L’interview du Président Bassirou Diomaye Faye à la RTS n’a pas, seulement, éclairé sa vision. Elle a surtout mis à nu les zones de tension au cœur même du pouvoir exécutif. Et derrière la maîtrise du discours, une réalité politique s’impose : le Président tente de reprendre la main sur un espace politique où les dynamiques partisanes semblent parfois prendre le pas sur la logique institutionnelle.
Sa sortie sur Pastef en est le point de fracture le plus net : «Pastef n’a jamais cru à un guide… Si le parti ne se ressaisit pas, il va se disloquer». Ce n’est pas une phrase anodine. C’est une alerte. C’est un recadrage. C’est une manière de dire que le pouvoir ne peut pas être capturé par une logique de camp, encore moins, par une dynamique de fidélité personnelle. L’État n’est pas une extension d’un parti. Et la République ne peut pas fonctionner sous tension permanente entre logique institutionnelle et réflexes partisans.
Dans ce contexte, la question du leadership politique autour du Premier ministre Ousmane Sonko devient centrale. Non pas dans une logique d’attaque personnelle, mais, dans l’analyse d’un déséquilibre politique latent : celui d’un exécutif où les lignes de pouvoir, d’influence et de communication ne semblent pas toujours, parfaitement, harmonisées.
Le Président, lui, rappelle une évidence que beaucoup feignent d’oublier : la République ne fonctionne ni par émotion, ni par dynamique militante, ni par logique de loyauté personnelle. Elle fonctionne par institutions, par hiérarchie de l’État, et par responsabilité collective.
Or, dans toute phase de transformation politique, les dérives possibles sont connues : multiplication des centres d’impulsion, concurrence implicite des légitimités, et parfois dilution de la chaîne de décision dans les appareils politiques et administratifs. C’est précisément contre cela que la parole présidentielle s’inscrit en contrepoids.
Sur l’opposition, Bassirou Diomaye Faye adopte une posture différente, presque chirurgicale. Il reconnaît son autonomie, mais, l’enferme dans une exigence : le dialogue. Là encore, il neutralise les stratégies de tension systématique. Il refuse la logique du chaos politique comme mode d’expression démocratique.
Mais, le véritable enjeu est ailleurs : c’est la discipline de l’action publique elle-même. Car, un pouvoir ne se juge pas à la densité de ses discours, mais, à la cohérence de son exécution. Et c’est là que se joue, aujourd’hui, la crédibilité de l’exécutif : dans la capacité à transformer une pluralité de forces politiques en une machine d’État cohérente.
Le Président semble, ainsi, engager un travail de recentrage silencieux, mais, profond : remettre l’institution présidentielle au cœur du dispositif, rappeler la primauté de l’État sur les logiques partisanes, et réaffirmer que gouverner n’est pas prolonger un combat politique, mais, organiser une responsabilité nationale.
Dans ce contexte, les comportements politiques, les rythmes d’action et les priorités de certains segments de l’appareil exécutif (ministres comme directeurs généraux et autres députés) sont, désormais, implicitement, soumis à une exigence nouvelle : celle de l’efficacité, de la cohérence et de la lisibilité de l’action publique.
Une chose semble, désormais, claire : le pouvoir n’est plus dans la conquête, il est dans la preuve.
Et cette preuve ne se joue ni dans les discours, ni dans les symboles, mais, dans la capacité à faire fonctionner l’État avec rigueur, discipline et résultats.
C’est là que se jouera, in fine, la vérité du pouvoir actuel. Pas dans les postures. Pas dans les récits. Mais, dans la gouvernance réelle.
Par Babou Biram Faye
Sa sortie sur Pastef en est le point de fracture le plus net : «Pastef n’a jamais cru à un guide… Si le parti ne se ressaisit pas, il va se disloquer». Ce n’est pas une phrase anodine. C’est une alerte. C’est un recadrage. C’est une manière de dire que le pouvoir ne peut pas être capturé par une logique de camp, encore moins, par une dynamique de fidélité personnelle. L’État n’est pas une extension d’un parti. Et la République ne peut pas fonctionner sous tension permanente entre logique institutionnelle et réflexes partisans.
Dans ce contexte, la question du leadership politique autour du Premier ministre Ousmane Sonko devient centrale. Non pas dans une logique d’attaque personnelle, mais, dans l’analyse d’un déséquilibre politique latent : celui d’un exécutif où les lignes de pouvoir, d’influence et de communication ne semblent pas toujours, parfaitement, harmonisées.
Le Président, lui, rappelle une évidence que beaucoup feignent d’oublier : la République ne fonctionne ni par émotion, ni par dynamique militante, ni par logique de loyauté personnelle. Elle fonctionne par institutions, par hiérarchie de l’État, et par responsabilité collective.
Or, dans toute phase de transformation politique, les dérives possibles sont connues : multiplication des centres d’impulsion, concurrence implicite des légitimités, et parfois dilution de la chaîne de décision dans les appareils politiques et administratifs. C’est précisément contre cela que la parole présidentielle s’inscrit en contrepoids.
Sur l’opposition, Bassirou Diomaye Faye adopte une posture différente, presque chirurgicale. Il reconnaît son autonomie, mais, l’enferme dans une exigence : le dialogue. Là encore, il neutralise les stratégies de tension systématique. Il refuse la logique du chaos politique comme mode d’expression démocratique.
Mais, le véritable enjeu est ailleurs : c’est la discipline de l’action publique elle-même. Car, un pouvoir ne se juge pas à la densité de ses discours, mais, à la cohérence de son exécution. Et c’est là que se joue, aujourd’hui, la crédibilité de l’exécutif : dans la capacité à transformer une pluralité de forces politiques en une machine d’État cohérente.
Le Président semble, ainsi, engager un travail de recentrage silencieux, mais, profond : remettre l’institution présidentielle au cœur du dispositif, rappeler la primauté de l’État sur les logiques partisanes, et réaffirmer que gouverner n’est pas prolonger un combat politique, mais, organiser une responsabilité nationale.
Dans ce contexte, les comportements politiques, les rythmes d’action et les priorités de certains segments de l’appareil exécutif (ministres comme directeurs généraux et autres députés) sont, désormais, implicitement, soumis à une exigence nouvelle : celle de l’efficacité, de la cohérence et de la lisibilité de l’action publique.
Une chose semble, désormais, claire : le pouvoir n’est plus dans la conquête, il est dans la preuve.
Et cette preuve ne se joue ni dans les discours, ni dans les symboles, mais, dans la capacité à faire fonctionner l’État avec rigueur, discipline et résultats.
C’est là que se jouera, in fine, la vérité du pouvoir actuel. Pas dans les postures. Pas dans les récits. Mais, dans la gouvernance réelle.
Par Babou Biram Faye