Jamais une épidémie d’Ebola ne s’était propagée aussi vite en RDC. En cinq mois, cette 17ᵉ flambée du virus dans le pays a déjà fait 9 066 cas confirmés, selon le dernier bilan officiel. À titre de comparaison, lors de l’épidémie de 2018-2020, il avait fallu plus d’un an pour dépasser les 2 000 contaminations.
L’Ituri, où le premier cas a été identifié, reste l’épicentre. Mais l’épidémie touche désormais six autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Sud-Ubangi, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Si la transmission locale a pu être contenue dans certaines zones de santé, mais reste donc active et continue de s’étendre géographiquement. Début octobre, la zone de santé d’Alimbongo, dans le Nord-Kivu, a enregistré ses premiers cas. Au 6 octobre, sur les 64 zones de santé touchées, 48 avaient encore signalé de nouveaux cas au cours des trois semaines précédentes.
Le 18 septembre, alors que l’OMS et le gouvernement congolais faisaient état de signes encourageants, MSF a alerté : la maladie ne reculait pas, elle se « déplaçait ». Autre indicateur inquiétant : le taux de létalité, qui atteint 48,2 %, soit près d’un décès pour deux cas confirmés.
Un retard dans la détection de l'épidémie
Comment expliquer une telle propagation ? Premier élément de réponse : le retard dans la détection de l’épidémie. Selon un rapport révélé par la revue Science, le virus circulait en Ituri dès janvier, soit quatre mois avant le déclenchement officiel de la riposte. Pendant tout ce temps, il a pu se transmettre à bas bruit dans les communautés.
Ce retard à l’allumage met en lumière les faiblesses chroniques du système de santé congolais. Il tient aussi à la nature du virus : la souche Bundibugyo, responsable de cette flambée, est rare. Il s’agit de la troisième épidémie connue causée par cette souche, après celles survenues en Ouganda en 2007-2008 et en RDC en 2012. Or les outils de diagnostic disponibles dans l’Est de la RDC ciblent principalement la souche Zaïre, responsable de la plupart des épidémies d’Ebola dans le pays.
De même, aucun vaccin n’a encore démontré son efficacité contre la souche Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, homologué contre Ebola Zaïre, fait depuis l’objet d’un essai clinique en RDC pour évaluer son efficacité contre cette autre souche. Cet essai a débuté le 19 septembre à Bunia et doit durer entre 9 et 12 mois.
En parallèle, plusieurs candidats-vaccins sont en cours de développement, notamment par IAVI et l’université d’Oxford, avec le soutien de la CEPI. Mais leur mise au point prendra du temps et leur efficacité devra être démontrée.
En attendant, la riposte repose avant tout sur le dépistage, l’isolement des malades, le suivi des contacts et les mesures de prévention. Or, les chaînes de transmission échappent encore en grande partie aux équipes sanitaires. Selon l’OMS, moins de 20 % des nouveaux cas de contamination concernent des personnes identifiées comme des contacts connus de cas confirmés. Un chiffre extrêmement bas.
Une proportion élevée de décès hors des structures de soins
Autre signe des limites de la riposte : la proportion élevée de décès survenant hors des structures de soins. Selon les données de l’OMS, environ 70 % des décès signalés parmi les cas confirmés ont lieu dans les communautés. Entre le 25 septembre et le 6 octobre, 264 des 372 décès recensés sont ainsi survenus hors des centres de traitement, contre 108 dans ces structures.
Certains malades restent chez eux ou consultent d’abord dans des structures de soins ordinaires, où Ebola n’est pas immédiatement suspecté. D’autres ne sont identifiés qu’au moment de leur décès. Dans ce contexte, les enterrements restent un espace privilégié de contamination, en raison de contacts rapprochés avec les dépouilles.
L’Ituri, où le premier cas a été identifié, reste l’épicentre. Mais l’épidémie touche désormais six autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Sud-Ubangi, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Si la transmission locale a pu être contenue dans certaines zones de santé, mais reste donc active et continue de s’étendre géographiquement. Début octobre, la zone de santé d’Alimbongo, dans le Nord-Kivu, a enregistré ses premiers cas. Au 6 octobre, sur les 64 zones de santé touchées, 48 avaient encore signalé de nouveaux cas au cours des trois semaines précédentes.
Le 18 septembre, alors que l’OMS et le gouvernement congolais faisaient état de signes encourageants, MSF a alerté : la maladie ne reculait pas, elle se « déplaçait ». Autre indicateur inquiétant : le taux de létalité, qui atteint 48,2 %, soit près d’un décès pour deux cas confirmés.
Un retard dans la détection de l'épidémie
Comment expliquer une telle propagation ? Premier élément de réponse : le retard dans la détection de l’épidémie. Selon un rapport révélé par la revue Science, le virus circulait en Ituri dès janvier, soit quatre mois avant le déclenchement officiel de la riposte. Pendant tout ce temps, il a pu se transmettre à bas bruit dans les communautés.
Ce retard à l’allumage met en lumière les faiblesses chroniques du système de santé congolais. Il tient aussi à la nature du virus : la souche Bundibugyo, responsable de cette flambée, est rare. Il s’agit de la troisième épidémie connue causée par cette souche, après celles survenues en Ouganda en 2007-2008 et en RDC en 2012. Or les outils de diagnostic disponibles dans l’Est de la RDC ciblent principalement la souche Zaïre, responsable de la plupart des épidémies d’Ebola dans le pays.
De même, aucun vaccin n’a encore démontré son efficacité contre la souche Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, homologué contre Ebola Zaïre, fait depuis l’objet d’un essai clinique en RDC pour évaluer son efficacité contre cette autre souche. Cet essai a débuté le 19 septembre à Bunia et doit durer entre 9 et 12 mois.
En parallèle, plusieurs candidats-vaccins sont en cours de développement, notamment par IAVI et l’université d’Oxford, avec le soutien de la CEPI. Mais leur mise au point prendra du temps et leur efficacité devra être démontrée.
En attendant, la riposte repose avant tout sur le dépistage, l’isolement des malades, le suivi des contacts et les mesures de prévention. Or, les chaînes de transmission échappent encore en grande partie aux équipes sanitaires. Selon l’OMS, moins de 20 % des nouveaux cas de contamination concernent des personnes identifiées comme des contacts connus de cas confirmés. Un chiffre extrêmement bas.
Une proportion élevée de décès hors des structures de soins
Autre signe des limites de la riposte : la proportion élevée de décès survenant hors des structures de soins. Selon les données de l’OMS, environ 70 % des décès signalés parmi les cas confirmés ont lieu dans les communautés. Entre le 25 septembre et le 6 octobre, 264 des 372 décès recensés sont ainsi survenus hors des centres de traitement, contre 108 dans ces structures.
Certains malades restent chez eux ou consultent d’abord dans des structures de soins ordinaires, où Ebola n’est pas immédiatement suspecté. D’autres ne sont identifiés qu’au moment de leur décès. Dans ce contexte, les enterrements restent un espace privilégié de contamination, en raison de contacts rapprochés avec les dépouilles.