Après l’adoption de la modification de deux articles du code électoral (L.29 et L.30) par l’Assemblée nationale, le 28 avril 2026, Me Aissata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire de l’opposition “Takku-Wallu”, a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel pour contester une “loi hyper dangereuse” et un “galimatias législatif”.
Réagissant à cette situation, l’ancien ministre Mame Mbaye Niang a demandé à “ses camardes” de ne pas déposer de recours, indiquant que ce recours ne relève pas de leur camp mais du Président de la République. “Je pense que ce n'est pas à l'opposition de déposer de recours. Parce que, tout simplement, vous avez entendu la coalition Diomaye qui se démarque aux yeux de l'opinion de ce projet de loi qui a été adopté par les députés Pastef ”, a-t-il martelé sur les ondes de la RFM, lors du bulletin d'information de 12 heures.
Selon lui, Diomaye Faye dispose, à travers la Constitution, de tous les moyens nécessaires pour empêcher l’adoption d’un texte qu’il jugerait contraire aux principes fondamentaux. “Qu'il ne veuille pas le faire, ça n'engage que lui, ce sont ses responsabilités, c'est lui qui a pris l'engagement de protéger la constitution et de défendre la constitution du Sénégal”, a-t-il soutenu.
Mame Mbaye a aussi déclaré que le Président Diomaye Faye s’est désengagé de ses responsabilités au profit de son Premier ministre Ousmane Sonko, laissant ce dernier “agir à sa guise”.
“Au nom de quoi est-ce que l'opposition devrait se battre à la place de Diomaye qui a décidé de façon volontaire de se soustraire de ses responsabilités et de laisser son Premier ministre faire ce qu'il veut ? Au nom de quoi est-ce que nous opposants, on devrait se battre pour Diomaye qui a renoncé à ses privilèges de droit, qui a renoncé au pouvoir que la Constitution lui a donné, qui a renoncé à maintenir l'équilibre entre les institutions et laisser son Premier ministre agir comme il le veut depuis deux ans”, a-t-il questionné.
Il a également dénoncé l’attitude des membres de la coalition “Diomaye Président” vis-à-vis du projet de loi. “ Et aujourd'hui on veut nous faire croire que la coalition Diomaye se démarque de cette loi et propose d'autres lois qui modifient la constitution sans pour autant passer par référendum”, a déploré Mame Mbaye Niang. En poursuivant, il a invité au Président de la République “d’assumer pleinement ses responsabilités et ne pas compter sur eux (opposants)”.
Cette réforme du code électoral est perçue par l’opposition comme un moyen pour lever l’inéligibilité de Ousmane Sonko pour la présidentielle de 2029. Au même moment, le Premier ministre estime qu'il est éligible, en raison de la loi d'amnistie votée en 2023. "Ce débat est derrière nous", a soutenu le ministre de l'Intérieur, Me Bamba Cissé, lors de l'adoption de la modification du Code électoral.
Pour rappel, Ousmane Sonko a été condamné de façon définitive pour diffamation après qu'il a accusé Mame Mbaye Niang d'être impliqué dans un rapport de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) concernant une gestion scandaleuse de 29 milliards de FCFA au PRODAC. C'est ce dossier qui a même entrainé son inéligibilité pour l’élection présidentielle de 2024.