Sur le marchepied d’une fourgonnette jaune-bleu, l’apprenti hèle une dame qui presse le pas vers lui. Il est aidé dans sa quête de clients par son patron, un chauffeur qui marchandait avec une autre fille élégante dans son pantalon « super 100 » assorti d’une chemise bleu-ciel aux manches courtes. Lunettes de couleur noire fumée bien ajustées, elle lance un sourire au chauffeur avec des lèvres bien colorées avec un rouge à lèvres mat. Pendant que conducteur et apprenti cherchaient à faire le plein de leur véhicule de transport en commun, une dame à la corpulence débordante affiche une colère noire. Et déverse sa bile sur le conducteur du « car rapide » et son apprenti.
Masque négligemment posé sur le visage, et pendant sur l’oreille gauche, la dame gesticule, la main tendue vers l’apprenti. Elle réclame la monnaie de son billet de 500 francs pour un trajet à 100 francs le tarif. bientôt, elle va arriver à destination et elle attend toujours sa monnaie ! « Patience mère », la rassure l’apprenti qui tenait quelques billets pincés entre les cinq doigts de sa main gauche, pendant que l’autre main tapait sur le « ferraille » tenant lieu de carrosserie afin de donner le top départ au chauffeur. Le jeune homme venait de trouver trois autres clients montés à partir du lieudit « Croisement 22 » afin de contribuer à réduire le nombre de places vacantes. La « grosse » dame va descendre non sans lancer des piques au « driver » et à son apprenti auxquels elle demande de profiter des quelques petits jours de circulation qui restent encore à leur cercueil roulant. Sonné par la charge de la « mamie », le jeune apprenti lui envoie en retour une insulte juste au moment où le véhicule s’apprêtait à continuer sa course. C’était ainsi parti pour un débat sur un sujet plus qu’actuel.
Il s’agit du projet de retrait de la circulation des véhicules de transport en commun âgés de plus de 40 ans. Une décision du chef de l’Etat qui a déjà commencé à « moderniser » le parc automobile avec la réception d’un nombre important de minibus. En un court laps de temps, tous les passagers avaient fini de donner leur point de vue sur la question. « Il est temps qu’on modernise le parc automobile. Quand le monde évolue, il faut évoluer avec. La décision vient vraiment à son heure. Il y a beaucoup d’accidents causés par l’indiscipline des conducteurs et leurs apprentis qui pensent transporter des animaux. Alors qu’ils transportent des humains », éructe un passager pourtant fidèle usager des cars rapides. Un point de vue mal apprécié par l’apprenti qui, en comptant les quelques pièces gagnées jusque dans la mi-journée, trouve la mesure insensée. Une décision qui fâche donc l’apprenti du jour qui estime que « cette décision rime avec une perte d’emplois, et un risque d’augmentation du taux de chômage à Dakar voire dans les régions ».
Sous un soleil de plomb, alors que le jeune apprenti cherchait désespérément des clients remplir sa guimbarde, son chauffeur, Cheikh Ngouda Kébé, s’emporte rien qu’à l’évocation de cette décision qui venait d’être annoncée par le gouvernement. « Je ne comprends vraiment pas nos autorités. Elles n’associent jamais les concernés quand elles prennent leurs décisions. Elles font tout dans leurs bureaux. Et c’est vraiment écœurant », se désole le sieur Kébé qui se demande si l’Etat a, au préalable, fait une étude de terrain avant de prendre une telle décision. « Il s’agit en tout cas d’une situation un peu délicate. Car ces types de véhicules sont toujours empruntés par les couches les plus vulnérables de la société. Si jusqu’à présent les clients prennent les cars-rapides, malgré la mise en circulation des bus Dakar Dem Dikk, c’est parce que ces moyens de transport ont toujours fait l’affaire. Même si parfois ils nous font perdre beaucoup de temps. Mais je ne m’en plains jamais parce que les Dakar Dem Dikk et autres transports publics ne font jamais l’affaire. Ils ne respectent jamais la durée d’attente. On nous fait parfois attendre des heures. Les fidèles usagers de ces cars ont souffert quand l’Etat a pris des mesures de restrictions dans le secteur du transport. Que l’Etat renouvelle le parc des véhicules, c’est bien. Mais comment compte-t-il réussir la mise en œuvre d’un projet aussi vaste que complexe ? », s’interroge un père de famille qui pense quand même que la mesure gouvernementale a été mûrement étudiée.
Mais pour Pape Thioro sarr, un autre passager du car rapide, le projet n’est pas une mauvais chose s’il est décidé pour des raisons sécuritaires, environnementales voire esthétiques… Pour lui, « ces types de véhicules cars-rapides comme Ndiaga Ndiaye, de même que les 7 places, ne décorent plus comme avant voire esthétiques. L’essentiel c’est que le projet de retrait des véhicules de 40 ans soit bien suivie et bien encadrée ». C’est également la préoccupation du patron du syndicat des transporteurs, M. Gora Khouma, qui certes salue l’initiative du gouvernement, mais qui émet tout de même des réserves quant aux procédures d’octroi des nouveaux véhicules. « Le parc est vétuste et nous avons toujours demandé qu’il y ait des renouvellements. Tout le monde en a besoin. Cela dit, il reste la faisabilité. Il faudra tout faire pour que cette faisabilité ne pose pas des problèmes aux acteurs », a-t-il prévenu.
