Une seule date, mais plusieurs configurations. La rentrée scolaire 2026-2027 doit officiellement avoir lieu mardi 1ᵉʳ septembre sur l’ensemble de la RDC. Dans son message publié lundi 31 août, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, maintient cette orientation tout en reconnaissant un « contexte exigeant ». « Partout où les conditions le permettent, l’école doit reprendre », affirme-t-elle, avec une pensée particulière pour les élèves et enseignants confrontés à l’insécurité et aux conflits.
Dans la majeure partie du territoire, le principe reste celui d’une rentrée en présentiel. Le gouvernement réaffirme également la gratuité de l’enseignement primaire public et demande aux responsables scolaires de respecter les dispositions en vigueur sur les frais scolaires. Cette rentrée sera aussi marquée par le lancement de 78 cantines scolaires pilotes, soit trois par province, ainsi que de « Clubs de veille citoyenne », selon le ministère. Mais la reprise se déroule surtout sous trois contraintes : l’épidémie d’Ebola, un conflit social avec une partie des enseignants et la situation particulière des territoires contrôlés par l’AFC/M23.
Face à Ebola, trois niveaux de rentrée
Le défi sanitaire concerne directement six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé. Selon le rapport de situation arrêté au 29 août, 60 zones de santé sur 151 dans ces six provinces ont été touchées depuis le début de l’épidémie. L’Ituri en reste très largement l’épicentre : elle concentre 82,3 % des cas confirmés cumulés, avec 28 zones de santé affectées sur 36.
Le ministère de l’Éducation a donc prévu un système évolutif plutôt qu'une règle unique pour toutes les écoles concernées. Le principe retenu est précis : les autorités sanitaires déterminent le niveau de risque ; le ministère de l’Éducation décide ensuite de la modalité d’enseignement correspondante et de l’allocation des ressources.
Trois catégories ont été définies. Dans les zones vertes, le présentiel est normal, avec des mesures de prévention de base : hygiène, circuit d’alerte, surveillance des absences et disponibilité de supports d’enseignement à distance. Dans les zones orange, les élèves continuent à fréquenter l’école, mais avec des mesures sanitaires renforcées, une veille quotidienne et une liaison entre établissements et services de santé. Le dispositif doit pouvoir être renforcé dans un délai de 48 heures en cas d’évolution de la situation. Dans les zones rouges, à haut risque, le ministère prévoit un recours temporaire à un enseignement à distance léger. Il ne s’agit pas nécessairement d’enseignement en ligne : les élèves pourront recevoir des feuilles de travail et suivre, lorsque ces moyens existent, des programmes par radio ou télévision. Le ministère prévoit également une distribution échelonnée des supports, un suivi des élèves et un soutien psychosocial. Aucun regroupement automatique n’est prévu.
Le 20 août, Raïssa Malu avait indiqué que, sur 138 sous-divisions éducationnelles dans les provinces administratives concernées, 40 étaient touchées par l’épidémie et 18 classées à haut risque.
Les zones les plus exposées prioritaires pour les moyens
La différenciation concerne également les ressources. Les zones rouges sont placées en priorité 1, avec des moyens destinés à la continuité pédagogique, à un paquet sanitaire minimum et aux mécanismes d’alerte et de protection. Les zones orange constituent la priorité 2 : prépositionnement des ressources, préparation logistique, communication et réponse aux besoins en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement.
Les zones vertes exposées arrivent en troisième priorité, avec des dispositifs de veille, d’information et des stocks de repli. Le niveau de risque, l’exposition des écoles, la vulnérabilité des enfants, l’accessibilité et les contraintes logistiques font partie des critères annoncés pour répartir ces moyens. Le premier test sera désormais celui de l’application sur le terrain.
Le rapport sanitaire du 29 août fait état de préparatifs ponctuels en lien avec la rentrée : 78 enfants ont notamment été sensibilisés à Nia-Nia, en Ituri. Mais ce même document relève plusieurs difficultés dans la riposte sanitaire, notamment dans le suivi des contacts et la mise en œuvre de certaines mesures de prévention.
En Ituri, les enseignants divisés
C’est précisément en Ituri que la crise sanitaire rencontre une autre difficulté : la contestation d’une partie des enseignants. Des représentants syndicaux qui envisageaient de boycotter la rentrée apparaissent désormais divisés. Certains acceptent la reprise, tandis que d’autres restent réticents.
Même parmi ceux qui envisagent de retourner en classe, les réserves sanitaires ne sont pas totalement levées. Un membre d’une délégation de l’Intersyndicale interrogé par RFI estime que les conditions ne permettent pas encore d’être assuré que les élèves et les enseignants seront suffisamment protégés face à Ebola. La question en Ituri sera donc double : les écoles peuvent-elles effectivement reprendre et, lorsqu’elles rouvrent, les dispositifs sanitaires annoncés sont-ils réellement opérationnels ?
