« Nous avons demandé à tous les importateurs de riz d'aller acheter d'abord le riz de la Vallée, sinon on ne va plus les autoriser à importer ». C’est la stratégie du ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop pour accélérer la vente du stock de riz « made in Sénégal », après avoir suspendu la délivrance des Déclarations d'importation de produits alimentaires. Cela, au grand bonheur des producteurs de riz de la Vallée qui peine a écoulé des tonnes de riz local. Après un tour aux marchés de Grand Yoff et Castors, PressAfrik constate le défi persistant de « consommer ce que nous produisons ».
Dans le marché de Grand Yoff, le riz brisé et importé de l’Asie domine les devantures des boutiques et tables. On y voit diverses qualités avec des marques à connotation asiatique ou locale. « Vends-moi du riz parfumé » : c’est la sempiternelle phrase des femmes trouvées devant un magasin d’épices. Après quelques minutes d’observations, aucune d’entre elles n’a acheté le seul sac de riz local que dispose ce commerçant. Ce long grain n’attire pas les femmes. Interpellé sur les raisons ; WOury Sow, le commerçant répond qu’un sac de riz de la vallée ou produit localement, lui prend plusieurs semaines avant d’être écoulé. « Ceux qui achètent le riz local sont, pour la plupart, des étrangers. Ils achètent également beaucoup le riz étuvé, connu sous la marque « barabara ». Mais les femmes sénégalaises te diront toujours que ce riz manque de saveur ou n’est pas trop délicieux avec le Ceebu jen », confie Woury Sow, dans un sourire moqueur.
Ce n’est pas le cas pour « mère Daba », une restauratrice qui draine des clients à l’heure du repas, dans le marché de Grand Yoff. Cette sexagénaire cuisinait rarement le « Ceebu Walo » (riz de la vallée) à cause du prix qu’elle estime élever. Elle cuisine le riz local trois fois par semaine. « Mes clients apprécient bien le riz local et surtout les hommes. Il l’en raffole, surtout quand c’est accompagné de sauces d’arachides et de gombo. C’est très délicieux. Cependant je le cuisine rarement avec du « Cebu » car la cuisson prend assez de temps », a confié « mère Daba ». Au marché Castors, c’est la même situation : le riz importé dicte sa loi dans nos assiettes. D’ailleurs, plusieurs magasins visités ne vendent pas du riz local. Devant le magasin de Fallou, un grossiste, des jeunes s’affairent à débarquer le camion de « riz parfumé », arrivé la veille. Il dispose de plusieurs sacs de riz local qu’il peine à vendre. Le commerçant estime qu’il n’a aucun pouvoir sur ses clients dans leur choix. « Je ne peux pas les forcer à acheter. Peut être que c’est à l’Etat de voir comment inonder le marché du riz local. Si les gens ne trouvent du riz parfumé, ils seront obligé d’acheter ce qui est produit localement », pense Fallou
La dépendance en riz thaïlandaise, indienne, pakistanaise…
La suspension des importations du riz brisé avait perturbé le marché indien, constatant la baisse de la demande sénégalaise. Selon la dernière mise à jour de Platts, qui fait partie de S&P Global Commodity Insights, les stocks de riz du Sénégal sont passés de trois à six mois de couverture, ce qui a mis les agriculteurs locaux en difficulté pour vendre leurs récoltes. « Les exportations indiennes vers le Sénégal ont atteint 230 194,76 tonnes au cours des cinq premiers mois de l’exercice 2025, soit une hausse de 25 % sur un an », note Platts. Ces dernières années, les importations de riz en provenance des pays asiatiques ont atteint 1,5 millions de tonnes.
Selon la Note d’analyse du commerce extérieur édition 2024 de l’Ansd, le riz occupe une place prépondérante dans la consommation des ménages au Sénégal. Les importations de riz ont été évaluées à 315 milliards de FCFA en 2024 contre 302 milliards de FCFA en 2023, soit une hausse de 4,3%. Parallèlement, les achats extérieurs, en volume, ont augmenté de 6,5% en 2024 pour s’établir à 1 387,3 milliers de tonnes contre 1 302,3 milliers de tonnes en 2023. La part des importations de riz en valeur est ressortie à 4,4% des importations totales en 2024. Au courant de l’année 2024, les achats extérieurs de riz sont essentiellement effectués depuis la Thaïlande (96,3 milliards de FCFA), l’Inde (88,2 milliards de FCFA) et le Pakistan (55,5 milliards de FCFA).
Encourager la consommation du riz local tout en soutenant les producteurs nationaux
Au mois de novembre, le Ministère de l'Industrie et du Commerce avait annoncé la signature d'un protocole d'accord relatif à la commercialisation du riz sénégalais, conclu avec les acteurs de la filière rizicole et les organisations de commerçants.
D’après le communiqué, cet accord vise à encourager la consommation du riz local tout en renforçant le soutien aux producteurs nationaux. Par ailleurs, un mécanisme d'indexation des importations sur les achats de riz sénégalais a été instauré, dans le but d'encourager l'approvisionnement du marché en riz issu de la production locale. Le ministère compte sur une « vaste campagne de communication et de promotion, pour valoriser la production locale et sensibiliser les consommateurs aux atouts du riz sénégalais afin d'accroître sa consommation ». « Ce n'est pas normal qu'on ait du riz sur place et que le Sénégal aille importer du riz. Donc il faut absolument acheter tout le stock avant de pouvoir importer à partir de l'Inde ou des autres pays », prévient le ministre de l’industrie et du commerce.
