Sahel: le nombre de déplacés au Burkina Faso, au Mali et au Niger a presque doublé depuis 2020, selon le HCR

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) alerte sur la crise des déplacements au Sahel : le Mali, le Burkina Faso et le Niger comptent désormais près de 4 millions de déplacés et de réfugiés, presque deux fois plus qu'en 2020, année du premier coup d'État militaire à Bamako.



Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, « les incidents sécuritaires ont presque doublé depuis 2020, affaiblissant la présence de l'État [...] et augmentant les risques tant pour les personnes déplacées que pour les communautés d'accueil », a déclaré Abdouraouf Gnon-Konde, directeur du HCR pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale, vendredi 9 octobre.
                                
Les militaires qui ont pris le pouvoir au Mali en 2020, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023, et qui ont créé ensemble l'Alliance des États du Sahel (AES) pour lutter contre les groupes jihadistes ou indépendantistes actifs sur leur territoire, disent pourtant faire de la sécurité des populations leur priorité. Ils vantent aussi régulièrement la « montée en puissance » de leurs armées et les victoires accumulées, selon eux, face aux « terroristes » - justifiant ainsi au passage leur maintien au pouvoir sans élections. Mais les violences des groupes armés « terroristes » et celles des armées nationales et de leurs supplétifs ont continué d'augmenter, obligeant de plus en plus les populations civiles à fuir.
 
Bénin, Ghana, Côte d'Ivoire : plusieurs centaines de milliers de personnes se sont aussi réfugiées dans les pays côtiers

Le HCR constate ainsi que le nombre de personnes fuyant les violences dans ces trois pays a presque été multiplié par deux depuis 2020, atteignant désormais près de 4 millions de personnes. Parmi elles, plus de 818 000 sont des réfugiés et demandeurs d'asile. Les autres sont des déplacés internes.
 
L'agence onusienne cite notamment le cas de Koro, dans la région de Bandiagara, au Mali, qui accueillait au mois de juillet dernier 86 000 réfugiés venus du Burkina Faso par vagues successives, « exerçant une pression croissante sur des terres et des ressources en eau déjà limitées, des services de santé saturés et des moyens de subsistance limités ».

Le HCR rapporte que plusieurs centaines de milliers de personnes ont également trouvé refuge dans les pays côtiers, au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Togo notamment. Un constat d'autant plus alarmant que les financements de l'aide internationale manquent : en septembre, le HCR ne disposait en effet que de 27% des près de 3 millions d'euros nécessaires pour mener ses activités au Sahel.

RFI

Dimanche 11 Octobre 2026 12:36


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