RDC: la mort d'une humanitaire française à Goma suscite de très nombreuses réactions

Quelques heures seulement après la mort de plusieurs personnes - dont une humanitaire française - dans une attaque de drones à Goma, les réactions se sont multipliées dans la classe politique européenne et au sein de la communauté humanitaire présente en RDC, mercredi 11 mars.



Les deux explosions imputées à des attaques de drones qui ont fait plusieurs morts - dont une humanitaire française qui travaillait pour l'Unicef - à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 mars, suscitent depuis une cascade de réactions.
 
Parmi les responsables politiques, la première est venue du président français Emmanuel Macron qui a évoqué « le soutien et l’émotion de la Nation » à la famille de Karine Buisset dans un message diffusé dans la matinée sur le réseau social X. Ce dernier y appelait aussi au respect du droit humanitaire et à la protection des personnels humanitaires.
 
Dans un message similaire, le Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévôt, a lui estimé ensuite qu'il ne s'agissait pas d'un « incident isolé » avant de constater une « multiplication de ce type d’attaques, en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties ces derniers temps », reprenant ainsi les inquiétudes du groupe de contact sur les Grands Lacs. Composé de plusieurs chancelleries occidentales, ce groupe avait effectivement dénoncé l’utilisation des drones contre des civils la semaine dernière.
 
Quant à la Commissaire européenne en charge de l’aide humanitaire, celle-ci n'a pas manqué de faire part de son indignation : Hadja Lahbib, qui s’était rendu à Goma le mois dernier, a indiqué qu’une partie du personnel humanitaire de l’Union européenne (UE) logeait dans la concession visée dans la nuit de mardi à mercredi.
 
Du côté de la communauté humanitaire présente en RDC, là aussi les réactions se sont multipliées tout au long de la journée de mercredi. Comme le reste de ses équipes, la directrice générale de l’Unicef, Catherine Russell, s'est dite bouleversée et indignée par la mort de Karine Buisset, assurant que l’agence onusienne continuait de recueillir davantage de détails sur cet évènement tragique.
 
De son côté, le chef des opérations humanitaires dans le pays, Bruno Lemarquis, a condamné cette escalade de la violence qui a aussi provoqué la mort d’un membre du personnel des Nations unies et de deux civils, appelant à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident.
 
Quant au représentant du Comité internationale de la Croix-Rouge en RDC, François Moreillon, lui s'est déclaré choqué, avant d'ajouter que les civils et le personnel humanitaire ne devaient jamais être la cible d'attaques.
 
Le drame qui s'est produit à Goma intervient alors que les acteurs de terrain alertent depuis plus d’un an sur une réduction de l’espace humanitaire dans l’est de la RDC. Au mois de janvier dernier encore, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) avait ainsi communiqué sur le nombre préoccupant d’incidents ayant touché le personnel humanitaire en 2025.
 

RFI

Jeudi 12 Mars 2026 09:27


Dans la même rubrique :