Dans le marché de Grand Yoff, le riz brisé et importé de l’Asie domine les devantures des boutiques et tables. On y voit diverses qualités avec des marques à connotation asiatique ou locale. « Vends-moi du riz parfumé » : c’est la sempiternelle phrase des femmes trouvées devant un magasin d’épices. Après quelques minutes d’observations, aucune d’entre elles n’a acheté le seul sac de riz local que dispose ce commerçant. Ce long grain n’attire pas les femmes. Interpellé sur les raisons ; WOury Sow, le commerçant répond qu’un sac de riz de la vallée ou produit localement, lui prend plusieurs semaines avant d’être écoulé. « Ceux qui achètent le riz local sont, pour la plupart, des étrangers. Ils achètent également beaucoup le riz étuvé, connu sous la marque « barabara ». Mais les femmes sénégalaises te diront toujours que ce riz manque de saveur ou n’est pas trop délicieux avec le Ceebu jen », confie Woury Sow, dans un sourire moqueur.
Ce n’est pas le cas pour « mère Daba », une restauratrice qui draine des clients à l’heure du repas, dans le marché de Grand Yoff. Cette sexagénaire cuisinait rarement le « Ceebu Walo » (riz de la vallée) à cause du prix qu’elle estime élever. Elle cuisine le riz local trois fois par semaine. « Mes clients apprécient bien le riz local et surtout les hommes. Il l’en raffole, surtout quand c’est accompagné de sauces d’arachides et de gombo. C’est très délicieux. Cependant je le cuisine rarement avec du « Cebu » car la cuisson prend assez de temps », a confié « mère Daba ». Au marché Castors, c’est la même situation : le riz importé dicte sa loi dans nos assiettes. D’ailleurs, plusieurs magasins visités ne vendent pas du riz local. Devant le magasin de Fallou, un grossiste, des jeunes s’affairent à débarquer le camion de « riz parfumé », arrivé la veille. Il dispose de plusieurs sacs de riz local qu’il peine à vendre. Le commerçant estime qu’il n’a aucun pouvoir sur ses clients dans leur choix. « Je ne peux pas les forcer à acheter. Peut être que c’est à l’Etat de voir comment inonder le marché du riz local. Si les gens ne trouvent du riz parfumé, ils seront obligé d’acheter ce qui est produit localement », pense Fallou
La dépendance en riz thaïlandaise, indienne, pakistanaise…
La suspension des importations du riz brisé avait perturbé le marché indien, constatant la baisse de la demande sénégalaise. Selon la dernière mise à jour de Platts, qui fait partie de S&P Global Commodity Insights, les stocks de riz du Sénégal sont passés de trois à six mois de couverture, ce qui a mis les agriculteurs locaux en difficulté pour vendre leurs récoltes. « Les exportations indiennes vers le Sénégal ont atteint 230 194,76 tonnes au cours des cinq premiers mois de l’exercice 2025, soit une hausse de 25 % sur un an », note Platts. Ces dernières années, les importations de riz en provenance des pays asiatiques ont atteint 1,5 millions de tonnes.
Selon la Note d’analyse du commerce extérieur édition 2024 de l’Ansd, le riz occupe une place prépondérante dans la consommation des ménages au Sénégal. Les importations de riz ont été évaluées à 315 milliards de FCFA en 2024 contre 302 milliards de FCFA en 2023, soit une hausse de 4,3%. Parallèlement, les achats extérieurs, en volume, ont augmenté de 6,5% en 2024 pour s’établir à 1 387,3 milliers de tonnes contre 1 302,3 milliers de tonnes en 2023. La part des importations de riz en valeur est ressortie à 4,4% des importations totales en 2024. Au courant de l’année 2024, les achats extérieurs de riz sont essentiellement effectués depuis la Thaïlande (96,3 milliards de FCFA), l’Inde (88,2 milliards de FCFA) et le Pakistan (55,5 milliards de FCFA).
Encourager la consommation du riz local tout en soutenant les producteurs nationaux
Au mois de novembre, le Ministère de l'Industrie et du Commerce avait annoncé la signature d'un protocole d'accord relatif à la commercialisation du riz sénégalais, conclu avec les acteurs de la filière rizicole et les organisations de commerçants.
D’après le communiqué, cet accord vise à encourager la consommation du riz local tout en renforçant le soutien aux producteurs nationaux. Par ailleurs, un mécanisme d'indexation des importations sur les achats de riz sénégalais a été instauré, dans le but d'encourager l'approvisionnement du marché en riz issu de la production locale. Le ministère compte sur une « vaste campagne de communication et de promotion, pour valoriser la production locale et sensibiliser les consommateurs aux atouts du riz sénégalais afin d'accroître sa consommation ». « Ce n'est pas normal qu'on ait du riz sur place et que le Sénégal aille importer du riz. Donc il faut absolument acheter tout le stock avant de pouvoir importer à partir de l'Inde ou des autres pays », prévient le ministre de l’industrie et du commerce.