Dans la majeure partie du territoire, le principe reste celui d’une rentrée en présentiel. Le gouvernement réaffirme également la gratuité de l’enseignement primaire public et demande aux responsables scolaires de respecter les dispositions en vigueur sur les frais scolaires. Cette rentrée sera aussi marquée par le lancement de 78 cantines scolaires pilotes, soit trois par province, ainsi que de « Clubs de veille citoyenne », selon le ministère. Mais la reprise se déroule surtout sous trois contraintes : l’épidémie d’Ebola, un conflit social avec une partie des enseignants et la situation particulière des territoires contrôlés par l’AFC/M23.
Face à Ebola, trois niveaux de rentrée
Le défi sanitaire concerne directement six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé. Selon le rapport de situation arrêté au 29 août, 60 zones de santé sur 151 dans ces six provinces ont été touchées depuis le début de l’épidémie. L’Ituri en reste très largement l’épicentre : elle concentre 82,3 % des cas confirmés cumulés, avec 28 zones de santé affectées sur 36.
Le ministère de l’Éducation a donc prévu un système évolutif plutôt qu'une règle unique pour toutes les écoles concernées. Le principe retenu est précis : les autorités sanitaires déterminent le niveau de risque ; le ministère de l’Éducation décide ensuite de la modalité d’enseignement correspondante et de l’allocation des ressources.
Trois catégories ont été définies. Dans les zones vertes, le présentiel est normal, avec des mesures de prévention de base : hygiène, circuit d’alerte, surveillance des absences et disponibilité de supports d’enseignement à distance. Dans les zones orange, les élèves continuent à fréquenter l’école, mais avec des mesures sanitaires renforcées, une veille quotidienne et une liaison entre établissements et services de santé. Le dispositif doit pouvoir être renforcé dans un délai de 48 heures en cas d’évolution de la situation. Dans les zones rouges, à haut risque, le ministère prévoit un recours temporaire à un enseignement à distance léger. Il ne s’agit pas nécessairement d’enseignement en ligne : les élèves pourront recevoir des feuilles de travail et suivre, lorsque ces moyens existent, des programmes par radio ou télévision. Le ministère prévoit également une distribution échelonnée des supports, un suivi des élèves et un soutien psychosocial. Aucun regroupement automatique n’est prévu.
Le 20 août, Raïssa Malu avait indiqué que, sur 138 sous-divisions éducationnelles dans les provinces administratives concernées, 40 étaient touchées par l’épidémie et 18 classées à haut risque.
Les zones les plus exposées prioritaires pour les moyens
La différenciation concerne également les ressources. Les zones rouges sont placées en priorité 1, avec des moyens destinés à la continuité pédagogique, à un paquet sanitaire minimum et aux mécanismes d’alerte et de protection. Les zones orange constituent la priorité 2 : prépositionnement des ressources, préparation logistique, communication et réponse aux besoins en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement.
Les zones vertes exposées arrivent en troisième priorité, avec des dispositifs de veille, d’information et des stocks de repli. Le niveau de risque, l’exposition des écoles, la vulnérabilité des enfants, l’accessibilité et les contraintes logistiques font partie des critères annoncés pour répartir ces moyens. Le premier test sera désormais celui de l’application sur le terrain.
Le rapport sanitaire du 29 août fait état de préparatifs ponctuels en lien avec la rentrée : 78 enfants ont notamment été sensibilisés à Nia-Nia, en Ituri. Mais ce même document relève plusieurs difficultés dans la riposte sanitaire, notamment dans le suivi des contacts et la mise en œuvre de certaines mesures de prévention.
En Ituri, les enseignants divisés
C’est précisément en Ituri que la crise sanitaire rencontre une autre difficulté : la contestation d’une partie des enseignants. Des représentants syndicaux qui envisageaient de boycotter la rentrée apparaissent désormais divisés. Certains acceptent la reprise, tandis que d’autres restent réticents.
Même parmi ceux qui envisagent de retourner en classe, les réserves sanitaires ne sont pas totalement levées. Un membre d’une délégation de l’Intersyndicale interrogé par RFI estime que les conditions ne permettent pas encore d’être assuré que les élèves et les enseignants seront suffisamment protégés face à Ebola. La question en Ituri sera donc double : les écoles peuvent-elles effectivement reprendre et, lorsqu’elles rouvrent, les dispositifs sanitaires annoncés sont-ils réellement opérationnels ?