Restitutions culturelles : "l’Afrique exige plus que des gestes symboliques", selon Jean D



Le colloque international « Souverainetés et restitutions des œuvres culturelles » s’est ouvert le 24 février à Dakar, rassemblant pendant quatre jours des experts et professionnels de musées venus d'une dizaine de pays. L'objectif principal de cette rencontre est de débattre des « conditions scientifiques, juridiques et politiques du retour des œuvres conservées hors du continent », selon Jean D.

L'enjeu stratégique de cet événement dépasse les simples échanges académiques. Jean D. précise qu'il s'agit de « documenter précisément les biens culturels exilés, d’en retracer la provenance et de préparer d’éventuelles demandes officielles ». Des ateliers méthodologiques ont ainsi permis aux participants de travailler sur des manuscrits et des objets rituels conservés en Europe, illustrant une « volonté africaine de reprendre la maîtrise du récit historique et du patrimoine matériel ».

Le bilan actuel des restitutions demeure cependant contrasté. Le Sénégal n'a obtenu qu'une seule restitution officielle de la France en 2019, celle du sabre d’El Hadj Omar Tall, tandis que la Côte d’Ivoire vient d’enregistrer une avancée avec la restitution du tambour parleur Djidji Ayôkwé. Jean D. souligne que dans ce « rapport déséquilibré, seules les autorités étatiques peuvent formuler des demandes formelles ».

En conclusion de son analyse, Jean D. rapporte que pour de nombreux observateurs panafricains, ces « restitutions tardives correspondent simplement au retour de biens qui n’auraient jamais dû quitter le continent ». Le débat exige désormais une reconnaissance des crimes coloniaux, car la souveraineté culturelle « implique la reconnaissance pleine et entière d’un passé marqué par la dépossession ».


Samedi 28 Février 2026 23:23


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