RDC: de nouvelles mesures pour tenter d'endiguer Ebola, dix jours après l'annonce d'une nouvelle épidémie



La RDC et des pays de la région ont pris le week-end du 23-24 mai 2026 des mesures plus restrictives pour tenter d'endiguer la propagation d'Ebola : suspension par l’Ouganda de ses vols vers Kinshasa, suspension des vols entre Bunia et Kinshasa, interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes à Bunia, annonce par la Centrafrique du renforcement de la surveillance épidémiologique et sécurisation des points d'entrée sur son territoire, annonce par le groupe politico-militaire AFC/M23 d’un isolement de 21 jours pour les personnes en provenance d'Ituri.

Les derniers chiffres en RDC font état de 904 cas suspects et de 220 décès suspects, dont 101 cas confirmés et 10 décès confirmés dans l’est de la RDC, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, considérée comme l’épicentre de cette 17e épidémie d’Ebola au Congo.

En RDC, les autorités durcissent les mesures pour tenter de freiner la 17e épidémie d’Ebola. Les liaisons aériennes entre Bunia (dans la province de l’Ituri), proche du foyer principal de l’épidémie, et Kinshasa ont été suspendues, souligne notre correspondant dans la capitale congolaise, Pascal Mulegwa.

Le gouvernement affirme en effet vouloir réduire les risques de propagation et renforcer la sécurité sanitaire des voyageurs. Mais cette décision suscite déjà des critiques, alors que l’épidémie commence aussi à perturber le trafic aérien régional, la compagnie nationale ougandaise ayant suspendu depuis dimanche tous ses vols vers Kinshasa.

Certains estiment qu’isoler Bunia par voie aérienne alors que des villes comme Beni (dans la province du Nord-Kivu) ou Kisangani (province de la Tshopo) restent accessibles par la route et continuent d’assurer des liaisons avec Kinshasa, risque d’avoir une efficacité limitée.

Les acteurs humanitaires, eux, redoutent surtout un ralentissement de la riposte. Premier effet pointé : les difficultés d’accès. Joseph Kakisingi, coordinateur des humanitaires congolais, souligne : « Il est vrai qu'il y a des mesures d'accompagnement qui disent qu'il faut des autorisations spéciales pour pouvoir y aller. Mais nous savons comment se passe l'administration dans notre pays : cela prendra non seulement du temps pour le faire, mais cela pourra aussi être l’occasion de tracasseries supplémentaires. Si on veut avoir des mesures spéciales, il faut qu'on s’assure qu’un avion spécial est également affrété. Tout cela va rendre la réponse plus difficile, la question un peu plus complexe. »

En cause, également, selon lui, les limites concrètes de ces restrictions de déplacement. « Il faudra savoir que cette communauté-là va se déplacer absolument, soit par véhicule, soit par moto, soit par vélo, soit à pied, parce qu'ils ne pourront pas rester encerclés, enfermés, assure-t-il. Ils vont se déplacer. Empêcher le vol comme moyen d'empêcher la diffusion du virus ne sera pas efficace, parce qu'on ne pourra absolument pas les empêcher de sortir. Il faut plus miser sur des mesures communautaires ».

À Bunia, les rassemblements de plus de 50 personnes ainsi que les veillées funéraires sont désormais interdits. Des mesures qui n'ont pas été appliquées le dimanche 24 mai lors de plusieurs rassemblements religieux.

RFI

Lundi 25 Mai 2026 11:34


Dans la même rubrique :