.