Reconnaissance du féminicide, réforme du Code de la famille : le plaidoyer des organisations féministes au ministre Moussa Sarr



Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu ce lundi 7 septembre 2026 une délégation d’organisations féminines et féministes engagées dans la promotion et la protection des droits des femmes et des filles.

La délégation regroupait plusieurs représentantes de la société civile, notamment Aminata Diallo d’Actrices Culturelles Ensemble (ACE), Maïmouna Yade et Oussama Sagna de J-Gen Sénégal, la sociologue Selly Ba, ainsi que des membres du Réseau des Féministes du Sénégal et du Collectif des Féministes du Sénégal.

Madjiguène Sarr de l’Association des juristes sénégalaises (AJS), Marina Kabou du Collectif Dafadoy, Zipporah Dulcie Ndionne de Roajelf, Ngoné Sarr de Pencum Ndakarou et Amy Sakho de Libéra ont également pris part à cette rencontre.

Au cours des échanges, les représentantes ont salué la disponibilité du ministre et son engagement en faveur des droits des femmes et des filles. Elles ont également présenté les travaux préparatoires aux assises nationales envisagées sur cette question et plaidé pour la mise en place d’un cadre permanent de dialogue et de concertation avec l’État.

Plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées, parmi lesquelles la « reconnaissance du féminicide comme infraction autonome, la refonte du Code de la famille et la question de l’avortement médicalisé dans les cas de viol et d’inceste ».

La situation des femmes détenues, les violences faites aux femmes et aux enfants ainsi que le harcèlement, notamment sur les plateformes numériques, ont également été évoqués.

Les organisations ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la prise en charge des victimes et la formation des forces de défense et de sécurité. Elles ont salué le rôle joué par les Maisons de Justice, tout en appelant à un renforcement de leurs moyens.

Le féminicide pris en compte

En réponse aux différentes préoccupations, Me Moussa Sarr a assuré avoir accordé une attention particulière aux recommandations formulées par les organisations.

Le ministre a notamment indiqué que la question des violences faites aux femmes et aux filles sera prise en compte dans le cadre de la future circulaire de politique pénale générale.

Sur la reconnaissance du féminicide comme infraction spécifique, le Garde des Sceaux s'est dit, a priori, favorable à une consécration autonome de cette infraction dans l’arsenal juridique.

Concernant la réforme du Code de la famille et l’avortement médicalisé dans les cas de viol et d’inceste, Me Moussa Sarr a souligné a souligné le caractère sensible de ces questions et souhaite la poursuite de la réflexion et des échanges en vue de trouver des « compromis dynamiques prenant en charge les diverses opinions des Sénégalais ».

Vers un cadre permanent de concertation

Le ministre de la Justice a également réaffirmé que les organisations de défense des droits humains constituent des partenaires privilégiés de l’État.

Il a ainsi évoqué la mise en place prochaine d’un cadre permanent de concertation, d’échanges et de dialogue réunissant les organisations de défense des droits humains au moins une fois par an afin de faire le point sur la situation des droits humains au Sénégal.

La création d’un comité ad hoc chargé de préparer une stratégie nationale en matière de droits humains est également à l’étude.

Cette audience s’est finalement achevée sur un engagement commun des deux parties à poursuivre le dialogue et la concertation en vue de renforcer la protection et la promotion des droits des femmes et des filles au Sénégal.

Moussa Ndongo

Lundi 7 Septembre 2026 23:57


Dans la même rubrique :