Ratko Mladic, le «boucher des Balkans», ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, est mort

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, surnommé le « boucher des Balkans », condamné à perpétuité par la justice internationale, notamment pour le génocide de Srebrenica en 1995, est mort jeudi 27 août 2026, a annoncé la télévision nationale de Serbie (RTS).



« Ratko Mladic [qui purgeait sa peine de prison dans une unité de détention des Nations unies à La Haye, NDLR], ancien commandant de l'armée de la Republika Srpska [...] est mort à l'âge de 84 ans », a indiqué la télévision nationale de Serbie (RTS) sur son site. « M. Ratko Mladic est mort aujourd'hui alors qu'il était hospitalisé à La Haye », a ainsi confirmé le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux, ajoutant que la juge Graciela Gatti Santana avait ordonné « une enquête approfondie sur les circonstances de son décès. »
 
Ratko Mladic, qui était gravement malade depuis des mois, est décédé quelques jours après le dernier rejet par le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux de l'ONU à La Haye (Pays-Bas) de la demande de sa famille et du gouvernement serbe pour qu'il soit transféré dans un hôpital militaire de Belgrade pour y être soigné.
 
« C'est un assassinat silencieux de mon père », avait dénoncé la semaine dernière son fils Darko Mladic, après avoir visité son père à La Haye. Il avait alors affirmé que les médecins du centre pénitentiaire avaient « entièrement arrêté les soins ».
 
Surnommé le « boucher des Balkans », il incarnait le visage militaire d'un sinistre trio - aux côtés de l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic et de l'ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic - au moment où l'ex-Yougoslavie sombrait dans le carnage après la chute du communisme.
 
Distribution de bonbons à des enfants qui allaient ensuite être massacrés à Srebrenica
Cet ancien général, qui dirigeait les forces serbes de Bosnie pendant la guerre intercommunautaire de 1992 à 1995, a été condamné en 2017 à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie, qui a fait près de 100 000 morts, un verdict confirmé en appel en 2021. Près de 2,2 millions de personnes ont également été déplacées en raison de la guerre.
 
Parmi ces crimes figure notamment le massacre d'environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques commis en juillet 1995 dans la région de Srebrenica (Est).
 
Des images d'époque le montraient en train de distribuer des bonbons à des enfants avant que ces derniers et les femmes de cette ville ne soient emmenés à bord de cars tandis que les hommes et les garçons étaient conduits dans une forêt pour y être tués. Leurs corps ont été jetés dans des fosses communes. Nombre d'entre elles ont par la suite été rouvertes et les restes déplacés afin de tenter de dissimuler les preuves.
 
Les rares survivants ont livré des récits poignants de meurtres, de tortures et de viols perpétrés par les membres des forces serbes de Bosnie.
 
En novembre 1995, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a inculpé Ratko Mladic qui, démis de ses fonctions, a échappé à son arrestation pendant encore 16 ans. Il a alors d'abord mené une vie de luxe, choyé par l'armée en Serbie, où certains le considèrent encore aujourd'hui comme un héros.
 
Coupable de « nettoyage ethnique »
La pression s'est toutefois accrue sur lui après la chute de Milosevic en 2000 et il avait finalement été arrêté en 2011 en Serbie, puis transféré à La Haye. Il a invectivé les juges à maintes reprises, qualifiant le tribunal d' « enfant des puissances occidentales » et se présentant comme la « cible de l'Otan ».
Condamné en 2017 à la prison à vie, une peine confirmée en appel en 2021, Ratko Mladic a également été reconnu coupable d'avoir orchestré une vaste campagne de « nettoyage ethnique », destinée à chasser des populations de zones clés afin de créer une « Grande Serbie ».
 
La justice internationale a estimé que les crimes qu'il avait commis figuraient « parmi les plus odieux connus de l'humanité » et l'ancien Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains Zeid Ra'ad al-Hussein l'a qualifié d'« incarnation du mal ».
 
Son âge a par ailleurs toujours fait l'objet de controverses : il affirmait en effet être né en mars 1943 alors que le tribunal situait sa naissance en 1942.
 
Malgré tous les témoignages et sa condamnation, Ratko Mladic est toujours glorifié par certains dirigeants politiques serbes et par des Serbes de Bosnie.

RFI

Jeudi 27 Aout 2026 18:21


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