Le Témoin
Masque négligemment posé sur le visage, et pendant sur l’oreille gauche, la dame gesticule, la main tendue vers l’apprenti. Elle réclame la monnaie de son billet de 500 francs pour un trajet à 100 francs le tarif. bientôt, elle va arriver à destination et elle attend toujours sa monnaie ! « Patience mère », la rassure l’apprenti qui tenait quelques billets pincés entre les cinq doigts de sa main gauche, pendant que l’autre main tapait sur le « ferraille » tenant lieu de carrosserie afin de donner le top départ au chauffeur. Le jeune homme venait de trouver trois autres clients montés à partir du lieudit « Croisement 22 » afin de contribuer à réduire le nombre de places vacantes. La « grosse » dame va descendre non sans lancer des piques au « driver » et à son apprenti auxquels elle demande de profiter des quelques petits jours de circulation qui restent encore à leur cercueil roulant. Sonné par la charge de la « mamie », le jeune apprenti lui envoie en retour une insulte juste au moment où le véhicule s’apprêtait à continuer sa course. C’était ainsi parti pour un débat sur un sujet plus qu’actuel.
Il s’agit du projet de retrait de la circulation des véhicules de transport en commun âgés de plus de 40 ans. Une décision du chef de l’Etat qui a déjà commencé à « moderniser » le parc automobile avec la réception d’un nombre important de minibus. En un court laps de temps, tous les passagers avaient fini de donner leur point de vue sur la question. « Il est temps qu’on modernise le parc automobile. Quand le monde évolue, il faut évoluer avec. La décision vient vraiment à son heure. Il y a beaucoup d’accidents causés par l’indiscipline des conducteurs et leurs apprentis qui pensent transporter des animaux. Alors qu’ils transportent des humains », éructe un passager pourtant fidèle usager des cars rapides. Un point de vue mal apprécié par l’apprenti qui, en comptant les quelques pièces gagnées jusque dans la mi-journée, trouve la mesure insensée. Une décision qui fâche donc l’apprenti du jour qui estime que « cette décision rime avec une perte d’emplois, et un risque d’augmentation du taux de chômage à Dakar voire dans les régions ».
Sous un soleil de plomb, alors que le jeune apprenti cherchait désespérément des clients remplir sa guimbarde, son chauffeur, Cheikh Ngouda Kébé, s’emporte rien qu’à l’évocation de cette décision qui venait d’être annoncée par le gouvernement. « Je ne comprends vraiment pas nos autorités. Elles n’associent jamais les concernés quand elles prennent leurs décisions. Elles font tout dans leurs bureaux. Et c’est vraiment écœurant », se désole le sieur Kébé qui se demande si l’Etat a, au préalable, fait une étude de terrain avant de prendre une telle décision. « Il s’agit en tout cas d’une situation un peu délicate. Car ces types de véhicules sont toujours empruntés par les couches les plus vulnérables de la société. Si jusqu’à présent les clients prennent les cars-rapides, malgré la mise en circulation des bus Dakar Dem Dikk, c’est parce que ces moyens de transport ont toujours fait l’affaire. Même si parfois ils nous font perdre beaucoup de temps. Mais je ne m’en plains jamais parce que les Dakar Dem Dikk et autres transports publics ne font jamais l’affaire. Ils ne respectent jamais la durée d’attente. On nous fait parfois attendre des heures. Les fidèles usagers de ces cars ont souffert quand l’Etat a pris des mesures de restrictions dans le secteur du transport. Que l’Etat renouvelle le parc des véhicules, c’est bien. Mais comment compte-t-il réussir la mise en œuvre d’un projet aussi vaste que complexe ? », s’interroge un père de famille qui pense quand même que la mesure gouvernementale a été mûrement étudiée.
Mais pour Pape Thioro sarr, un autre passager du car rapide, le projet n’est pas une mauvais chose s’il est décidé pour des raisons sécuritaires, environnementales voire esthétiques… Pour lui, « ces types de véhicules cars-rapides comme Ndiaga Ndiaye, de même que les 7 places, ne décorent plus comme avant voire esthétiques. L’essentiel c’est que le projet de retrait des véhicules de 40 ans soit bien suivie et bien encadrée ». C’est également la préoccupation du patron du syndicat des transporteurs, M. Gora Khouma, qui certes salue l’initiative du gouvernement, mais qui émet tout de même des réserves quant aux procédures d’octroi des nouveaux véhicules. « Le parc est vétuste et nous avons toujours demandé qu’il y ait des renouvellements. Tout le monde en a besoin. Cela dit, il reste la faisabilité. Il faudra tout faire pour que cette faisabilité ne pose pas des problèmes aux acteurs », a-t-il prévenu.
Le Témoin