Une enquête de Organized crime and corruption reporting project (OCCRP) , basée sur des courriels déclassifiés par le ministère américain de la Justice, révèle les dessous de l’amitié méconnue entre Karim Wade et le défunt financier américain Jeffrey Epstein. Tout commence par un cri du cœur électronique envoyé depuis Dakar. Karim Wade, alors en pleine tourmente judiciaire, cherche un relais de poids aux États-Unis. Si la première réaction de Jeffrey Epstein fut de demander : «Excusez-moi, mais qui êtes-vous?», le lien s’est rapidement tissé par l’entremise d’Elisabeth Feliho, une collaboratrice de Wade. Selon les documents du Département de la Justice (DoJ), ce qui n'était qu'une prise de contact s'est transformé en une amitié durable. Avant, pendant et après le procès pour enrichissement illicite qui a conduit à la condamnation de Karim Wade en 2015, Epstein a agi dans l'ombre pour le compte du fils de l'ancien président Abdoulaye Wade.
L’objectif était d’obtenir la liberté et restaurer l’image de Karim Wade auprès des décideurs de Washington et des Nations Unies. En septembre 2015, Elisabeth Feliho sollicitait Epstein pour un paiement. « Le coût total pour 3 mois serait de 100 000 dollars américains et ils sont prêts à commencer dès aujourd’hui », écrivait-elle, en référence à une société d'influence. L’amitié entre les deux hommes ne se limitait pas aux dossiers judiciaires. Dès 2010, Epstein confiait à ses proches : « Le président du Sénégal Abdoulaye Wade envoie son fils me voir à Paris ». S'ensuivirent des projets de voyages à travers l'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Sierra Leone, Mali, Maroc, Gabon) en compagnie du sultan Ahmed bin Sulayem, PDG de DP World.
L'intimité entre Wade et Epstein transparaît jusque dans leurs échanges privés. En novembre 2011, alors que Epstein cherchait à acquérir un palais au Maroc, Karim Wade lui glissait ce conseil. « N’oubliez pas la partie harem dans la maison », dit Epstein. « Je suis ravi de m’en occuper. », répond Wade fils. Après la défaite d'Abdoulaye Wade en 2012, Karim s'est tourné vers Epstein pour sa reconversion. Les courriels évoquent la création de SPAC (sociétés à chèque en blanc), des structures boursières opaques permettant d'éviter des contrôles réglementaires stricts. Un mystérieux « Projet Pearl » est également mentionné.
Plus troublant encore, le soutien financier direct. En mai 2014, alors que Wade est en détention, son avocat au Sénégal aurait facturé 500 000 dollars à la Southern Trust Company, la société de conseil d’Epstein basée aux Îles Vierges, pour des « honoraires liés à une assistance juridique ». Même après la condamnation, Epstein n'a pas lâché son "ami". Il a sollicité Thorbjörn Jagland, alors chef du Conseil de l'Europe, et a suivi de près les manœuvres de lobbying auprès de l'administration de Macky Sall. «Mon contact œuvre en coulisses pour faire pression sur Macky Sall et son administration », écrivait Robert Crowe, un lobbyiste américain, à Epstein en avril 2016.À la libération de Wade en juin 2016, une dame très proche de Karim a chaleureusement remercié le financier. « Merci pour tout ce que vous avez fait pour lui ! », écrivait Nina Keita, ancienne mannequin. Sollicité par l’OCCRP, Karim Wade n'a pas répondu aux questions envoyées à son adresse électronique. Ses conseils juridiques au Sénégal n'ont pas non plus souhaité réagir.
L’objectif était d’obtenir la liberté et restaurer l’image de Karim Wade auprès des décideurs de Washington et des Nations Unies. En septembre 2015, Elisabeth Feliho sollicitait Epstein pour un paiement. « Le coût total pour 3 mois serait de 100 000 dollars américains et ils sont prêts à commencer dès aujourd’hui », écrivait-elle, en référence à une société d'influence. L’amitié entre les deux hommes ne se limitait pas aux dossiers judiciaires. Dès 2010, Epstein confiait à ses proches : « Le président du Sénégal Abdoulaye Wade envoie son fils me voir à Paris ». S'ensuivirent des projets de voyages à travers l'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Sierra Leone, Mali, Maroc, Gabon) en compagnie du sultan Ahmed bin Sulayem, PDG de DP World.
L'intimité entre Wade et Epstein transparaît jusque dans leurs échanges privés. En novembre 2011, alors que Epstein cherchait à acquérir un palais au Maroc, Karim Wade lui glissait ce conseil. « N’oubliez pas la partie harem dans la maison », dit Epstein. « Je suis ravi de m’en occuper. », répond Wade fils. Après la défaite d'Abdoulaye Wade en 2012, Karim s'est tourné vers Epstein pour sa reconversion. Les courriels évoquent la création de SPAC (sociétés à chèque en blanc), des structures boursières opaques permettant d'éviter des contrôles réglementaires stricts. Un mystérieux « Projet Pearl » est également mentionné.
Plus troublant encore, le soutien financier direct. En mai 2014, alors que Wade est en détention, son avocat au Sénégal aurait facturé 500 000 dollars à la Southern Trust Company, la société de conseil d’Epstein basée aux Îles Vierges, pour des « honoraires liés à une assistance juridique ». Même après la condamnation, Epstein n'a pas lâché son "ami". Il a sollicité Thorbjörn Jagland, alors chef du Conseil de l'Europe, et a suivi de près les manœuvres de lobbying auprès de l'administration de Macky Sall. «Mon contact œuvre en coulisses pour faire pression sur Macky Sall et son administration », écrivait Robert Crowe, un lobbyiste américain, à Epstein en avril 2016.À la libération de Wade en juin 2016, une dame très proche de Karim a chaleureusement remercié le financier. « Merci pour tout ce que vous avez fait pour lui ! », écrivait Nina Keita, ancienne mannequin. Sollicité par l’OCCRP, Karim Wade n'a pas répondu aux questions envoyées à son adresse électronique. Ses conseils juridiques au Sénégal n'ont pas non plus souhaité réagir.