Rapport OCDE: un ingénieur financier explique le classement "en catégorie 7" du Sénégal



Dans le dernier rapport de l'OCDE relatif à la «Classification des risques pays» pour les crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public, le Sénégal affiche une stabilité notable, bien que située dans la tranche de vigilance maximale. Selon les données officielles applicables à compter du 30 janvier 2026, le pays conserve sa classification de niveau 7, identique à son évaluation précédente.

Pour l'ingénieur financier, Dr Saliou Dramé, cette classification est un indicateur clé pour déterminer les conditions d'assurance et de garantie des transactions commerciales internationales. “Pour le Sénégal , le maintien en catégorie 7 souligne les défis persistants liés à la vulnérabilité économique face aux chocs externes, malgré les efforts de développement structurel engagés”.

Selon Dr Dramé, l'affirmation selon laquelle le Sénégal ne bénéficierait d'aucun crédit des pays de l'UE et de l'OCDE est à nuancer.  “Un classement en catégorie 7 signifie que les primes d'assurance-crédit à l'exportation deviennent très coûteuses ou que les garanties publiques ne sont plus accordées par les agences de crédit des pays développés”, explique l'ingénieur financier. 

En termes de conséquences directes sur le Sénégal, Dr Dramé affirme que cela pourrait rendre les prêts directs et concessionnels (prêts à taux préférentiels) extrêmement difficiles à obtenir, “car les prêteurs considèrent le risque de défaut comme maximal”. L’ingénieur financier précise que  ce n'est pas une interdiction formelle de prêt, mais “un mécanisme de marché qui ferme de fait l'accès aux financements classiques basés sur les règles de l'OCDE”.

D'après l'ingénieur financier, si ce score place le Sénégal  dans une catégorie de “vigilance élevée”, à l'instar de voisins comme la Côte d'Ivoire ou le Ghana, il ne saurait occulter le dynamisme de son économie. “Depuis 1999, le Sénégal a oscillé entre les échelons 6 et 7, témoignant d'une résilience face aux chocs extérieurs, mais aussi d'une dépendance continue aux marchés de matières premières et aux flux financiers internationaux”, a conclu Dr. Dramé.

F. Bakary Camara

Vendredi 20 Février 2026 13:09


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