Rapports 2024 et 2025 de l'ONLPL : le Président Diomaye Faye promet une exploitation « minutieuse » des recommandations



Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce jeudi 23 juillet 2026 les rapports annuels 2024 et 2025 de l'Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL), Mécanisme national de prévention de la torture.

Selon la Présidence de la République, le chef de l'État a rappelé que cet exercice va « au-delà des exigences de transparence et de redevabilité ». Il constitue, selon lui, « un moment de vérité sur la manière dont l'État traite ceux qu'il prive de liberté ».

Le Président Faye a souligné que « l'Observateur national n'est ni un censeur des agents d'application des lois, ni un avocat des personnes privées de liberté. Il est le regard que la République pose sur elle-même, dans ces lieux clos où se mesure, plus qu'ailleurs, la sincérité de son attachement à la dignité humaine ».

Au cours des deux dernières années, l'institution a effectué 124 visites dans les lieux de privation de liberté et formulé plus d'une centaine de recommandations. Le chef de l'État a salué ces résultats, estimant qu'ils sont le fruit d'une démarche fondée sur « la coopération et le dialogue », menée avec « discernement, esprit d'ouverture et sens du dialogue ».

Bassirou Diomaye Faye a assuré que « ces recommandations feront l'objet d'une exploitation minutieuse par les ministères concernés, sous la coordination du Premier ministre, en vue de leur mise en œuvre concrète ».

Le Président a également rappelé que l'actualisation du cadre juridique de l'Observatoire, recommandée lors des Assises de la justice, s'est concrétisée avec la loi n°2026-02 du 26 février 2026, qui renforce notamment l'ancrage institutionnel du mécanisme à la Primature.

Finalisation de la révision des textes 

S'agissant de la prise en charge des personnes gardées à vue, il a demandé aux ministres concernés de faire « l'état des lieux pour l'application effective des textes en vigueur » et a exhorté le garde des Sceaux à finaliser leur révision.

Concernant la surpopulation carcérale, le chef de l'État a appelé à « une réflexion approfondie sur le développement des peines alternatives à l'incarcération et un meilleur encadrement de la détention provisoire ».

Il s'est également prononcé sur les fouilles jugées attentatoires à la dignité humaine, estimant que « les moyens technologiques aujourd'hui disponibles, tels les portiques de détection, permettent d'y apporter une réponse respectueuse des personnes », tout en souhaitant l'équipement progressif des établissements pénitentiaires.

À l'endroit du personnel pénitentiaire, le Président a assuré que « les mesures appropriées seront prises pour la finalisation du projet de loi portant statut du personnel de l'Administration pénitentiaire », une réforme qui devrait ouvrir la voie à l'élaboration d'un code pénitentiaire. Il a souligné qu'il s'agit d'« une exigence de justice sociale envers des agents qui accomplissent, dans l'ombre des murs, l'une des missions les plus rudes de la République ».

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a présenté ses condoléances à l'Observateur national des lieux de privation de liberté à la suite du décès du commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Mamadou Yandé Boye, observateur délégué, saluant son engagement au service de l'État durant 47 années.

Moussa Ndongo

Jeudi 23 Juillet 2026 19:33


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